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On croyait le canon électromagnétique naval enterré après l’abandon américain : la Chine vient de le monter sur un destroyer opérationnel

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En juillet 2021, l’US Navy a officiellement coupé les crédits de son programme de canon électromagnétique naval. Le programme avait été officiellement suspendu après seize années de recherches intensives et des investissements colossaux. Ce programme, lancé en 2005, était censé propulser des projectiles à Mach 7 sur une portée de 100 milles nautiques sans poudre ni explosif, mais après plus de 15 ans de développement, il n’a jamais été intégré à un navire. La Grande-Bretagne, la Russie ont suivi le même chemin. Tous ont rebroussé chemin face aux mêmes obstacles techniques : la chaleur extrême et les contraintes physiques causant une érosion rapide des rails de lancement, deux problèmes jugés insurmontables pour une utilisation navale prolongée. Verdict collectif de l’Occident : le railgun naval est une impasse. La Chine, elle, n’a pas eu le même mémo.

À retenir

  • La Chine a réussi à intégrer un railgun sur un destroyer de combat, là où l’Occident a échoué après 15 ans de recherche
  • Un nouveau design en X pourrait lancer des obus de 60 kg à Mach 7 sur 400 kilomètres, pour moins de 25 000 dollars l’unité
  • Cette avancée chinoise a contraint Washington et Tokyo à relancer leurs propres programmes, mais avec un retard stratégique considérable

Sommaire

  1. Le tournant de 2025 : une tourelle qui ne ressemble à rien de connu
  2. Le problème de l’énergie que les Américains n’ont jamais résolu
  3. Le canon en X : une nouvelle génération déjà dans les cartons
  4. Washington se réveille, mais avec du retard

Le tournant de 2025 : une tourelle qui ne ressemble à rien de connu

Des images analysées par le Centre for Strategic and International Studies (CSIS) en 2025 relancent une question que beaucoup pensaient réglée : la Chine serait-elle en train de mettre au point, à bord d’un navire de guerre opérationnel, ce que les États-Unis, la Russie et la Grande-Bretagne ont tous abandonné ? Les images satellite analysées par le CSIS en 2025 changent radicalement le débat : un navire de la marine chinoise, dont le profil évoque un destroyer de grand tonnage de type militaire, y apparaît équipé d’une tourelle dont le volume dépasse largement celui des canons conventionnels en service dans la PLAN.

Ce n’est pas la première fois que la Chine surprend dans ce domaine. En janvier 2018, des photos étaient apparues sur les réseaux sociaux du Haiyang Shan, un navire de débarquement de classe Type 072III, équipé d’un railgun électromagnétique expérimental monté dans une tourelle massive à la proue. Mais un navire de transport de troupes utilisé comme banc d’essai, c’est une chose. Ce qui ressort des analyses de 2025, c’est qu’il ne s’agirait plus d’un navire de transport de troupes utilisé comme banc de test, mais d’un bâtiment de combat appartenant à une classe autrement plus redoutable.

La différence est stratégique. Un destroyer opérationnel en mer n’est pas un prototype cloué à quai pour impressionner les délégations étrangères lors d’un salon d’armement. C’est un système d’armes déployable, entraîné, capable d’agir dans un contexte de conflit réel. La grande majorité des destroyers actuellement en service dans la marine chinoise sont des navires de classe Type 052D, qui constituent de loin la composante la plus significative de la flotte de combat de surface de la marine de l’APL. Les destroyers chinois sont produits à un rythme d’environ sept par an. Le théâtre dans lequel ce railgun pourrait entrer en jeu n’est pas hypothétique.

Le problème de l’énergie que les Américains n’ont jamais résolu

Le problème fondamental est électrique. Le principe du railgun est relativement simple, mais depuis sa première conception, le défi central est d’obtenir suffisamment d’énergie pour lancer un projectile de façon contrôlée et fiable. Un railgun peut nécessiter des millions d’ampères pour créer le champ magnétique requis. Pour un navire de guerre, cela implique une révolution complète des systèmes de propulsion et de stockage d’énergie. C’est précisément ce verrou que l’US Navy n’a jamais su forcer : cette ambition a buté sur l’énergie nécessaire par tir, entre 25 et 32 mégajoules. La génération, le stockage tampon et le refroidissement devenaient des fonctions centrales de l’architecture navale, au point d’influencer la conception même des futurs navires.

