Sorti il y a un mois, Le Journal d’un prisonnier (Fayard) de Nicolas Sarkozy cumule les superlatifs. A ce jour, 193 000 exemplaires vendus. Des séances de dédicaces record. Un accueil critique sardonique. Et des morceaux de France qui se font face, comme à la Fnac de Lyon le 8 janvier: quatre cents admirateurs trépignant d’impatience, et des manifestants fustigeant l’indécence, à leurs yeux, de cette exhibition.
Son récit peut être examiné intrinsèquement et relativement. Intrinsèquement, on peut retenir: la pauvreté et l’impudeur narratives, les tirades grotesques sur «Carla» et le «clan familial», l’admiration extatique que passants, clients d’un restaurant, spectateurs du Parc des Princes ou surveillants de prison destinent à son hubris. Mais aussi le génie – courage, leadership, dignité, honnêteté, amitié, miséricorde sacrificielle – qu’il s’attribue, son autoréférence répétée à l’innocence et à l’injustice dreyfusiennes. Et bien sûr les dithyrambes pour le Rassemblement national – Marine Le Pen en tête – et sa promesse de dynamiter le front républicain, les éloges pour la sphère Bolloré, ou ses louanges pour Javier Milei.


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