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Collectifs et personnalités appellent à manifester devant le ministère de la Justice et les tribunaux à 19 heures, dénonçant «l’injustice de trop». Le suspect, Jérôme B., faisait déjà l’objet d’une enquête pour viols sur mineurs depuis août 2025.
La mort de Lyhanna, 11 ans, retrouvée vendredi 6 juin dans le Gers, suscite une émotion nationale. La fillette a été violée et tuée par Jérôme B., principal suspect qui faisait pourtant l’objet d’une enquête depuis août 2025 pour viols sur mineurs.
Plusieurs collectifs, associations de défense des droits des enfants et personnalités appellent à des rassemblements lundi 8 juin à 19 heures, devant le ministère de la Justice et les tribunaux de tout le pays, dénonçant «l’injustice de trop».
«De la prévention, de la justice, nous voulons des moyens»
Dans un post très partagé sur les réseaux sociaux jeudi soir, la réalisatrice Andréa Bescond appelle au rassemblement devant le ministère de la Justice à Paris, mais aussi partout en France. Elle enjoint les citoyens à «exprimer pacifiquement leur colère contre cette gangrène pédocriminelle et l’impunité des agresseurs d’enfants». «Nous voulons ce que nous réclamons en vain depuis des années : de la prévention, de la justice, nous voulons des moyens ! Nous ne pouvons plus supporter que nos enfants soient violés par des hommes connus de la chaîne judiciaire, qui bénéficient de l’impunité française et qui deviennent des agresseurs en série», poursuit-elle.
Le collectif Mouv’enfants appelle également au rassemblement lundi, interpellant : «Encore combien d’erreurs ? Encore combien de fois à agir après ? Encore combien de classées sans suite ? Encore combien de Jérôme Barella ?». Arnaud Gallais, président de l’association Mouv’Enfants, ancien membre de la Ciivise - la Commission indépendante sur l’inceste et sur les violences sexuelles faites aux enfants - a aussi pris la parole. «On a l’impression de venir sur les plateaux tout le temps pour parler de la même affaire, on change juste le nom de l’agresseur», déplore-t-il sur Franceinfo, rappelant que selon les chiffres de la Ciivise, «3 % des agresseurs qui sont condamnés, moins de 1 % en cas d’inceste.»
«Constat d’échec»
Le président Emmanuel Macron a reconnu une faille de la justice. «Il est clair qu’il y a un dysfonctionnement (...) et c’est inacceptable», avait déploré vendredi le chef de l’État depuis le Monténégro, ajoutant ne vouloir «entendre aucun argument de moyens dans cette affaire». «L’institution judiciaire n’a pas su protéger» Lyhanna, a lui déclaré Gérald Darmanin, qui «au nom de la Justice, comme ministre», a «présenté [ses] excuses» à la famille de la victime et «aux Français qui sont légitimement choqués, terrifiés de voir de telles défaillances». «J’en tirerai toutes les conséquences», a ajouté le garde des Sceaux lors d’un entretien sur TF1.
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Le porte-parole du ministère de la Justice, Sacha Straub-Kahn, a fait un «constat d’échec» face à un appareil judiciaire qui n’est pas parvenu à «protéger» Lyhanna. «Quand vous êtes magistrat ou force de l’ordre, vous ne pouvez faire qu’un constat d’échec quand l’appareil judiciaire n’arrive pas à protéger une enfant et qu’on en arrive à cette situation-là», a-t-il estimé au micro de Franceinfo vendredi.


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