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Culture 12/06/2026 11:38 Actualisé le 12/06/2026 12:44
Le célèbre artiste britannique adepte des portraits et des paysages capables de brouiller la frontière entre photographie et peinture est décédé à l’âge de 88 ans.

MALTE OSSOWSKI/SVEN SIMON / dpa Picture-Alliance via AFP
Photographie du peintre birtannique David Hockney, photographié ici en juillet 2022.
Des piscines, des paysages, des visages et toujours quelques volutes de fumée. Figure majeure de la peinture britannique et du pop art depuis la deuxième moitié du XXIe siècle, l’artiste David Hockney est mort à l’âge de 88 ans, a-t-on appris ce vendredi 13 juin.
Prodige de la peinture à qui la France avait d’ailleurs rendu hommage à travers une vaste exposition − dans laquelle David Hockney s’était d’ailleurs beaucoup impliqué − fin 2025 à la Fondation Louis Vuitton, il « s’est éteint paisiblement chez lui le 11 juin, un mois avant son 89e anniversaire », a indiqué dans un communiqué Erica Bolton, à la tête de l’agence qui le représentait.
Né à Bradford, au Royaume-Uni, en 1937, le jeune David Hockney effectue son service militaire comme infirmier avant d’intégrer le prestigieux London’s Royal College of Art en 1959. Il est alors marqué au fer-blanc par l’œuvre de Pablo Picasso, qui imprégnera à jamais sa sensibilité artistique. « Picasso pouvait maîtriser tous les styles. La leçon que j’en tire, c’est que l’on doit les utiliser tous », disait-il au sujet de l’artiste espagnol qui restera l’une de ses plus grandes sources d’inspiration.
Au point où cette leçon sur les couleurs inondera son œuvre, faite de couleurs vives et de lumières intenses qui coïncident parfaitement avec son installation en Californie dans les années 1960. Une traversée de l’Atlantique qui lui permet alors d’échapper aux lois sur l’homosexualité dans son pays d’origine et de perfectionner son art au contact des paysages chauds de la Californie.
Des piscines et des hommes
Comme le rappelle le magazine Beaux-Arts, David Hockney était mondialement connu pour sa fameuse série de « Pool Paintings », notamment Bigger Splash (visible ci-dessous) dévoilé en 1967, symbole de plaisir et de sensualité. Auteur d’une œuvre aussi solaire que colorée, le peintre avait fait des piscines l’une de ses spécialités après sa première rencontre marquante avec les décors californiens. « Alors que nous survolions Los Angeles, j’ai regardé vers le bas et j’ai vu des piscines bleues partout », décrivait-il au sujet de cette inspiration majeure. L’artiste ne reniera toutefois jamais les décors verdoyants de son Angleterre natale.

Coll. Tate, London / David Hockney
« A Bigger Splash » de David Hockney, une acrylique sur toile dévoilée en 1967.
D’ailleurs, l’une de ses toiles représentant une piscine, Portrait d’un artiste (Piscine avec deux personnages) avait décroché le record de l’œuvre la plus chère au monde pour un artiste vivant. Elle avait été vendue plus de 90 millions de dollars.
Après les piscines, ce sont les humains qui attireront davantage ce peintre adepte de la cigarette jusqu’à la fin des années 1960. Il passera donc aux portraits, des doubles portraits même, en puisant son inspiration dans ses proches et amis, designers, danseurs et artistes, mais aussi de sa famille et de ses amants, souvent représentés dans des situations de la vie quotidienne. David Hockney y voyait un terrain de jeu pour illustrer « la relation psychologique qui unit les protagonistes », souligne Beaux-Arts au sujet de ce virage majeur dans la carrière du Britannique.
De la peinture au photocollage
Moins inspiré les années suivantes par la peinture, c’est la photographie qui trouvera grâce à ses yeux. Et à l’instar des découpages cubistes de Picasso, il s’arme d’un Polaroid pour fabriquer ses « joiners », des montages de centaines de pièces différentes qui reconstituent une image, avec une vision latérale et périphérique. La raison ? Il trouvait son seul point de vue trop étroit, trop cyclopéen. Là encore, les portraits d’humains et les paysages restent au cœur de son travail.
Parmi les plus célèbres œuvres de cette période, on peut citer Pearblossom Hwy., 11–18th April 1986, #1, dévoilé en 1986 après une commande du magazine Vanity Fair pour « illustrer un article de mon ami Gregor Von Rezzori retraçant le voyage de Humbert Humbert à la recherche de Lolita », comme il le résumait lui-même.

David Hockney / Coll. The J. Paul Getty Museum, Los Angeles
Le photocollage « 4 Pearlblossom Hwy, 11–18th April 1986, #1 » de David Hockney.
Renouant avec son pays natal durant la décennie 1990, il se met à peindre la campagne environnante, se réinventant presque en peintre paysagiste, ses tableaux rappellent parfois le fauvisme, Cézanne et Van Gogh. Paradoxalement, il reste curieux des nouvelles technologies et adopte l’usage d’engins électroniques pour composer ses œuvres. Que ce soit la photocopieuse couleur laser ou le fax puis l’ordinateur, l’iPhone ou l’iPad les décennies suivantes, pour réaliser ses œuvres, même à plus de 70 ans. « La nature est source de tout ! Ma joie ? Elle vient de la façon dont je regarde le monde », confiait-il à l’AFP sur le sujet en 2021.
Sourd depuis l’âge de 40 ans, mais toujours rieur et malicieux derrière ses célèbres lunettes rondes, ce « fumeur heureux » et allergique aux « donneurs de leçons » s’émerveillait en avril 2025 d’avoir pu inaugurer l’événement en son honneur à la Fondation Louis Vuitton, malgré des problèmes de santé déjà bien présents.


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