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Si la pratique du panachage pouvait ressembler parfois à du tir au pigeon, l'impossibilité de rayer les noms pourrait changer les pratiques des électeurs des plus petites communes.
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Par Maxime T'sjoen Publié le 2 mars 2026 à 21h25
Une majorité des communes en France compte moins de 1 000 habitants. Et dans celles-ci, jusqu’à présent, les élections municipales avaient cette particularité (on oserait presque dire ce folklorisme) d’autoriser le panachage. C’est-à-dire la possibilité de rayer les noms de certains candidats sur une liste, et même d’écrire un autre nom à la place. Cela permettait de barrer une personne non appréciée (par exemple) mais de quand même voter pour la liste.
Mais la loi du 21 mai 2025 visant à harmoniser le mode de scrutin aux élections municipales met fin au scrutin majoritaire plurinominal. Et donc, au panachage. Et une question nous vient en tête : est-ce que les habitués du rayage ne vont pas créer de nombreux bulletins nuls ? Éléments de réponse.
Déjà une réforme similaire
Désormais, dans toutes les communes, c’est désormais un scrutin de liste proportionnel (avec une prime de 50 % pour la liste arrivée en tête) à deux tours. La parité est imposée.
Concrètement dans l’isoloir, vous votez pour une liste. Point. Pas de stylo, pas de nom barré, sinon le bulletin sera nul. Mais tout le monde n’est pas forcément au courant et des bulletins invalides pourraient être déposés dans les urnes. Pour comprendre, il faut regarder un peu en arrière.
Herrade Igersheim, chargée de recherche CNRS au Bureau d’économie théorique et appliquée, spécialiste des modes de scrutin et des comportements électoraux, rappelle à actu.fr qu’il « y a déjà eu une réforme similaire en 2013 » qui abaissait le seuil du panachage aux villes de moins de 1 000 habitants.
Ce que disent les chiffres
Et quand on regarde les chiffres du ministère de l’Intérieur, exprimés en votes blancs et nuls (difficile donc d’être précis), on se rend compte que ce nombre a nettement augmenté entre le premier tour de 2008, où 669 134 bulletins étaient blancs ou nuls, et celui de 2014, où 1 595 821 votes étaient blancs ou nuls.
Ainsi, dans les petites communes, il est possible que la fin du panachage ait des conséquences sur les bulletins nuls. Mais aussi sur la participation.
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C’est ce que craint Michel Bourgeois, maire d’Entre-Deux-Monts (moins de 200 habitants) dans le Jura, qui s’inquiétait auprès de notre rédactionVoix du Jura : « Lorsqu’ils n’auront pour choisir qu’une liste dont ils ne pourront rayer aucun nom, les citoyens risquent de penser que cela ne sert à rien d’aller voter. »
Le mode de vote « un peu plus simple »
De là à avoir une avalanche de nullité ? « Je n’en suis pas persuadée », estime Herrade Igersheim.
Ça va changer les habitudes. Mais le mode de vote est un peu plus simple.
Les résultats du 15 et 22 mars 2026 seront forcément politiques. Mais ce sera aussi l’occasion de voir si la réforme a fonctionné. Ou pas.
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