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Une infirmière originaire de la Colombie dont la famille est établie à Québec depuis trois ans a appris deux jours avant Noël que son permis de travail n’était pas renouvelé. Privée de revenus du jour au lendemain et sur le point de devoir quitter le pays, la mère de famille déplore le peu d’égards avec lequel elle estime avoir été traitée.
Carolina Bonilla est arrivée à Québec au mois de novembre 2022 avec ses enfants et son conjoint. Urgentologue dans son pays natal, ce dernier a décidé de déménager dans la Vieille Capitale afin de suivre une maîtrise en épidémiologie à l’Université Laval.
Il a terminé sa formation avec succès et occupe depuis peu un emploi de technicien dans un laboratoire pharmaceutique.
Emploi d'infirmière
Grâce au permis d’étude de son mari, Mme Bonilla, une infirmière de profession, a pu obtenir un permis de travail. En juin 2023, elle a été recrutée par l’Hôtel-Dieu de Québec, où elle occupe actuellement un poste d’infirmière à l’unité d’hémato-oncologie.
Carolina Bonilla croit que sa famille a réussi à bien s’intégrer à la société québécoise. Son conjoint et elle ont appris le français et leurs enfants fréquentent une école francophone.

Carolina Bonilla est infirmière à l’unité d’hémato-oncologie de l’Hôtel-Dieu de Québec.
Photo : Radio-Canada
Tout allait pour le mieux jusqu’à ce qu’une communication d’Immigration, Réfugiés et Citoyenneté Canada (IRCC) reçue le 23 décembre l’informe que son permis de travail n’était pas renouvelé. La nouvelle est tombée comme un coup de massue. Un cadeau de Noël dont Carolina Bonilla se serait bien passée.
Privée de statut
C'est une lettre très sévère qui dit que votre permis de travail ne sera pas renouvelé. À partir de maintenant, vous ne pouvez plus travailler et vous avez 90 jours pour régler le problème, sinon [vous devrez] partir du Canada. Mais pour régler le problème, ça ne fonctionne pas. On m'a enlevé le droit de travailler et je n'ai plus de statut au Canada, confie-t-elle en entrevue à Radio-Canada.
Je ne peux pas travailler, je ne peux rien acheter. Je suis comme nulle dans le système.
La Québécoise d’adoption dénonce ce qu’elle perçoit comme un manque d'humanité de la part du gouvernement fédéral. Mme Bonilla assure pourtant avoir répondu à toutes les exigences d’IRCC. Le non-renouvellement de son permis de travail s’apparente à ses yeux à un manque de reconnaissance et de considération.
J'ai l'impression que je travaillais fort pour vous, pour le Canada, pour le Québec. Je travaillais sans arrêt depuis 2022 [...] Je suis choquée. Ça me fait comme... Ouf... C'est fini, bye. Tu as fait beaucoup de choses pour nous, merci. Bye. On n'a plus besoin de vous [...] Ce n'est pas humain, s’indigne la Colombienne.

Carolina Bonilla peut compter sur le soutien de son conjoint et de ses collègues de travail dans ses démarches visant à régulariser sa situation.
Photo : Radio-Canada
Elle trouve illogique qu’on refuse de renouveler son permis de travail, alors qu’elle occupe un emploi en santé, un domaine où la pénurie de main-d’œuvre n’est plus à démontrer.
On a beaucoup de travail à l'hôpital. Il manque d'infirmières, il manque de personnes. Et puis, je suis là, sans pouvoir travailler, fait remarquer Mme Bonilla.
Accompagnement
Invité à réagir, son employeur, le CHU de Québec-Université Laval, a indiqué ne pas pouvoir commenter le dossier spécifique de l'infirmière pour des raisons de confidentialité.
Toutefois, le CHU de Québec-Université Laval assure un accompagnement et un soutien à ses employés dans leur processus d’immigration afin de leur permettre de continuer à travailler dans nos établissements, en vertu des lois et règlements en vigueur, a précisé le porte-parole de l’organisation, Jean-Thomas Grantham, dans une déclaration écrite envoyée à Radio-Canada.
Carolina Bonilla a un peu moins de trois mois pour régulariser sa situation. Pour l’aider dans ses démarches, elle a retenu les services d’une avocate. Elle a communiqué avec le bureau du maire de Québec, Bruno Marchand. Sur la suggestion de ses collègues de travail, elle envisage également de contacter le député qui représente sa circonscription au fédéral, le libéral Joël Lightbound.
Avec des informations d’Alexandre Bellemare


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