La Chine a choisi une stratégie différente, plus pragmatique. La Chine semble avoir de meilleures bases en génie électrique et a opté pour des approches plus pragmatiques et moins coûteuses. En Chine, au Japon et en Europe, des programmes ont continué avec des choix différents, des calibres plus modestes et surtout un autre but : l’artillerie à 200 km a été mise de côté, le railgun visant désormais la lutte antimissile, avec des calibres de 25 à 60 mm imposant bien moins de contraintes. Résultat : là où Washington voulait tout de suite l’arme ultime à 200 kilomètres de portée, Pékin a avancé pas à pas, en acceptant les compromis intermédiaires.

Le premier prototype naval chinois en avait payé le prix. La puissance est devenue sa malédiction : quand le courant est trop fort, le métal se liquéfie. Les obus sont limités à 15 kg. C’est trop léger pour couler un navire. Trop faible pour la guerre. Mais la Chine a continué à résoudre ces problèmes, quand les autres rangeaient leurs dossiers dans un tiroir.

Le canon en X : une nouvelle génération déjà dans les cartons

En juillet 2025, des chercheurs de l’Université d’ingénierie de l’armée de l’APL ont rendu public un concept qui marque un saut qualitatif. Des chercheurs chinois expérimentent un nouveau design de railgun pour surmonter les limitations de puissance des conceptions existantes. Leur solution : superposer deux railguns en forme de X dans un seul canon. Le design vise à accélérer un obus de 60 kg à Mach 7, capable de frapper des cibles à 400 kilomètres en six minutes. Mais il reste non testé en conditions de tir réel et doit encore faire face aux complications de l’effet de proximité dans les conducteurs.

Pour mesurer l’écart avec l’ancienne version : cette configuration permettrait de lancer un obus de 60 kg à des vitesses d’au moins Mach 7, soit quatre fois plus que les exigences actuelles de la marine chinoise. Un obus de 60 kg à Mach 7, c’est l’équivalent cinétique d’une petite voiture lancée à pleine vitesse sur une cible navale, sans un gramme d’explosif à bord. Ce système supprime la combustion chimique et les soucis liés au stockage des explosifs, tout en étant plus difficile à intercepter et moins onéreux à produire, comparé à d’autres systèmes d’artillerie.

Washington se réveille, mais avec du retard

L’ironie de l’histoire : c’est la progression chinoise qui a convaincu les Américains de rouvrir leurs dossiers. Après le gel et la mise en stockage, un revirement est intervenu avec des tirs relancés en février 2025 au White Sands Missile Range. La décision tranchait avec l’arrêt officiel de juillet 2021, sans annoncer pour autant une intégration navale proche. Cette résurrection coïncide avec l’annonce par l’administration américaine de la construction d’une nouvelle flotte de cuirassés de 30 000 tonnes, qui doivent intégrer des missiles hypersoniques, des lasers, mais aussi un canon électromagnétique.

Le Japon, lui, n’a pas attendu. En septembre 2025, le Japon a conduit le premier tir opérationnel de railgun depuis un navire de guerre, atteignant une cible à une vitesse proche de Mach 7, dans l’objectif de contrer les menaces hypersoniques et de réduire la dépendance aux intercepteurs coûteux. Le Japon avance vite, mais son objectif reste défensif : protéger son territoire contre les missiles hypersoniques chinois, pas projeter de la puissance de feu offensive à 400 kilomètres.

La cadence de tir actuelle des nouveaux designs atteint un coup toutes les 10 secondes, et chaque projectile est estimé à moins de 25 000 dollars, soit 20 à 50 fois moins qu’un missile antimissile classique. C’est précisément cet argument économique qui donne au railgun sa seconde vie. Dans un environnement où les stocks de missiles s’épuisent rapidement lors de conflits de haute intensité, comme l’a démontré l’Ukraine depuis 2022, un magasin « quasi illimité » d’obus électromagnétiques à 25 000 dollars l’unité change le calcul stratégique. Comme l’ont noté les chercheurs chinois eux-mêmes dans le Journal of Army Engineering University of PLA : la puissance de tir du railgun naval existant « reste encore très loin des objectifs fixés », preuve que Pékin reconnaît les limites actuelles, mais continue d’avancer sur plusieurs fronts en parallèle, avec une vitesse industrielle que ses concurrents observent, pour l’instant, depuis le quai.

Sources : forum-militaire.fr | forum-militaire.fr

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