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Le tribunal ayant prononcé sa liquidation judiciaire, la résidence multigénérationnelle Hermine by Heurus à Vitré (Ille-et-Vilaine) doit fermer ses portes.
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Par Cyrill Roy Publié le 18 mars 2026 à 17h05
Le couperet est tombé ce mercredi 18 mars 2026 : la résidence services Hermine, du château de la Baratière à Vitré (Ille-et-Vilaine) va fermer ses portes. Le tribunal de commerce de Nantes a prononcé la liquidation de la société Hermine by Heurus.
La décision est tout sauf une surprise, Catherine Labardant, dirigeante d’Heurus, préparait les esprits depuis une dizaine de jours à travers des courriers et des réunions avec les résidents.
Mais la situation est vécue avec une grande « violence » par les 19 seniors et 65 autres résidents qui occupent 84 des 106 logements ouverts en janvier 2024.
Huit personnels licenciés
Le courrier entérinant la décision du tribunal de commerce n’a pas encore été reçu, mais la dirigeante a eu « l’autorisation » de l’administrateur judiciaire pour annoncer la liquidation aux résidents et aux personnels.
Les huit personnels salariés d’Heurus voient leurs contrats s’arrêter dès ce soir et font l’objet d’un licenciement économique.
« Dès ce [mercredi] soir, il n’y a plus de service à la personne, plus de repas. C’est honteux », témoigne une employée qui, depuis une semaine, travaille jour et nuit pour aider au mieux les résidents.

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« Ça fait dix jours qu’on vit dans l’angoisse »
Ce mercredi après-midi, Catherine Labardant répondait aux questions des résidents dans le grand salon de la résidence Hermine. Du moins tentait d’y répondre, car un grand flou domine.
Heurus cesse d’exploiter les lieux et, en théorie, les locataires doivent remettre leurs clés au propriétaire, le fonds d’investissement Euryale. Mais le mandataire judiciaire n’a toujours pas reçu de réponse de ce dernier quant à l’avenir des résidents.
« On est des squatteurs à partir de ce soir ! », lance Marie-Martine. Arrivée dès l’ouverture de la résidence, début 2024, cette locataire ne cache pas sa colère.
« On n’a plus de prestation, on est livrés à nous-même. On risque de nous couper l’électricité. Ça fait dix jours qu’on vit dans l’angoisse. » La résidente a déjà trouvé un nouveau logement qu’elle intégrera le 1er avril. Mais en attendant, elle espère ne pas être mise à la porte.
Pierrette, une Vitréenne de 87 ans, semble aussi très inquiète. « Je ne sais pas quoi faire. J’ai vendu ma maison pour venir ici. »
Les locataires et leurs familles dénoncent « un flou artistique ». « On ira manifester dehors », assurent certains qui n’apprécient pas « la façon de faire d’Heurus ».

« Ils jouent avec nous »
Depuis quelques jours, un ballet de voiture embarquait déjà le matériel et du mobilier, nous affirme une employée.
La dirigeante avait elle-même incité tout le monde à « faire intervenir le portage de repas par ses propres moyens » et à « anticiper en commençant à chercher un autre logement ».
Catherine Labardant dit avoir mis des locataires en relation avec Domitys (un autre groupe qui gère des résidences seniors et est présent à Vitré).
Parmi les 19 seniors locataires, une dizaine a trouvé ou quasiment trouvé une solution.
Mais la question du relogement se pose aussi pour les 64 non-seniors hébergés. Une jeune résidente, qui prépare ses cartons depuis la réception du 1er courrier décrivant la situation lundi 9 mars, s’interroge sur la suite.
« Je suis jeune, ça n’est pas facile de trouver un logement ». Un autre résident s’énerve : « C’est du jamais vu. Ils jouent avec nous. »
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