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Mirabeau, la complexité d’un révolutionnaire, sur Le Figaro TV

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Sur le plateau de « Parlez-moi d’Histoire » Loris Chavanette, à gauche et Patrice Gueniffey, entourent Guillaume Perrault.

Sur le plateau de « Parlez-moi d’Histoire » Loris Chavanette, à gauche et Patrice Gueniffey, entourent Guillaume Perrault. Figaro TV

Le destin du grand orateur est retracé dans « Parlez-moi d’Histoire » au fil d’un débat avec les historiens Patrice Gueniffey et Loris Chavanette.

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« Allez dire à ceux qui vous envoient que nous sommes ici par la volonté du peuple et qu’on ne nous en arrachera que par la puissance des baïonnettes ! » Ces paroles historiques prononcées par le comte de Mirabeau le 23 juin 1789, dans la salle du Jeu de paume à Versailles, ont marqué les esprits. Cette déclaration lancée à l’envoyé de Louis XVI, le marquis de Dreux-Brézé, signifie au roi le refus de l’assemblée des députés de siéger séparément, selon les trois ordres. Cette scène, immortalisée notamment par Fragonard dans un célèbre tableau datant de 1830, illustre bien le tempérament fougueux et révolutionnaire de Mirabeau.

«C’est là où on reconnaît Mirabeau. C’est le jaillissement, c’est la parole forte », explique Loris Chavanette, auteur du livre Le 14 Juillet de Mirabeau. La revanche du prisonnier (Éditions Taillandier). Cet universitaire est invité par Guillaume Perrault dans « Parlez-moi d’Histoire », avec un autre historien, Patrice Gueniffey, qui a notamment publié La Politique de la Terreur. Essai sur la violence révolutionnaire (Gallimard). Ce dernier souligne le côté intuitif du personnage : « C’est un grand orateur et il y a chez lui une part de spontanéité (…). C’est quelqu’un qui sait saisir l’occasion et qui probablement sent son public. Il trouve les bons mots au bon moment. »

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Comment expliquer que cet aristocrate né en 1749 a voulu et réussi à devenir une figure de la Révolution ? « Il ne fait pas partie de la génération révolutionnaire, il est plus âgé. En général, ils sont nés entre le milieu des années 1750 et la fin des années 1760. Donc, il est plus vieux qu’eux, il a plus d’expérience aussi. Il est vraiment le produit de l’Ancien Régime », explique Patrice Gueniffey, qui note toutefois que sa famille « détonne dans le milieu de l’aristocratie de l’époque. Non pas tant par les écarts de la vie privée (…) mais par le fait qu’elle avait le génie de la publicité. C’est-à-dire le fait d’étaler leurs affaires privées sur la place publique ». Une chose est certaine, le parfum du scandale accompagne Mirabeau. Cet homme multiplie en effet conquêtes féminines et dettes de jeu, tout en étant poursuivi par la haine de son père.

Démocratie royale

Ce dernier « fait enfermer son fils par lettres de cachet à plusieurs reprises, dans les prisons d’État du royaume, jusqu’à la veille de la Révolution. Il le fait enfermer d’abord sur l’île de Ré, puis au château d’If, où Mirabeau va passer une année. Alexandre Dumas s’est d’ailleurs inspiré de lui pour composer son personnage d’Edmond Dantès dans son roman Le Comte de Monte-Cristo », détaille Loris Chavanette. L’aristocrate déclassé est également emprisonné un temps au fort de Joux dans le Doubs. Bénéficiant d’une certaine liberté, il en profite pour séduire la femme du premier président de la Chambre des comptes de Dole, Sophie de Monnier, avec laquelle il fuit en Hollande. De quoi provoquer un énorme scandale !

Durant ses périodes de détention, notamment trois années au donjon de Vincennes, Mirabeau écrit des textes dans lesquels il dénonce l’arbitraire de la monarchie absolue en général et les lettres de cachet en particulier. Ainsi devient-il un personnage qui compte parmi ceux qui défendent les idées des Lumières. Rejeté par la noblesse, il est élu député du tiers état à Aix-en-Provence lors des élections aux états généraux en 1789. Ce qui ne l’empêche pas de plaider, jusqu’à sa mort de maladie, en 1791, pour une monarchie constitutionnelle. Un système qu’il appelait démocratie royale, au sein duquel il rêvait de devenir le ministre de Louis XVI. Aurait-il réussi, s’il avait vécu plus longtemps, à éviter le basculement de la Révolution dans la Terreur qu’il redoutait tant ? La question reste entière.

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