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La ministre des Postes et Télécommunications, Minette Libom Li Likeng, a accordé une interview dans laquelle elle dresse un état des lieux du numérique camerounais. Entre avancées mesurables et défis qui restent entiers, son discours tranche avec le triomphalisme habituel. Le marché des communications électroniques a généré environ 1 022 milliards de FCFA de revenus hors taxes en 2024, en hausse de 18,06%.
Une dynamique réelle, des chiffres qui parlent
Le Cameroun compte aujourd’hui environ 30,9 millions de comptes mobile money. En 2025, les connexions mobiles représentent 96,4% de la population, et 15,09 millions d’abonnements à Internet ont été enregistrés en 2024, contre 12,6 millions l’année précédente. La valeur des transactions mobile money en zone CEMAC place le Cameroun au rang des marchés les plus actifs de la sous-région, avec plus de 30 milliards de FCFA de transactions enregistrées.
Pourtant, la ministre ne cache pas les failles. L’accès à Internet reste inégal entre zones urbaines et zones rurales. Le coût d’accès demeure élevé. Et la cybersécurité, dit-elle, « est un autre domaine qui doit doubler d’intensité », face à des acteurs qui utilisent le numérique pour escroquer, traquer ou diffuser de fausses informations.
C’est le vrai problème.
Le gouvernement, via le PATNUC, entend passer d’une logique de simple connectivité à une logique d’écosystème numérique intégré : infrastructures, services publics numériques, innovation locale, formation. Les jeunes développeurs et les startups sont explicitement cités comme leviers. On ne sait pas encore combien de ces initiatives se traduiront en emplois durables, mais la direction semble assumée.
Ce que l’État fait, et ce qu’il reste à faire
La ministre cite des initiatives concrètes : campagnes de sensibilisation sur les arnaques en ligne, programmes d’accompagnement des jeunes talents via l’Agritech Challenge, déploiement de l’intelligence artificielle comme outil au service du développement. Le Minpostel travaille avec les administrations, les forces de sécurité et les acteurs judiciaires pour renforcer la détection et la réponse aux incidents numériques.
Mais le signal le plus fort dans cet entretien, c’est le cadrage politique. Libom Li Likeng insiste : le numérique ne doit pas être un luxe, mais un outil de développement économique et social accessible à tous les Camerounais. Ce positionnement tranche avec une vision purement infrastructurelle du secteur.
La question qui reste ouverte : les tarifs d’accès à Internet baisseront-ils suffisamment vite pour que cette vision rejoigne la réalité du quotidien des ménages ?
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Laurent Diby
Journaliste économique pour 237online.com, Laurent Diby couvre les finances publiques, l'énergie, les infrastructures et les marchés camerounais.


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