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Négociations entre l’Iran et les États-Unis : ce qui s’est dit lors de la première session de discussions en Suisse

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International 22/06/2026 09:30 Actualisé le 22/06/2026 09:41

Les médiateurs pakistanais et qataris ont fait état d’avancées sur le détroit d’Ormuz et sur la guerre au Liban. Le flou subsiste sur la question du nucléaire.

Par Maxime Dhuin avec AFP

Les Premiers ministres iranien Shehbaz Sharif (au centre) et qatari Sheikh Mohammed bin Abdulrahman bin Jassim al-Thani (à droite) aux côtés du vice-président américain JD Vance (à gauche) à l’hôtel de luxe du Bürgenstock dans les Alpes suisses, le 21 juin 2026.

NATHAN HOWARD / AFP

Les Premiers ministres iranien Shehbaz Sharif (au centre) et qatari Sheikh Mohammed bin Abdulrahman bin Jassim al-Thani (à droite) aux côtés du vice-président américain JD Vance (à gauche) à l’hôtel de luxe du Bürgenstock dans les Alpes suisses, le 21 juin 2026.

L’issue à la guerre au Moyen-Orient va-t-elle se dessiner depuis les Alpes suisses ? Iraniens et Américains se sont entendus sur des mécanismes visant à faire cesser les affrontements au Liban et sécuriser le détroit d’Ormuz, ont annoncé ce lundi 22 juin les médiateurs pakistanais et qataris, au terme de la première séance de négociations en Suisse pour mettre fin à la guerre au Moyen-Orient.

Réunies dans un hôtel de luxe du Bürgenstock, au centre de la Suisse, les délégations iranienne et américaine ont accompli « des progrès encourageants », ont écrit les gouvernements pakistanais et qatari dans un communiqué conjoint. Elles se sont « mises d’accord sur une feuille de route visant à parvenir à un accord définitif dans un délai de 60 jours, jetant ainsi les bases d’un démarrage immédiat de nouvelles discussions techniques » pour le restant de la semaine.

La délégation iranienne, menée par l’influence président du Parlement Mohammad Bagher Ghalibaf, a « quitté le bâtiment où se tenaient les pourparlers, après environ 18 heures de disccusions et de consultations intenses », a rapporté ce lundi l’agence officielle iranienne Irna, précisant que des « discussions techniques » vont se poursuivre toute la semaine en Suisse.

Le texte final d’accord est censé être entériné par une résolution contraignante du Conseil de sécurité de l’ONU. En attendant de voir si un chemin vers la paix est bel et bien trouvé, Le HuffPost fait le point sur ce qui s’est dit lors de la première session de négociations pour la paix.

• Une « ligne de communication » pour rétablir le « passage » à Ormuz

Téhéran et Washington ont su trouver des points de convergence sur le détroit d’Ormuz, alors que les autorités iraniennes avaient annoncé sa refermeture après les nouvelles attaques israéliennes au Liban contre le Hezbollah. Les deux parties sont convenues d’établir une « ligne de communication » destinée à prévenir les incidents et les malentendus, « avec l’objectif d’assurer un passage sûr pour les navires commerciaux dans le détroit d’Ormuz », ont annoncé le Pakistan et le Qatar dans leur communiqué.

Ces annonces ont fait reculer les prix du pétrole. Vers 5h25, le prix du baril de WTI nord-américain baissait de 0,20 % à 75,70 dollars. Celui du baril de Brent de la mer du Nord, référence du marché mondial, perdait 1,41 % à 79,43 dollars. Le trafic commercial doit être pleinement rétabli dans un délai de 30 jours suivant le déminage du détroit, d’après le protocole d’accord.

Téhéran entend cependant imposer des « droits de redevance » pour les services fournis sur ce passage qui « ne reviendra pas à la situation d’avant-guerre », avait prévenu le négociateur iranien en chef, Mohammad Bagher Ghalibaf.

