NE LAISSER PAS LE 5G DETRUIRE VOTRE ADN Protéger toute votre famille avec les appareils Quantiques Orgo-Life® Publicité par Adpathway
Déployé pour la première fois en France pour lutter contre les incendies, l’avion militaire offre aussi quelques arguments en défense du gouvernement.

ABDUL SABOOR / AFP
L’A400M, déployé près de Lacanau le 25 juillet 2026.
EN BREF -Pour faire face aux incendies en Gironde, le gouvernement a accéléré le déploiement de l’avion militaire A400M.
-Certains spécialistes de la Sécurité civile déplorent surtout un « coup de communication » qui cache mal le manque d’équipements de la France face aux feux.
-Face à ces critiques, le gouvernement défend un appareil aux capacités incomparables.
Éteindre l’incendie, dans les forêts et sur le terrain politique. L’A400M, conçu à des fins militaires, a été utilisé pour la première fois au cours du week-end comme un moyen de lutte contre les incendies. L’avion a été déployé en Gironde où plus de 42 000 hectares sont partis en fumée en moins d’une semaine et il doit être renvoyé sur le terrain ce lundi 27 juillet, a annoncé le gouvernement.
Le recours à l’A400M avait été évoqué dès le début de l’été, comme un complément à la flotte française aérienne, alors que l’obtention de Canadair supplémentaires est très dépendante des contraintes de production canadiennes. Équipé d’un « kit » mis sur pied par Airbus, l’appareil peut larguer jusqu’à 20 000 litres d’eau ou de produit retardant, soit plus de trois fois la capacité d’un Canadair.
À la sortie du Conseil des ministres ce lundi après-midi, le ministre de l’Intérieur a listé ses avantages : une capacité de chargement importante, la possibilité de le faire voler à basse altitude « qui permet de faire des visées plus ciblées » et son rôle avant tout préventif. Car l’A400M n’a pas été utilisé pour du largage d’eau sur les zones en feu mais pour déverser du produit retardant sur des zones menacées, sans être la proie des flammes. « Son rôle précis, c’est de projeter du liquide retardant sur les zones qui en ont besoin. Et ça ne peut pas être des zones habitées et donc parcourues par le feu », a précisé Laurent Nunez.
L’efficacité de l’A400M questionnée
L’A400M est « tout sauf un pansement. Au bout d’un moment il faut savoir de quoi on parle. Comment refuser l’utilisation d’un avion capable de projet 20 000 litres de produit retardant ? », a poursuivi le ministre de l’Intérieur, avec un agacement perceptible. Laurent Nunez n’a nommé personne. Mais sa sortie intervient en réponse aux critiques émises par certains professionnels de la sécurité civile au cours du week-end.
Dimanche, deux pilotes ont étrillé dans la presse le manque de moyens matériels de lutte contre les incendies, et en particulier la flotte vieillissante et insuffisamment fournie selon eux de Canadair. Dans le contexte, le déploiement de l’A400M est une « magnifique opération de communication » a jugé dans un entretien au Monde Eric Durand, pilote de Canadair et secrétaire général adjoint du Syndicat national du personnel navigant de l’aéronautique civile. « Ce qu’il faut savoir, c’est que l’A400M fait à peine mieux qu’un Dash, parce que ce n’est pas la quantité d’eau ou de retardant qu’on amène d’un coup qui compte, c’est la quantité d’eau qu’on amène pendant plusieurs heures d’affilée. Or l’A400M a un délai de rotation très long », a-t-il fait valoir tout en reconnaissant que « vu la situation il ne faut rien s’interdire. »
Il n’est pas le seul à souligner les limites de l’avion militaire reconditionné. Début juillet, alors que le recours à l’A400M n’était encore qu’une possibilité, le général François Chauvancy évoquait les « quelques inconvénients » de cet engin, en insistant lui aussi sur sa difficulté de rechargement en eau ou en produit retardant. « Effectivement, cet avion-là est un appui intéressant. Mais on n’en a pas tant que ça, environ 25 A400M aujourd’hui. Et ils servent d’abord pour les opérations », faisait-il valoir.
Une « première mondiale » dont le gouvernement se félicite
Sur le terrain politique, aucun responsable de premier plan ne s’est risqué à douter de l’utilité de l’A400M. En revanche, plusieurs ont utilisé le déploiement de l’avion pour reprocher au gouvernement sa gestion des incendies. « Le gouvernement ne pourra pas éviter de répondre aux Français sur le retard pris dans l’utilisation de l’Airbus A400M et sur le manque de moyens accordés à la sécurité civile », a ainsi réclamé le président du RN Jordan Bardella, quand Jean-Luc Mélenchon déplorait le 24 juillet que l’entrée en service de l’A400M ne soit prévue que fin juillet, « plus de dix jours après mon alerte sur le sujet et plus d’un mois après l’Espagne. »
Le début des incendies a accentué la pression sur le gouvernement, après les alertes passées au début de l’été par les syndicats de pompiers sur leur manque de moyens. La mise en service de l’A400M a donc permis à l’exécutif de se montrer - dans la mesure du possible - à l’écoute de ces revendications. Le déploiement de l’avion une semaine avant la date prévue a également coupé l’herbe sous le pied des oppositions, promptes à dénoncer des gestions de crise trop lente. Sur X, Sébastien Lecornu a ainsi insisté sur une « première mondiale rendue possible en seulement quinze jours grâce à la mobilisation exemplaire de la Sécurité civile, des armées et d’Airbus. »
Reste que si l’A400M offre au gouvernement une victoire à court terme, le dossier de la gestion de crise française est loin d’être refermé. Les professionnels du secteur réclament toujours une augmentation des budgets et un projet de loi dédié - deux options plus qu’incertaines à ce jour. Attendu dans l’après-midi en Gironde, Emmanuel Macron viendra peut-être avec dans ses bagages les éléments d’une stratégie plus durable, pour les pompiers comme pour son gouvernement.


6 hour_ago
13


























.jpg)






French (CA)