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Par Marie Jo Sader
Publié aujourd’hui à 06h00Article réservé aux abonnés
ReportageEn Cisjordanie, l’étranglement financier de l’Autorité palestinienne par Israël, conjugué à la multiplication des barrages militaires, plonge la société dans une paupérisation sans précédent. A Naplouse, poumon économique du territoire occupé, tous les milieux sont confrontés au recul brutal du niveau de vie.
De la fenêtre de son salon dépouillé, meublé de quelques fauteuils marron usés, la famille Shanabli a sous les yeux son ancienne maison. Une élégante bâtisse au toit de brique pyramidal, dans le quartier ouest de Rafidia, à Naplouse… Une vue devenue un supplice. Diaa, le père, a dû la vendre à bas prix pour subvenir aux besoins de sa famille.
Nisrine et Yara Shanabli, 14 ans, mère et fille, chez elles, à Naplouse (Cisjordanie occupée), le 18 juin 2026. « Cette maison, c’était le fruit de douze années de travail et d’un prêt bancaire. Je l’ai vendue il y a un an et demi, avec tous nos meubles. Aujourd’hui, nous louons cet appartement », raconte cet homme de 44 ans aux traits tirés. « Ici, c’était déjà meublé du strict nécessaire. Mais nous ne pouvons rien acheter, pas même des rideaux pour couvrir les fenêtres. En hiver, nous n’avons pas de quoi nous chauffer », se lamente son épouse, Nisrine. Le couple a trois enfants : Hadeel, 18 ans, Amjad, 16 ans, et Yara, 14 ans.
Chef des soins infirmiers dans l’unité de soins intensifs à l’hôpital public Rafidia depuis vingt et un ans, Diaa Shanabli fait partie des milliers de fonctionnaires palestiniens dont les revenus se sont effondrés. Ruinée, l’Autorité palestinienne (AP) ne verse plus, au mieux, que la moitié des salaires, à intervalles irréguliers, aux enseignants, médecins, personnel de santé, forces de sécurité et autres employés publics. Celui de Diaa Shanabli est passé de 4 300 à 2 000 shekels (1 263 à 587 euros). Fin mai, il n’avait perçu que son salaire du mois de février.
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