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« Mes racines sont à Castelsarrasin » : Pierre Perret publie un vibrant hommage à sa grand-mère

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Auteur-compositeur majeur de la scène française, Pierre Perret est aussi écrivain. Un natif du Tarn-et-Garonne qui narre la vie de sa "Mémé Anna" dans son nouveau livre.

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Dans son nouveau livre, Pierre Perret raconte l'incroyable histoire de sa grand-mère.

Dans son nouveau livre, Pierre Perret raconte l’incroyable histoire de sa grand-mère. (©Éric Robert/Mareuil éditions)

Par Gilles Rolland Publié le 22 mars 2026 à 13h02

Sur le devant de la scène depuis 1956, auteur-compositeur et interprète de chansons comme Lily, Les Jolies Colonies de vacances, Tonton Cristobal ou encore bien sûr Le Zizi et La Cage aux oiseaux, Pierre Perret, aujourd’hui âgé de 91 ans, a vu le jour à Castelsarrasin dans le Tarn-et-Garonne. Un artiste qui aujourd’hui, revient sur ses origines, en narrant dans son nouvel ouvrage publié chez Mareuil Éditions, l’incroyable existence de sa grand-mère, qu’il appelle affectueusement Mémé Anna. Une figure essentielle pour le chanteur qui en profite pour évoquer les villages, bords de rivières, forêts et ruelles du Tarn-et-Garonne, entre Castelsarrasin et Montauban. Rencontre…

Mémé Anna

Trouvée sur le saloir d’un charcutier, abandonnée à la naissance à Montauban, Mémé Anna n’a pas eu la vie facile. Une existence qu’a décidé d’écrire Pierre Perret, son petit-fils, lui-même originaire du Tarn-et-Garonne, dans un livre qui se lit comme un roman. Une saga familiale portée par cette figure maternelle qui jamais n’a cessé d’inspirer celui qui a toujours su manier les mots, pour tour à tour amuser, se révolter, éveiller les consciences et divertir.

Actu : Comment est né le projet d’écrire une sorte de biographie de votre grand-mère ?

Pierre Perret : J’ai écrit plein de chansons qui ont été directement inspirées par le personnage de mémé, sa générosité et l’éducation qu’elle m’a donné quand j'étais enfant, dans la nature. C'est elle qui m’a ouvert les yeux sur le monde. Pour moi, ça a été vital. Tout s’est passé là, dans la nature. J’ai passé toute mon enfance là-bas. Elle était connivente de maman, qui travaillait au Café du pont. Elle l’aidait et elle s’occupait de moi. Peut-être plus que maman car maman était tellement occupée que je passais mon temps à faire des fugues dans les bois et les près avec mémé. On y découvrait les fleurs, les sentiers, les tisanes, les onguents, tout ce qu’elle me montrait, qu’elle faisait. Une vraie révélation de mon enfance ! J’ai écrit des bouquins sur ma jeunesse, comme Le Café du Pont (2005, éditions Robert Laffont) ou Laissez chanter le petit (1989, éditions Adèle/J.C lattès) mais je pense que j’ai mis la charrue avec les bœufs. Ce livre devait venir d’abord. C’est le premier que j'aurais dû écrire. Mais je n’avais peut-être pas le recul nécessaire... ou la maturité.

Le récit que vous faites de la vie de votre grand-mère prend rapidement la forme d’une vibrante ode à la résilience…

PP : Oui, bien sûr car la principale vertu de mémé c’était le courage. Elle a eu un courage incroyable de faire face à la vie de cette façon. Surtout avec ce type dégueulasse qui prétendait être son mari alors qu’il ne l’était pas. Elle a résisté à tout ça. Elle est parvenue à élever ses enfants dans la dignité même si parfois, elle a glissé dans la pente de la cruauté, tellement la vie a été dure avec elle. Je n’ai rien voulu occulter, j’ai tout dit, même ça, car ça me peinait qu'elle ait été dure avec ses enfants. Mais comme ce n’était pas sa vraie nature, elle a retrouvé ce qu’elle était. Quelqu’un d’ouvert au monde, de généreux, de simple. J’ai essayé de mettre sur le tapis tous les aspects de ce personnage atypique qu’elle a été. Trouvée sur le saloir d’un charcutier à deux jours. C’est quand même pas rien de débuter dans la vie comme ça.

