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Le hockeyeur Max Lajoie n’était pas à Buffalo, où avait lieu le repêchage de la Ligue nationale de hockey (LNH) en 2016, quand les Sénateurs ont dit son nom au cinquième tour.
Bien qu’il se soit attendu à être repêché, le défenseur de Calgary avait suivi le conseil de son agent qui lui avait rappelé qu’il était possible qu’il soit appelé dès le deuxième tour, mais aussi qu’il ne soit pas sélectionné du tout.
J’étais avec ma famille et des amis, chez moi, quand un autre ami [le gardien Zachary Sawchenko] m’a envoyé un message pour me dire que je venais d’être choisi, se souvient Max Lajoie.
Il a été un peu surpris que ce soit à Ottawa, car sur les 12 équipes qu’il avait rencontrées quelques semaines auparavant, les Sénateurs avaient été les plus durs avec lui pendant l’entrevue.
L’ancien élève de l’École Sainte-Marguerite Bourgeoys dit qu’il a toujours fait partie des équipes de plus haut niveau, mais qu’il n’a jamais été le meilleur joueur de son groupe.
On me dit souvent que je suis bon dans tous les aspects du jeu, mais que je ne m’illustre pas particulièrement dans un de ces aspects, dit-il.
Si certains connaissent le nom de Max Lajoie, c'est surtout en raison de son talent offensif. C’est drôle, avoue le joueur maintenant âgé de 28 ans, car j’ai toujours été plus fier de mon jeu défensif.
Débuts au hockey professionnel

Max Lajoie a marqué son premier but à son premier match dans la LNH.
Photo : Getty Images / Jana Chytilova/Freestyle Photo
Durant la saison 2018-2019, il fait ses débuts dans la LNH. Il dispute 56 matchs avec les Sénateurs : il inscrit sept buts et ajoute huit mentions d’aide. À son premier match contre les Blackhawks, il marque un but et ajoute une aide. Il est aussi nommé première étoile de la rencontre.
L’entraîneur Guy Boucher lui faisait alors extrêmement confiance. Je pense que je jouais peut-être trop, constate Max Lajoie, 22 minutes par match, c’est beaucoup pour un défenseur recrue.
C’est plus facile de se rendre à la LNH que d’y rester, dit, philosophe, celui qui pensait être devenu un joueur à plein temps au sein de la Ligue.
L’année suivante, les Sénateurs ont un nouvel entraîneur et le nouveau venu, D.J. Smith, n’a pas la même confiance dans son défenseur. Celui-ci amorce la saison dans la Ligue américaine (LAH) avec les Sénateurs de Belleville. Il ne dispute que six rencontres dans la LNH durant toute la saison, n’étant utilisé en moyenne que 7:49 minutes par partie.
Le 12 janvier 2021, les Sénateurs l’échangent aux Hurricanes avec qui il dispute 10 matchs (huit en saison et deux en séries éliminatoires) en trois saisons. Dans la Ligue américaine, il remporte le championnat avec les Wolves de Chicago, à sa deuxième saison au sein de l’organisation des Hurricanes.

Max Lajoie a passé trois saisons dans l'organisation des Hurricanes de la Caroline.
Photo : usa today sports / James Guillory
Après une saison dans l’organisation des Maple Leafs (sept matchs dans la LNH) et une autre dans celle du Kraken (aucun match dans la LNH), il se retrouve à nouveau joueur autonome.
Guy Boucher, maintenant entraîneur-chef de l’Avangard d’Omsk dans la Ligue continentale de Russie (KHL), invite Max à se joindre à son équipe.
Omsk est une ville d'un peu plus de 1 million d'habitants, situé dans le sud de la Sibérie.
Le marché était difficile pour des gars comme moi, je cherchais une offre où j’aurais la chance de jouer dans la LNH, mais toutes les offres que je recevais étaient des offres de Ligue américaine, se souvient Max Lajoie.
J’ai attendu deux semaines, pour voir s’il y avait de nouvelles offres, mais la Russie commençait à mettre de la pression.
Il a donc décidé d’accepter l’offre de son ancien entraîneur et a signé un contrat avec l’Avangard.
L’aventure russe

