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La Ville de Montréal a rendu publique lundi une carte identifiant 46 terrains municipaux disponibles pour développer du logement abordable.
Elle espère être en mesure de céder ces terrains gratuitement ou à moindre coût afin de diminuer les coûts de réalisation des projets.
Ces terrains et bâtiments sont disponibles uniquement pour des coopératives, des OBNL d’habitation, des sociétés paramunicipales, des institutions d’enseignement publiques ou des fiducies d’utilité sociale. La Ville qualifie ces futurs logements de hors marché, puisqu’ils seront détenus par des organismes sans but lucratif.

La carte des terrains disponibles pour des coopératives ou des OBNL d’habitation voulant développer des projets de logements hors marché.
Photo : Ville de Montréal
En tout, 83 millions de dollars sont prévus en aide financière pour tenter d'accélérer le développement de logements.
Les OBNL ou les coopératives n'avaient pas de budget pour faire du prédéveloppement, explique la responsable de l’habitation et de l'aménagement au comité exécutif de la Ville de Montréal, Caroline Braun. Ils dénotaient leur intérêt pour un terrain, mais il n’y avait pas grand-chose qui se passait par la suite.
Les organismes pourront avoir accès à un prêt de prédéveloppement pouvant atteindre 250 000 $ tandis que la Ville se réserve 50 millions de dollars pour couvrir les frais des travaux de démolition ou de décontamination des sites désignés.
Il y a beaucoup de bâtiments vacants, après les avoir analysés, qui coûteraient beaucoup plus cher à rénover, restaurer, requalifier plutôt que de les mettre à terre. Il y en a beaucoup qui ne sont pas aussi intéressants que ça, donc ils ne sont pas intéressants à conserver, soutient Caroline Braun.
Elle cite en exemple le cinéma Paradis dans l'arrondissement de Mercier-Hochelaga-Maisonneuve, que la Ville a acheté l’automne dernier en exerçant son droit de préemption.
[L’OBNL] peut engager un architecte pour débuter les plans, regarder ce qu’il a le droit comme zonage, la hauteur du bâtiment. Pendant ce temps-là, nous, à la Ville, on peut utiliser le 50 millions de dollars mis de côté pour déconstruire le cinéma Paradis [...] donc le terrain avance pendant que l’OBNL avance de son bord, ce qui fait qu’on risque de gagner du temps, des années en travaillant comme ça, ajoute Caroline Braun.
Montréal se réserve également 30 millions de dollars pour diminuer les coûts des terrains aux OBNL et n’exclut pas de les céder gratuitement par le biais de baux emphytéotiques (des baux à long terme).
Hors marché et abordabilité
Caroline Braun soutient que l’abordabilité de ces nouveaux logements sera garantie en raison de la mission même des organismes qui les détiendront, comme des organismes paramunicipaux que sont la SHDM ou l'OMHM.
La coopérative d'habitation, elle va construire un immeuble et ce sont les membres qui vont s'assurer, via leur gouvernance, de l’abordabilité à long terme des logements, ajoute-t-elle.
Véronique Laflamme, porte-parole du Front d'action populaire en réaménagement urbain (FRAPRU), ne voit pas les choses de la même manière.
Elle croit plutôt qu’il est de la responsabilité de la Ville de garantir des loyers bas sur ces nouvelles constructions. Il faut que l'octroi de nos terrains publics se fasse selon des balises claires et l'abordabilité réelle au regard de la capacité de payer des locataires.
Sans critères précis de la Ville, Véronique Laflamme craint que les prix de ces logements soient influencés par les conditions du marché, les rendant inaccessibles aux ménages à faible revenu et manquant ainsi leur objectif social.
Pas de logements sans Québec et Ottawa
Malgré les leviers annoncés par Montréal pour faciliter la construction de logements détenus par des organismes sans but lucratif, ces projets auront besoin de l’appui financier des autres paliers de gouvernement pour être réalisés.
Selon Véronique Laflamme du FRAPPRU, il est difficile de faire financer des projets de logement social ou abordable, même avec un terrain. Depuis la fin du programme Accès Logis, les grandes villes comme Montréal ont moins de leviers qu’auparavant pour participer à la sélection des projets sur un terrain public leur appartenant.
Les projets dépendent beaucoup des financements des autres paliers de gouvernement, avoue Caroline Braun.
On est comme tout le monde, un petit peu dans une attente, mais, en même temps, ça bouillonne quand même, ça bouge. C'est la raison pour laquelle la Ville, nous voulons être un partenaire de choix avec les autres paliers de gouvernement, nous devons être proactifs.


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