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Michaël Youn de retour dans Flashback : «Je n’ai pas de mal à assumer que je suis laborieux»

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ENTRETIEN - L’acteur est au générique de la saison 2 de la comédie policière de TF1, six épisodes à partir du 9 avril.

Quinze ans après le succès de son film Fatal, il fera son retour avec Bazooka, fin 2026 ou début 2027. Pour le moment c’est dans la saison 2 de Flashback, la comédie policière de TF1 avec Constance Gay, que l’on retrouve l’acteur-réalisateur et scénariste Michaël Youn. Il nous en dit plus !

TV MAGAZINE. - C’est la première fois que vous retrouvez un personnage ? 
Michaël YOUN. - Oui, et j’y ai pris beaucoup de plaisir. Il ne m’a pas fallu beaucoup de temps, j’ai renfilé mon blouson, mes santiags, pris mon Police Python 357 Magnum, j’étais de nouveau Josselin. C’est la force du costume, de l’époque. On y replonge très vite, même s’il a évolué entre les deux saisons. Il s’est fait placardiser et est donc encore plus fâché contre le personnage d’Elsa qui a disparu. Cela lui a aussi causé de la peine, il l’avoue. Quand il la voit redébarquer c’est un cauchemar pour lui. Mais leurs rapports vont s’adoucir.

À lire aussi « Oui, ça nous inquiète » : Constance Gay préoccupée par la concurrence face à sa série Flashback sur TF1

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Vous dites qu’il faut faire corps avec ses personnages quand ils sont quotidiens, leur apporter sa psychologie, sa façon de parler. Qu’avez-vous en commun avec Josselin ?
L’admiration des héros. Nous admirons Jean-Paul Belmondo et les personnages qu’il interprète. Cette série n’est pas parodique mais pas premier degré non plus. C’est une série qui a digéré la pop culture, Le Professionnel comme Retour vers le futur. Ce n’est pas pour rien que le personnage s’appelle Josselin, c’est un hommage à ces personnages certes virilistes, qui distribuaient des baffes à tour de bras mais des héros quand même qui nous ont fait aimer le cinéma, la police, les hommes aussi !

De quelle façon vous impliquez-vous ?
Avec Constance nous nous sommes plus impliqués dans l’écriture, nous étions les mains dans le cambouis. Pas forcément pour adresser un message, plus pour la cohérence des émotions. Personne ne connaît mieux nos personnages. Nous avons voulu gagner de la souffrance et du temps sur le plateau. Nous voulions de la jubilation, pas forcément des scènes positives mais nous voulions choisir la boue dans laquelle nous allions mettre nos personnages pour mieux nous en dépatouiller au niveau du jeu.

Qu’est-ce qui vous séduit le plus ?
Ce qui est jubilatoire c’est ce couple dysfonctionnel d’un père et d’une fille qui doit résoudre des enquêtes dans les années 90. Nous ne voulions pas changer la définition de la série. Nous avons reproduit le même schéma avec une autre histoire. Le centre névralgique, c’est la famille. Les références au sexisme ou au racisme sont plus des leviers de comédie, en pied de nez avec certains personnages. C’est un polar, mêlant fantastique et comédie.

Quelle est votre marge de manœuvre en matière d’humour sur la série ? Avez-vous vos propres barrières ?
Nous avons une totale liberté sur l’humour et les impros. Même si au départ c’est personnel, l’écriture finit par être collégiale. En plateau, parfois, je fais des blagues sexistes, ou anachroniques, ou juste bêtes. Si les techniciens rigolent, on se dit qu’on est dans le vrai, sinon, on peut penser que ça va trop loin ou que ça n’est pas drôle. Et puis le réalisateur garde ou pas au moment du montage. Beaucoup n’a pas été gardé, mais ce n’est pas qu’une question de qualité de l’impro, il faut aussi que l’histoire avance.

Qu’attendez-vous d’un réalisateur ?
L’harmonie, la paix la confiance, et le travail. J’aime avoir affaire à quelqu’un qui sait ce qu’il veut, ce sont des vacances pour le cerveau ! Si on perd l’admiration, la confiance, ça devient compliqué d’accepter ses remarques. C’est le troisième œil, le chef d’orchestre, celui qui dirige la narration. Je suis réalisateur aussi, je sais qu’il est important de choyer cette relation. D’autant que le métier est en danger entre l’IA, les difficultés financières...

Pour rien au monde je ne voudrais avoir à nouveau 20 ans, je suis bien mieux adulte !

Michaël Youn

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Avez-vous la même approche du jeu avec Constance Gay ?
On se ressemble concernant la vérité du plateau : on a beau préparer tout ce qu’on peut, à un moment il y a la vérité du plateau. Je prépare plus, je réfléchis à toutes les éventualités. Je suis plus tourmenté, plus complexe. Je n’ai pas de mal à assumer que je suis laborieux, je suis même fier d’avoir toujours beaucoup travaillé. Le travail est mon métronome.

Êtes-vous dans la transmission avec les jeunes acteurs ?
Ça m’arrive assez fréquemment mais j’essaie de le faire élégamment car ce n’est pas toujours bien pris. J’essaie de faire profiter les jeunes de mon expérience car je suis tout de même là depuis les années 2000 ! Je suis tombé moi-même dans des écueils. Quand je les vois se reproduire, j’essaie de le signaler.

Qu’est-ce que ça fait de se voir vieux à l’écran comme dans Flashback ?
Je ressemble à mon père et assez bizarrement aussi dans son comportement. Physiquement et mentalement...

Si ça s’arrête, que garderez-vous de Josselin ?
Un joli bain de jouvence, j’ai replongé dans mes années 90 : j’ai eu mon bac en 91, travaillé pour la première fois en 97... Des années très importantes pour moi, la fin de l’innocence, le début de la vie d’adulte. Ce n’est pas neutre pour moi, j’étais heureux d’y replonger. Je ne suis pas nostalgique mais je suis tendre. Pour rien au monde je ne voudrais avoir à nouveau 20 ans, je suis bien mieux adulte.

Apprenez de vos personnages ? Les choisissez-vous pour ça ?
Très bonne question ! Je n’y avais jamais réfléchi. Mais oui car en se plongeant dans l’humanité de quelqu’un d’autre, en découvrant sa façon de penser, d’interagir avec les autres, on apprend sur l’humanité en général. Et même très loin de moi, un personnage m’offre toujours des vacances de moi-même huit heures par jour ! Le personnage n’a pas forcément besoin d’avoir quelque chose à défendre, d’être un héros. Je peux jouer quelqu’un de mauvais. Au contraire, c’est riche d’essayer de comprendre pourquoi quelqu’un est mauvais, où est la bascule.

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