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Municipales 2026 en Seine-et-Marne : l'intelligence artificielle au service de campagnes nauséabondes

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Sur les réseaux sociaux, des candidats aux municipales 2026 en Seine-et-Marne dénoncent le recours à l'IA pour générer des caricatures infamantes postées par des comptes anonymes.

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Plusieurs candidats aux municipales en Seine-et-Marne ont vu leur image détournée par des publications réalisées par intelligence artificielle

Plusieurs candidats aux municipales ont vu leur image détournée par des publications réalisées par intelligence artificielle, comme celle-ci ©Capture d’écran/image générée par IA

Par Julien Van Caeyseele Publié le 3 mars 2026 à 17h00

L’intelligence artificielle (IA), pour le meilleur et pour le pire… À l’approche des élections municipales des 15 et 22 mars, c’est la seconde hypothèse qui semble emporter les suffrages. Plusieurs candidats aux élections municipales en Seine-et-Marne ont été la cible de caricatures grossières, réalisées à partir d’intelligences artificielles génératives, qui installent un climat délétère dans la campagne. C’est par exemple le cas à Brie-Comte-Robert, où le maire sortant a été visé à plusieurs reprises.

« C’est dégueulasse »

« C’est dégueulasse, mais j’essaye de faire en sorte que ça me passe au-dessus, même si on m’a même affublé d’une couronne sur l’une d’elle !, relativise Jean Laviolette. On m’accuse de tous les maux, comme de faire pousser une forêt de grues : l’urbanisme, c’est l’attaque classique, le sujet bateau. C’est facile d’attaquer quand on se cache derrière un compte anonyme, mais assumer ne doit pas être dans les habitudes de ceux qui font ça. »

Selon lui, c’est la première fois qu’un tel climat est constaté pendant une campagne municipale. « J’ai décidé de ne pas porter plainte, les publications sont tellement nombreuses que cela ne servirait à rien, estime-t-il. Je ne vais pas mettre une pièce et leur donner trop d’importance, mais au-delà de l’IA, le problème ce sont les réseaux sociaux et surtout les humains qui sont derrière. C’est facile de se cacher derrière un ordinateur »

À Saint-Fargeau-Ponthierry, les candidats Ersin Delikaya et Jérôme Guyard ont eux aussi été visés par des publications générées par intelligence artificielle. « On en a compté quatre ou cinq caricatures, se désole Ersin Delikaya, qui a lui aussi décidé de ne pas déposer plainte. Au-delà d’être dénigrantes, ces fausses images sont insultantes et mensongères. » Et d’ajouter : « La consigne que j’ai passée, c’est de ne pas répondre à ces trolls qui cherchent à attiser la haine. On veut se concentrer sur notre projet, notre programme : qu’il plaise ou non, c’est aux habitants de choisir. »

À Saint-Fargeau-Ponthierry, les électeurs devront choisir entre trois listes : celle du binôme Delikaya-Guyard, celle de la maire sortante, Séverine Félix-Boron et celle de Sonia Da Silva, ancienne adjointe ayant quitté la majorité. « J’aurai préféré que les habitants puissent choisir sereinement entre nos programmes », déplore celui qui estime que « ces caricatures parasitent le débat démocratique. »

Pour garantir la sérénité en période électorale, il estime que la seule solution serait que la justice puisse répondre en temps réel à ces nouvelles dérives numériques. « Ce sont des profils anonymes et le temps judiciaire n’est pas le temps électoral : une plainte n’aurait aucun effet avant le premier tour, regrette-t-il. C’est l’IA qui génère ces saloperies, mais c’est aussi aux modérateurs, sur les réseaux sociaux d’être plus actifs : être électeur et modérateur, ce n’est pas la même chose. »

Effets pervers

Alors les candidats ciblés font le dos rond. « J’attends juste que les élections arrivent et j’ai hâte que cette campagne s’achève », confie même Jean Laviolette. Et Ersin Delikaya de conclure : « L’IA est seulement un outil : on peut en faire des choses extraordinaires, mais il y a aussi des effets pervers… Ceux qui s’en servent à ces fins doivent prendre conscience d’une chose : cela dénature le débat et cela va juste écœurer encore un peu plus les habitants de la chose politique. » Et vu les taux de participations aux derniers scrutins en Seine-et-Marne, pas sûr qu’ils en aient besoin.

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