Qui succédera à Anne Hidalgo à la mairie de Paris ? Le socialiste Emmanuel Grégoire parviendra-t-il à garder la capitale à gauche ? Les Parisiens choisiront-ils l’alternance avec Rachida Dati ? L’élection est très incertaine.

Nathalie Mauret - Aujourd'hui à 07:00 - Temps de lecture :

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Rachida Dati sera-t-elle la prochaine maire de Paris ? L’ex-ministre de la Culture fait de la capitale le combat de sa vie. Elle ne recule devant rien, sauf devant le débat avec ses concurrents qu’elle refuse. Elle monte sur un camion poubelle pour dénoncer la saleté de Paris et partage la vidéo sur les réseaux sociaux. Accusée de brutalité par ses adversaires, elle apparaît au bord des larmes dans un podcast où elle évoque son enfance difficile. Pour conquérir l’électorat centriste, elle cite ses conversations avec Simone Veil.

Ainsi est Rachida Dati : une personnalité puissante, soutenue par Les Républicains (LR) et par le MoDem, mais qui cultive avant tout sa propre marque. « Je vais changer Paris », dit-elle à la première personne, citant rarement son équipe, personnalisant sa campagne. Son but : battre Emmanuel Grégoire, qui a dès le premier tour rassemblé la gauche derrière lui, hors La France insoumise (LFI).

Une ville « heureuse » ?

À sa droite, Sarah Knafo (Reconquête !) adopte la même stratégie de personnalisation avec une présence marquée sur les réseaux sociaux, reprenant les codes graphiques de la campagne gagnante de Zohran Mamdani à New York. À grand renfort de vidéos générées par l’intelligence artificielle, elle gomme les outrances de son parti, vantant une ville « heureuse ». Ça marche : la compagne d’Éric Zemmour se trompe sur le tarif du Pass Navigo sans se départir de son sourire et dépasse les 10 % dans tous les sondages. Signe de sa dynamique, elle animera un meeting lundi au Dôme à Paris, qui peut accueillir 4 500 places.

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Rachida Dati est embarrassée par Sarah Knafo, qui lui prend des voix dans l’Ouest parisien et par Pierre-Yves Bournazel, qui capte une partie de l’électorat macroniste même si elle est moins dure avec lui qu’au début de la campagne. Le candidat Horizons, soutenu par Renaissance, assure qu’il peut gagner Paris, et rappelle que sa rivale sera devant le tribunal en septembre (*). À 48 ans, cet homme affable jure qu’il ne rejoindra « ni Dati ni Grégoire », quitte à être contredit par Édouard Philippe lui-même. Après avoir dépassé les 15 % dans les sondages, il est désormais plus près de la barre des 10 % et pourrait ne pas peser autant qu’il le voudrait.

Emmanuel Grégoire et Rachida Dati (en haut) sont challengés par Sophia Chikirou, Pierre-Yves Bournazel et Sarah Knafo (en bas de gauche à droite), qui pourraient se maintenir au second tour. Photos Sipa

Emmanuel Grégoire et Rachida Dati (en haut) sont challengés par Sophia Chikirou, Pierre-Yves Bournazel et Sarah Knafo (en bas de gauche à droite), qui pourraient se maintenir au second tour. Photos Sipa

Paris, ville symbole

Les 10 derniers jours de campagne seront décisifs. Les Parisiens choisiront-ils la droite de Rachida Dati ou la gauche d’Emmanuel Grégoire ? Ce dernier, ancien premier adjoint d’Anne Hidalgo, pâtit encore d’un manque de notoriété qu’il tente de compenser par une forte présence sur le terrain. En tête dans les sondages, il ne dispose pas de réserve de voix contrairement à Rachida Dati. Son enjeu est donc que la candidate LFI Sophia Chikirou ne puisse pas se maintenir au second tour, elle qui dès son lancement de campagne a annoncé : « Il ne faut pas qu’un socialiste soit maire de Paris. »

Pour les départager, aucun grand thème n’émerge. Propreté, sécurité, logement, pouvoir d’achat : les préoccupations des Parisiens sont nombreuses. Mais la campagne se focalise sur les querelles de personnes et les invectives que se lancent les uns et les autres sur les réseaux sociaux où un clash chasse l’autre.

Le scrutin parisien reste emblématique. La capitale est en effet un cas d’école avec les deux gauches irréconciliables qui se déchirent, la droite classique challengée par l’extrême droite et un centre traversé par des courants contraires. Celui ou celle qui la conquerra donnera à un an de la présidentielle un avantage, au moins symbolique, à son camp.

(*) Rachida Dati sera jugée pour corruption et trafic d’influence passif.

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