• Des « progrès majeurs » sur la guerre au Liban

Selon le communiqué du Pakistan et du Qatar, Téhéran et Washington vont mettre en place une « cellule de gestion des conflits » pour mettre fin aux combats entre Israël et le mouvement pro-iranien Hezbollah au Liban, qui ont fragilisé les négociations. Les affrontements meurtriers se sont en effet poursuivis vendredi et samedi dans le pays du cèdre, en dépit d’une clause du protocole d’accord prévoyant la fin des hostilités sur tous les fronts.

La cellule de prévention annoncée par le communiqué sera « le premier test réel », a commenté sur X Abbas Araghchi, le ministre iranien des Affaires étrangères qui fait partie de la délégation de son pays en Suisse. Dans son message sur le réseau social, il assure que « la médiation pakistanaise et qatarie a permis des progrès majeurs afin de mettre un terme à la guerre au Liban ».

Possible signe de détente, Israël a annoncé la levée, à partir de ce lundi matin, de toutes les restrictions de rassemblement liées à la guerre dans le nord du pays, près de la frontière avec le Liban. Mais l’armée israélienne restera dans le sud du Liban « aussi longtemps que nécessaire », a assuré le Premier ministre Benjamin Netanyahu. De son côté, le chef du Hezbollah, Naïm Qassem, a refusé toute zone de sécurité israélienne dans le sud de son pays.

• Plus de « blocus » sur les « exportations de pétrole », selon Téhéran

« Les exportations de pétrole et de produits pétrochimiques ne sont plus restreintes, le blocus est levé, certains avoirs gelés sont débloqués, et un plan de reconstruction et de développement majeur de l’Iran a été lancé », s’est aussi félicité Abbas Araghchi dans son message sur X, énumérant des points du protocole d’accord signé le 17 juin par Washington et Téhéran.

Le plan évoqué par le ministre iranien des Affaires étrangères doit être d’« au moins 300 milliards de dollars », selon le protocole d’accord. Comme le note l’AFP, les déclarations côté iranien ou du côté des médiateurs pakistanais et qataris n’ont pas été commentées dans l’immédiat par les États-Unis, dont la délégation est emmenée par le vice-président JD Vance.

• Des échanges marqués par un coup d’éclat iranien

Les échanges ont été marqués par un coup d’éclat de la délégation iranienne, qui a quitté la table des pourparlers en Suisse au bout de seulement une heure et vingt minutes dimanche. Ses membres protestaient contre « la publication d’un message insultant du président des États-Unis », selon l’agence officielle iranienne Irna. Les négociations ont néanmoins continué par l’intermédiaire des médiateurs.

L’agacement des Iraniens était dû à un message du président américain Donald Trump sur sa plateforme Truth Social, dans lequel il enjoignait Téhéran d’empêcher ses alliés au Liban, en référence au mouvement chiite du Hezbollah, de « causer des problèmes », sans quoi les États-Unis reprendraient leurs frappes.

« Ils feraient mieux de peser leurs mots ; nos forces armées sont prêtes à leur répondre autrement », avait rétorqué sur X l’influent chef de l’équipe de négociation iranienne, Mohammad Bagher Ghalibaf. En vertu du protocole d’accord du 17 juin, les deux parties doivent « se garder de menacer d’avoir recours à la force l’une contre l’autre » lors des discussions.

• Flou sur la question (très) sensible du nucléaire

Les différends entre Washington et Téhéran portent aussi sur le programme nucléaire iranien, qui empoisonne les relations bilatérales depuis des décennies. Il sera l’un des points clés des discussions, puisque dans le texte déjà signé du protocole d’accord, l’Iran promet qu’il « ne se procurera ni ne développera d’armes nucléaires ».

Selon la télévision d’État iranienne, il n’a pas été question de ce sujet très sensible pendant la première session de discussion. Cette même source a affirmé que la délégation iranienne avait refusé de poser pour une photographie avec la délégation américaine, qui outre JD Vance, comprend l’émissaire Steve Witkoff et le gendre de Donald Trump, Jared Kushner.

« Nous avons mené des discussions approfondies sur tous les aspects de l’accord sur le nucléaire », a affirmé au contraire dans les premières heures de lundi un haut diplomate américain à Bürgenstock.

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