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On l’oublie parfois, mais Kavinsky s’était aussi offert un passage inoubliable au cinéma

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C’était il y a maintenant 20 ans dans « Steak », une comédie loufoque avec Éric et Ramzy signée Quentin Dupieux, l’un de ses meilleurs amis.

Kavinksy, ici entouré du reste des Chivers, sa bande de mecs cools dans « Steak » de Quentin Dupieux.

StudioCanal

Kavinksy, ici entouré du reste des Chivers, sa bande de mecs cools dans « Steak » de Quentin Dupieux.

Blaise ? « C’est à chier », comme prénom. Ça, ce n’est pas nous qui le disons, mais Kavinsky. Ou plutôt l’inoubliable chef de gang que le DJ français - dont on a appris la disparition soudaine à l’âge de 50 ans, ce mercredi 29 juillet - a incarné le temps d’un film des plus loufoques signé de son ami d’enfance, Quentin Dupieux.

Dans Steak, premier long-métrage du plus productif des cinéastes sorti sur nos écrans en 2006, l’auteur de Nightcall campe un certain Dan, leader des Chivers, cette bande de jeunes garçons dans le vent aussi stéréotypés qu’arrogants. Sensiblement plus intelligent que ses sous-fifres, lui a l’autorité naturelle d’un vrai gourou.

Comment s’habiller ? C’est Dan qui décide : un blouson Teddy rouge sur le dos, un jean bleu et des bottines en cuir aux pieds. Quoi boire ? Du lait. Sorte de Raël des temps modernes, c’est lui qui façonne les règles chez les jeunes. On se déplace en pick-up. On fait des « liftings » du visage. Et s’il le faut, on opte pour un nouvel alias, choisi par ses soins.

N’en déplaise au fameux Blaise (Éric Judor). « Moi, je vais t’appeler Chuck », lui lance Dan, sans lui laisser le choix. Le garçon un peu malchanceux accepte, lui, sans broncher. Mais attention, il n’est peut-être pas aussi docile, ni bête qu’il en a l’air. Entre devenir le chouchou du boss ou rester loyal à son pote Georges (Ramzy Bedia), il a son idée.

Découvrez ci-dessous un passage de Steak :

Dans la presse, Steak a reçu un accueil des plus mitigés à sa sortie. Libé et Les Cahiers du cinéma ont adoré. Au Parisien et Première, c’était plus divisé. Jolie performance en salles (290 674 spectateurs) malgré son petit budget, son sujet et son réalisateur (encore inconnu du grand public), il a tout de même offert quelques pépites.

Kavinsky au cinéma

Parmi ses meilleures répliques, l’une d’entre elles nous est servie par Kavinsky. « Le dernier arrivé est fan de Phil Collins », lance-t-il à ses troupes, des plus sérieux. Un trait d’absurde, dont son réalisateur Quentin Dupieux a le secret. Proche du DJ depuis l’enfance, c’est lui qui lui a offert son premier ordinateur, porte d’entrée dans la musique électronique.

C’est lui, aussi, qui l’a introduit au milieu du cinéma. C’était dans un moyen-métrage en 2001, Nonfilm. Après ça, on l’a vu dans la peau d’un agent de la SNCF dans Aaltra, en 2003. Il était plus tard dans le premier long-métrage de Bouli Lanners (Ultranova). Plus récemment encore, il a incarné un disquaire chez So Me dans Banger, en 2025.

Le compositeur, dont le tube Nightcall présent sur la bande originale de Drive de Nicolas Winding Refn l’a fait exploser à l’international, a été retrouvé mort à son domicile, à quelques jours de son 51e anniversaire. Les causes de la disparition de ce pianiste autodidacte - Vincent Belorgey de son vrai nom - n’ont pas été révélées. Une enquête est en cours.

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