Il n’y a eu que le bénévole de faction à l’entrée du parking pour s’étonner de la venue d’un journaliste du Temps à Fribourg, un froid soir de janvier, pour une simple ronde de la saison régulière de National League de hockey sur glace entre le deuxième, Gottéron, et le onzième, le HC Bienne. Pour tous les autres Fribourgeois rencontrés samedi à la BCF Arena, jeunes comme vieux, ultras comme lambda, francophones comme germanophones, un simple nom a suffi à justifier d’être là, d’engager la conversation dans la queue pour une bière ou les toilettes, de relever noms et prénoms, de poser des questions et d’obtenir des réponses parfois personnelles et toujours différentes: Julien Sprunger.
A Fribourg, le capitaine de l’équipe est un peu tout à la fois: l’enfant (du pays) et l’ancien (il a fêté ses 40 ans le 4 janvier), celui qui a toujours été là (depuis 2002) et celui qui va partir, à la fin de la saison, sur un titre ou sur une ultime déception. A discuter avec les supporters, Julien Sprunger est à la fois l’omniprésent et l’invisible, autant incontournable sur la glace et dans le vestiaire que très discret en dehors. On noue son maillot et son fameux numéro 86 autour de la taille ou sur les épaules, mais on ne noue pas le dialogue avec lui.


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