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Alors que l’information judiciaire sur la mort de Quentin Deranque se poursuit, deux mis en examen accusent à leur tour des militants identitaires de violences et cherchent, par cette voie, à accéder à une partie du dossier.
Passer la publicité Passer la publicitéCinq mois après le lynchage mortel de Quentin Deranque, à Lyon, en marge d’une conférence de l’eurodéputée LFI Rima Hassan à Sciences Po, deux plaintes visant des militants identitaires ont été déposées par des individus mis en examen pour la mort du jeune homme, a-t-on appris mardi à la mi-journée, confirmant une information de France Inter. L’une de ces plaintes, portées à la connaissance du procureur de la République de Lyon, émane de Jacques-Élie Favrot, l’ancien collaborateur parlementaire du député LFI Raphaël Arnault et ancien cadre du groupuscule antifasciste de la Jeune Garde. Ce dernier attaque 15 activistes présents le 12 février dernier pour « violences avec préméditation, en réunion, avec armes et dissimulation du visage. »
Selon l’avocat de M. Favrot, Me Bertrand Sayn, le groupe auquel appartenait Quentin Deranque serait venu en découdre avec ses opposants d’ultragauche le jour des faits. « Ils étaient très clairement là à dessein, juge-t-il auprès de France Inter, alors qu’ils ont d’abord été présentés comme victimes. » Et d’ajouter : « Les personnes poursuivies ont été victimes d’une entreprise de désinformation massive. » Auprès du Figaro, Me Sayn justifie par ailleurs le dépôt de cette plainte dans le but « d’obtenir des informations qui ne sont pas accessibles dans l’enquête préliminaire. On a choisi cette voie procédurale car nous n’en avions pas d’autres. On espère ainsi obtenir ce dont nous avons besoin d’ici quelques mois. »
De fait, à ce jour deux procédures distinctes sont en cours. La première, pour laquelle une information judiciaire a été ouverte, concerne la mort de Quentin Deranque. Elle est dirigée par trois juges d’instruction. Pour ces faits, neuf personnes ont été mises en examen et écrouées pour « homicide volontaire » et « complicité de meurtre par instigation ». La seconde procédure est une enquête préliminaire qui porte sur les violences commises le 12 février par les militants identitaires. «Le parquet aurait très bien pu saisir les juges d’instruction de ces faits, ce qui nous aurait permis d’avoir accès de manière beaucoup plus simple à des informations fondamentales », regrette le conseil de Jacques-Élie Favrot. Ainsi, les deux plaintes déposées en juillet permettront à Me Sayn et son confrère de se constituer partie civile, puis d’accéder au dossier.
Une affaire politico-judiciaire sensible
Le meurtre de Quentin Deranque est devenu l’une des affaires politico-judiciaires les plus sensibles de ces derniers mois. Le 12 février, le jeune homme de 25 ans avait été violemment pris à partie à proximité de Sciences Po Lyon, où il accompagnait plusieurs militantes du collectif Némésis venues assister à une conférence de Rima Hassan. Une confrontation avait éclaté avec des militants de la mouvance antifasciste et notamment de la Jeune Garde. Quentin Deranque avait été roué de coups et avait succombé peu après à un important traumatisme crânien.
L’information judiciaire ouverte pour meurtre avait rapidement conduit à la mise en examen et au placement en détention provisoire de neuf personnes, âgées de 20 à 26 ans, toutes présentées comme proches de l’ultragauche. Les enquêteurs s’attachent depuis à reconstituer précisément le déroulement des violences, à déterminer le rôle exact de chacun et à établir si l’affrontement résultait d’une rencontre fortuite ou d’un guet-apens préparé. Les investigations s’articulent autour de l’exploitation des téléphones portables, des messages, des données de géolocalisation et des vidéos susceptibles d’éclairer les circonstances du drame.
Dans ce cadre, sept militants identitaires présents aux côtés de la victime avaient été entendus comme témoins fin mars, sans être placés en garde à vue, tandis que leurs téléphones et ceux de plusieurs militantes de Némésis avaient été saisis et plusieurs perquisitions menées. Ces investigations doivent permettre aux trois juges d’instruction de préciser les responsabilités individuelles et de déterminer si d’autres personnes ont participé aux violences ayant conduit à la mort de Quentin Deranque.


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