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Par Hélène Bienvenu
Publié aujourd’hui à 14h00, modifié à 14h21Article réservé aux abonnés
ReportageEtablie dans la capitale lituanienne depuis 2005, l’Université européenne des humanités a été classée en avril comme « organisation extrémiste » par le régime de Minsk. Ces dernières semaines, les agents du KGB multiplient, en Biélorussie même, les fouilles au domicile d’étudiants ou de parents d’étudiants installés en Lituanie.
Ioulia n’aurait jamais pensé un jour devoir se retrouver dans les bureaux du KGB biélorusse. C’est pourtant ce qui est arrivé à cette Biélorusse – dont le prénom a été changé pour des raisons de sécurité – âgée d’une vingtaine d’années et diplômée de l’Université européenne des humanités (EHU), un établissement d’enseignement supérieur biélorusse en exil, établi à Vilnius, en Lituanie voisine.
Le tort de Ioulia, interpellée alors qu’elle rendait visite à ses parents, en juin, dans son pays d’origine ? Avoir étudié à l’EHU, classée « organisation extrémiste », depuis le 14 avril, par la Cour suprême de Biélorussie. La jeune femme n’était qu’une adolescente lors du soulèvement démocratique qui a suivi la réélection frauduleuse d’Alexandre Loukachenko, en août 2020. N’ayant pas participé aux manifestations monstres à l’époque, et n’étant pas une opposante déclarée, elle n’imaginait pas se trouver dans le viseur des autorités.
L’EHU, qui enseignait les sciences humaines et sociales à Minsk depuis 1992, avait dû fermer ses portes en 2004, sous la pression du régime. Elle avait alors trouvé refuge 190 kilomètres plus à l’ouest, dès la rentrée 2005, à Vilnius, la capitale lituanienne, où elle a pris racine depuis. A la rentrée 2025, elle comptait un peu plus de 1 600 étudiants – majoritairement des Biélorusses mais aussi quelques dizaines de ressortissants d’autres nations, la plupart venant de pays de l’ex-URSS.
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