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Obsèques de Nathalie Baye : sur les marches de Saint-Sulpice, Laura Smet à la rencontre des fans pour un dernier hommage

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EN IMAGES - L’enterrement religieux de la comédienne, disparue la semaine dernière à l’âge de 77 ans, se déroule dans le VIe arrondissement de la capitale, avant une inhumation « dans la stricte intimité ».

« Une comédienne avec qui nous avons aimé, rêvé, grandi », saluait Emmanuel Macron à l’annonce de sa disparition. Nathalie Baye est décédée le 17 avril à l’âge de 77 ans, de la maladie à corps de Lewy. Ses obsèques se tiennent vendredi matin en l’église Saint-Sulpice, dans le VIe arrondissement de Paris, avant une inhumation « dans la stricte intimité ». Jour funèbre pour le cinéma français, puisque les obsèques de la comédienne Nadia Farès, disparue à l’âge de 57 ans, se tiendront quelques heures plus tard à Montmartre.

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C’est l’autre monument de la place Saint-Sulpice, qui veille sur le ballet des citadins et célèbre son office du matin. Les percolateurs y remplacent les encensoirs. Le Café de la Mairie, établissement années 1970, constitue un anachronisme. Un décor de cinéma. La haute silhouette de Jacques Weber et quelques fans de Nathalie Baye, venus lui rendre un dernier hommage, s’y réchauffent avant les obsèques dans la grande église attenante. « Seuls les invités avec un carton pourront entrer », précise un gendarme à une admiratrice. Soit environ 1500 personnes.

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Admirateurs anonymes et curieux

Un nombre raisonnable si on le met en rapport avec sa filmographie. En une centaine de longs-métrages et cinquante ans de carrière, l’actrice a donné la réplique à tout le cinéma français. « Bien sûr, j’aimais son talent de comédienne, mais surtout son allure, sa prestance », égraine Martine, la soixantaine, venue sur la place du VIe arrondissement avant d’aller surveiller un examen d’élèves ingénieurs.

Quelques femmes détonnent dans la petite foule de fans et de chasseurs de vedettes qui patientent face à la robuste église classique. Foulard et maquillage, elles se sont apprêtées comme si l’événement les concernait au premier chef. « Cette femme discrète ne ressemblait pas aux autres stars », observe Martine qui admirait son « élégante simplicité » et continue de s’étonner de sa relation avec Johnny et Jean-Louis Borloo. À ses côtés, une admiratrice en gilet zippé préfère garder le silence, et ses sentiments pour elle. Un autre cherche un micro de télévision à qui se confier.

Richard Berry, Michel Drucker, Jack Lang se glissent dans l’église. Renaud Donnedieu de Vabres et Benjamin Biolay les suivent de peu. Que des vedettes, à l’intérieur ? Rien qui ne plaît à Geneviève, qui estime qu’une église doit accueillir « tout le monde, même les brigands ». Cette sexagénaire n’en est pas un. Elle était graphologue, métier tout droit sorti d’un film des années 1970, avec imper et filature. Elle explique moins sa présence ce matin par l’envie de rendre hommage à Nathalie Baye - expression certes vague - que par le désir de poursuivre une sorte de relation. Entamée dans les salles de cinéma. « Quand je vais voir un film, je m’y plonge complètement, je traverse l’écran. Ensuite, je m’intéresse à la vie de ceux qui m’ont fait rêver », explique Geneviève. Une façon de faire durer le charme.

Les téléphones des amateurs de people se lèvent d’un seul mouvement quand les invités pénètrent l’église. La hauteur des colonnes rapetisse ces vedettes en noir. Dans la foule, l’un croit reconnaître Francis Veber - c’était Jacques Weber -, l’autre espère Gérard Depardieu, le roi déchu du cinéma français qui jouait avec Nathalie Baye dans Le Retour de Martin Guerre. Et à qui l’actrice n’a jamais retiré son affection.

Un cercueil blanc et des applaudissements

Difficile de ne pas penser à La Chambre verte, le film funèbre et énigmatique de François Truffaut sorti en 1978. L’histoire d’un homme, incarné par le réalisateur, qui ne veut pas faire le deuil de son épouse et lui consacre une chapelle. Il finit par accepter qu’une jeune femme, jouée par Baye, pénètre sa folie. Un rayon de soleil dans cette pesanteur lugubre et sulpicienne.

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Catherine Deneuve, venue en voisine, grimpe à son tour les marches fleuries. Jean-Louis Borloo, l’un des hommes de la vie de Nathalie Baye, a fait le déplacement également. Tout comme Eddy Mitchell ou Brigitte Macron. La liste des invités conviés aux funérailles ressemble à un générique de film. Avec les réalisateurs François Ozon et Xavier Dolan - le Québécois lui a offert certains de ses derniers rôles marquants -, et les acteurs Roschdy Zem, Guillaume Canet ou Emmanuelle Devos.

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Silence, puis applaudissements quand le cercueil blanc où repose la défunte sort du corbillard. La famille s’étreint, loin des fans qui se demandent comment est leur peine, pour citer une chanson de Benjamin Biolay, présent dans l’église. Les admirateurs applaudissent, mais Laura Smet ne semble pas les entendre. L’actrice des corps impatients, fruit de la courte mais forte idylle de Nathalie Baye et Johnny Hallyday, laisse éclater son émotion au-dessus du cercueil de sa mère. À ses côtés, Raphaël Lancrey-Javal, son compagnon, la soutient. Laura Smet avait fini par réaliser l’un de ses rêves en donnant la réplique à sa mère en 2017, dans Les Gardiennes, de Xavier Beauvois. Une histoire de femmes à l’aube de la Première Guerre mondiale.

« J’aimais l’envie de Nathalie Baye d’explorer les registres », glisse David, la cinquantaine, qui ajoute : « Vous remarquerez qu’elle jouait souvent les femmes fortes, indépendantes. Elle était moderne. » À quel point ? Un adolescent s’enquiert des raisons de l’attroupement et ne paraît pas plus avancé en apprenant que l’on enterre Nathalie Baye. Les portes se ferment sur le souvenir de cette actrice qui ne ressemblait pas à une star et qui s’est construite à travers ses rôles. De son rire, la réalisatrice Marie Jaoul de Poncheville notait qu’il était communicatif « comme les cloches qui sonnent ». Émouvant compliment, un jour d’enterrement.

Fin de l’office, une jeune femme blonde quitte l’église, le cœur lourd visiblement. Nouveaux applaudissements alors que les invités surgissent lentement, précédés du cercueil blanc. Eux aussi battent des mains. Un « Merci Nathalie ! » résonne dans la foule des badauds sous le soleil. Michel Drucker salue Jack Lang, à moins que ce ne soit l’inverse. Valérie Lemercier n’a pas vraiment le cœur à rire. Xavier Dolan chausse ses lunettes noires, au milieu de cette foule d’acteurs et comédiens réunis pour fêter l’une des leurs. Laura Smet s’approche alors de la rangée de fans, serre des mains, partage l’émotion de son cœur de rockeuse. Avant une inhumation dans la stricte intimité.

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