Dans les yeux de Sarel Fleishman brille la passion de la science. «Je suis responsable du laboratoire de conception computationnelle de protéines», explique-t-il depuis son bureau de l’Institut Weizmann, large campus scientifique situé au sud de Tel-Aviv. Un laboratoire au nom du chercheur israélien jouxte la pièce; il emploie une vingtaine de personnes. Avec un sourire espiègle, Sarel Fleishman tente de vulgariser son travail: «En pratique, on modélise et on conçoit des protéines qui n’existent pas dans la nature, notamment des anticorps, des vaccins, des enzymes… En ce moment par exemple, nous travaillons sur un vaccin antipaludique moins cher et plus résistant à la chaleur».
A 49 ans, Sarel Fleishman se considère comme un scientifique installé, et bénéficie depuis des années d’un réseau de collaboration avec des pairs de toutes nationalités. En juin 2024, il a pourtant fait face au boycott de son travail par une université étrangère. «Avec un grand nombre de laboratoires européens réunis en consortium, nous avions rédigé début 2024 une proposition de recherche sur la conception des enzymes, raconte-t-il. Lors d’une attaque de missiles iranienne – cela m’a marqué car le contexte était déjà violent pour nous –, l’Université technique de Delft qui travaillait avec nous a annoncé qu’elle ne mènerait plus aucune recherche avec aucune institution en Israël» en raison de sa politique à l’égard des Palestiniens.


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