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Denis Desrosiers a plaidé coupable mardi à Amqui de l’homicide involontaire d’Adrien Allard, à Causapscal en 1979, mettant fin à une enquête non résolue depuis 47 ans.
L’homme de 69 ans a également admis sa culpabilité à des chefs d’entrée par effraction dans l’intention de commettre un acte criminel, de voies de fait, de possession illégale d’arme à feu et d’utilisation illégale d’arme à feu lors du même événement.
Le soulagement était palpable après l'audience pour la famille d'Adrien Allard. Ses neveux, qui étaient présents en Cour, estiment que justice est faite.

Mario Allard (droite) et Réjean Allard (gauche) au micro des journalistes.
Photo : Radio-Canada
Là, on sait la vérité, que c'est de même que ça s'est passé. C’est fini l’histoire, on ferme les livres, a estimé le neveu d'Adrien Allard, Réjean Allard.
Il a vécu avec ça 46 ans de temps, ça devait être le temps que ça sorte.
La justice est faite, on a su la vérité, même s'il allait en prison et il ira probablement, mais ça ne donnera pas grand chose rien de plus, a ajouté Mario Allard.
L'enquête, restée au point mort pendant des décennies, a connu un dénouement grâce à des analyses ADN effectuées récemment sur une cagoule et un gant laissés sur les lieux par les suspects qui ont permis d'identifier formellement M. Desrosiers.
La juge de la cour du Québec, Andrée St-Pierre, a ordonné la rédaction d’un rapport présentenciel qui devrait être rendu le 22 mai.
Le procureur du Directeur des poursuites criminelles et pénales (DPCP), Me Simon Blanchette, explique que ce rapport sera déterminant pour la détermination de la peine. En matière d'homicide involontaire, on parle généralement d'emprisonnement, […] mais les fourchettes de peine peuvent être très variables dépendant d'une panoplie de facteurs.
Le plaidoyer de culpabilité, c'est toujours un facteur atténuant qui est important, sans dire que ça permet d'avoir une peine plus clémente, c'est un facteur atténuant important.
Denis Desrosiers sera de retour en cour le 2 juin pour les recommandations sur la peine.
Fil des événements
Selon le récit des faits présenté mardi devant le tribunal, le 10 février 1979, Denis Desrosiers, qui était alors âgé de 22 ans, et sa complice de l'époque, Linda Grenier, qui est aujourd'hui décédée, se sont rendus en motoneige en soirée à la ferme d'Adrien et André Allard à Causapscal pour voler les deux frères.
Ils étaient cagoulés et portaient des habits de motoneige. Ils avaient pris soin de s’armer d'une carabine et d’un revolver. Ils ont coupé la ligne téléphonique, avant de pénétrer dans la résidence des frères Allard.
Adrien Allard, 59 ans, s'est défendu. Il a voulu saisir l’arme de Denis Desrosiers et s’est battu avec celui-ci, lui enlevant même sa cagoule. Craignant d'être reconnus, les agresseurs ont alors pris la fuite en motoneige sans rien emporter.
Adrien Allard n’est pas mort des blessures infligées lors de la bataille, mais le rapport pathologiste judiciaire a conclu que le décès est attribuable à un événement cardiaque, déclenché par l'effort physique et le stress intense provoqué par l'agression.
Avec les informations de Marguerite Morin


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