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Mort de 31 migrants dans la Manche fin 2021 : procès ordonné pour 14 personnes

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avec AFP

Publié le 16/06/2026 à 12:44 - Mis à jour le 16/06/2026 à 12:44

(Illustration). [Sandrine Marty / Hans Lucas / Hans Lucas via AFP]

Les 14 personnes mises en causes dans le naufrage de migrants le plus meurtrier dans la Manche, en novembre 2021, seront jugées en correctionnelle. Ces protagonistes sont poursuivis notamment pour homicides involontaires, blessures involontaires, aide au séjour irrégulier en bande organisée et participation à une association de malfaiteurs.

Procès ordonné pour le naufrage de migrants le plus meurtrier dans la Manche : 14 mis en cause, aux liens présumés avec des réseaux de passeurs, seront jugés en correctionnelle pour la disparition de 31 personnes en novembre 2021.

Des protagonistes nés majoritairement en Afghanistan et en Irak

Les mis en cause sont poursuivis notamment pour homicide involontaire, blessures involontaires, aide au séjour irrégulier en bande organisée et participation à une association de malfaiteurs, a précisé mardi à l'AFP le Parquet national anticriminalité organisée (Pnaco), confirmant une source proche du dossier.

Les protagonistes sont nés pour la plupart en Afghanistan et en Irak. Ils sont suspectés d'avoir "participé, chacun à leur échelle, à des réseaux d'immigration illégale coopérant entre eux afin de tirer toujours plus de profits d'étrangers en situation irrégulière désireux de passer en Angleterre", selon des éléments du dossiers dont l'AFP a eu connaissance.

Parallèlement, l'information judiciaire se poursuit pour des militaires mis en cause. De nouvelles auditions ont eu lieu ces derniers mois, a appris l'AFP de sources proches du dossier.

Ce volet détaché, pour des raisons procédurales, concerne au moins sept militaires français : cinq personnels du Centre régional opérationnel de surveillance et de sauvetage (CROSS) Gris-Nez et deux marins du patrouilleur Le Flamant. Ils sont mis en examen pour non-assistance à personne en danger. Côté passeurs présumés, deux "filières" ont été mises au jour, correspondant à "deux réseaux communautaires", afghan et irako-kurde.

L'occasion pour les familles des victimes de "s'exprimer pour la première fois"

Les rôles attribués par le ministère public aux 14 mis en cause sont divers : organisateurs de la traversée, chauffeurs, logeurs, etc. La plupart contestent leur responsabilité, certains, côté irako-kurde, s'étant présentés comme de simples migrants.

Matthieu Chirez, avocat de 113 parties civiles, s'est félicité auprès de l'AFP du futur procès, dont la date n'est pas connue : "Cette ordonnance est une première étape dans la reconstitution judiciaire de ce naufrage dramatique".

"La première chaîne de responsabilité est identifiée avec les passeurs qui vont devoir répondre de leurs actes", poursuit l'avocat. Le procès sera également "l'occasion, nous y aspirons, pour certaines familles de victimes, de s'exprimer pour la première fois", souligne le conseil.

Durant la nuit du 23 au 24 novembre 2021, "un 'small boat' de piètre qualité, non homologué, inapte à la navigation en pleine mer, surchargé et dépourvu de gilets de sauvetage adaptés", selon l'enquête, a fait naufrage à la limite des eaux françaises et britanniques.

Rapidement, les corps de 17 hommes, sept femmes, deux adolescents et une fillette de sept ans ont été retrouvés. Pour la plupart, issus d'Afghanistan ou de la zone irako-kurde. Depuis, l'enquête a établi que trois Irakiens et un Egyptien avaient aussi "probablement" disparu dans le naufrage. Seuls un Somalien et un Irakien ont survécu.

"Une Catastrophe inédite"

L'enquête avait établi que "cette catastrophe, inédite dans la Manche de par son ampleur, est la conséquence de multiples défaillances matérielles et humaines, engendrées par des individus mus par l'appât du gain". Les victimes "provenaient du camp de migrants surnommé 'la jungle' de Grande-Synthe", près de Dunkerque, et avaient payé une somme "exorbitante" pour la traversée.

Pour les enquêteurs, cette traversée tragique constituait "une mise en commun de moyens par diverses organisations et était devenue l'aboutissement mortel de périples migratoires tous différents mais dont le point commun demeurait l'exploitation de la précarité des victimes".

"Cette activité était d'autant plus rentable que le matériel fourni était rudimentaire", met aussi en exergue le dossier. Apparu en 2018, le phénomène des traversées de la Manche en petites embarcations est à l'origine de nombreux naufrages.

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