Le Tarn-et-Garonne fait presque office de personnage à part entière dans votre livre…

PP : Tout à fait. Mémé a écumé avec son petit âne tous les territoires que vous connaissez par cœur. Avec son petit négoce de mercière, elle déambulait partout.

Il est largement question de votre enfance dans le Tarn-et-Garonne. Quels endroits vous évoquent aujourd’hui les moments passés aux côtés de votre grand-mère ?

PP : On allait surtout à l’époque dans les bois, les prés, les forêts du côté de Castelsarrasin, Moissac, Golfech, Gandalou, sur les rives du Tarn, les bords de la Garonne, dans la forêt de Montech... On déambulait partout. Et bien sûr, en ce temps-là, on marchait !

Dans quelle mesure votre grand-mère a influencé votre musique et plus globalement votre œuvre ?

PP : Mémé a quasiment influencé toutes mes chansons. Les airs de liberté qu’il y a dans mes compositions. Tout ceci lui est dû car il fallait être courageuse pour défendre ces valeurs-là, se défendre contre la cruauté de la vie par certains moments, contre la solitude extrême qui a dû être la sienne quand elle s’est retrouvée battue, humiliée… Tout ceci a servi de moteur à beaucoup de mes chansons engagées, comme Lily, qui parle du racisme, de l’intolérance, de la bêtise et de la cruauté du monde, du non-respect de l’autre. Mémé a connu tout ça.

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Vous êtes toujours resté très attaché à vos racines. Quelle place tient aujourd’hui pour vous votre ville natale ?

PP : J’ai écrit une chanson qui s'appelle Je suis de Castelsarrasin. Il n’y a pas un vers qui n’est pas parlant sur ce que je pense de Castelsarrasin et la pépite que cette ville représente pour moi. C’est le berceau que je n’ai jamais quitté. Toutes mes racines sont là. Dieu sait que j’ai connu d’autres endroits, mais le cœur de tout est là. Principalement. L’odyssée a commencé à Castelsarrasin.

Quelle est votre plus grande fierté quand vous regardez dans le rétro ?

PP : Je ne regarde jamais dans le retro. Je vais toujours de l’avant.

En tant que grand amateur de gastronomie et auteur de plusieurs livres sur le sujet, quelles sont vos spécialités occitanes préférées ?

PP : J'aime les choses les plus naturelles. Comme quand, avec mémé, on cueillait les champignons. Elle m’a montré 1000 façons de faire des girolles ou encore les petits champignons rosés qu’on cueillait au bord de la Garonne le matin. Elle m’a appris à ramasser les cèpes sans les abîmer, pour préserver les racines pour l’année d’après. Elle m’a enseigné des tas de choses, avec beaucoup de sagesse. Avec trois fois rien, elle faisait un plat délicieux. Le lapin aux oignons et aux câpres dont maman a pris la suite avant que je ne fasse de même. La façon qu’elle avait de cuisiner les pintades, les œufs, le lapin, La fameuse Millassine, son gâteau de prédilection. Les choses les plus goûteuses. Toujours à partir de la nature. Toujours. Les herbes, les œufs, les pigeons, les lapins.. À 5 ou 6 ans, je savais déjà comment déshabiller un lapin.

Mars étant le mois de la Saint-Patrick, et connaissant votre attachement pour l’Irlande, puis-je me permettre de vous demander pourquoi ce pays vous séduit autant ?

PP : Les Irlandais sont les gens les plus authentiques qu’on puisse trouver en Europe. Ils sont bruts de décoffrage, comme j’aime que la nature humaine soit. Ils ont le courage de leurs opinons, de leur goût. Ils aiment leur pays, ils défendent leurs valeurs. Autant de choses qu’on a peu à peu oublié de faire perdurer en France. Je le regrette. Les Irlandais sont fiers de leur folklore, de leur bière, de leur mer, de leur montagne, de leurs moutons….

Pour finir, difficile de ne pas vous demander quel souvenir vous gardez de votre concert à l'Olympia, en première partie des Rolling Stones en 1964...

PP : Nous étions plusieurs artistes a avoir été sélectionnée pour faire la première partie des Rolling Stones. Ils se sont tous fait balayer comme une lame de fond par la foule qui était venue voir les Stones. J’ai eu une trouille pas possible mais j’ai chanté avant eux... et j’ai fait un tabac autant qu’eux.

Mémé Rose, de Pierre Perret
Mareuil Éditions
Renseignements sur le site de Pierre Perret.

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