Max Lajoie s'est joint à l'Avangard d'Omsk pour la saison 2025-2026.
Photo : Avangard d'Omsk
L’été de Maxime Lajoie prend fin plus rapidement qu’à l’habitude, car il doit se rendre en Russie pour le début de la saison. Contrairement à la LNH et à la LAH, qui amorcent leur saison en octobre, c’est en septembre que sont disputés les premiers matchs dans la KHL.
Tout est un peu différent une fois là-bas, affirme Max Lajoie. La langue est la principale différence, c’est une langue difficile à apprendre. On connaît quelques mots, mais c’est tout.
Heureusement pour lui et pour les autres Nord-Américains au sein de l’équipe (ils sont cinq), la plupart des Russes au sein de l’équipe parlent aussi anglais. Quand Guy Boucher s’adresse à ses joueurs, il le fait en anglais et les entraîneurs adjoints traduisent en russe au besoin.
Les Russes de l’équipe sont très gentils avec nous, ils nous incluent dans les activités. Ils savent qu’on ne vient pas prendre la place d’un autre Russe, qu’on est ici pour les aider à gagner.

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Patrick Henri nous présente ce Franco-Albertain qui joue au hockey en Sibérie.
Photo : Fournie par le KHL
Sur la patinoire, le défenseur retrouve rapidement ses repères, surtout que l’entraîneur utilise le même système de jeu qu’il utilisait quand il était derrière le banc des Sénateurs.
Il connaît jusqu’à maintenant une excellente saison avec 33 points en 49 parties, ce qui le place au quatrième rang des marqueurs de son équipe et au cinquième rang des marqueurs parmi tous les défenseurs du circuit.

Malgré la barrière de la langue, Max Lajoie dit que l'ambiance est très bonne au sein de l'Avangard.
Photo : Avangard d'Omsk / Pavel Tabarchuk
Un pays en guerre?
Max Lajoie avoue qu’il se sentait un peu nerveux à l’idée d’aller en Russie. Quelques joueurs avec qui il avait discuté avaient vécu de mauvaises expériences dans la KHL, mais la plupart d’entre eux lui avaient parlé en bien de la ligue.
Le fait que la Russie est en guerre contre l’Ukraine inquiétait aussi le hockeyeur et sa famille.
Depuis que je suis ici, rien ne laisse voir que le pays est en guerre, affirme-t-il. Les gens que l’on croise en ville ou que l’on voit aux matchs sont des gens gentils et heureux.
Le Calgarien est impressionné de les voir faire plusieurs activités à l’extérieur, malgré le froid qui caractérise la Sibérie.
Comme la Russie est un grand pays, l’équipe voyage beaucoup. Max Lajoie dit qu’il se sent toujours en sécurité lorsqu’il voyage dans le pays.
Le hockey est très populaire ici. Les gens nous voient nous déplacer en équipe et nous n’avons jamais eu de problème, souligne-t-il.
Sans dire qu’il est tombé en amour avec le pays, Max Lajoie s’y sent suffisamment bien pour recevoir la visite de ses parents et de sa fiancée, qui vont profiter de la pause du match des étoiles pour visiter la Russie.
J’ai hâte de les voir, je suis seul ici depuis six mois, s’exclame-t-il.
Et l'avenir?
Max Lajoie espère encore pouvoir rejouer un jour dans la LNH. Il ne se fait pas d’illusions cependant, car à 28 ans, il se fait un peu vieux.
La LNH est de plus en plus jeune, chaque année, il y a de nouveaux jeunes joueurs qui font leurs débuts et ça devient de plus en plus difficile de faire sa place.
Il est convaincu qu’il a le potentiel de connaître du succès dans la LNH, si on lui en donne la chance.
En attendant, il négocie, avec l’Avangard, les termes d’un nouveau contrat qui lui permettrait de passer une autre saison en Russie.


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