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Marilou Harvey, la nouvelle cadette des Roses

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Elle est la plus jeune joueuse de l’édition 2026 des Roses de Montréal. À 16 ans, Marilou Harvey incarne cette nouvelle génération de jeunes filles qui rêvent de jouer au soccer professionnellement. Portrait d’une joueuse discrète, mais redoutable, au parcours atypique. 

Longtemps sous le radar du soccer québécois, elle s’est développée en Estrie, avant de faire un saut déterminant avec le Club de soccer St-Hubert. À l’automne 2023, une amie lui a proposé de venir s’entraîner avec elle en remplacement d’une autre joueuse.

Tout de suite, lors de sa première pratique, on savait que c’était une joueuse avec un talent hors norme, une joueuse capable de changer un match, raconte son entraîneuse  Valérie Daraîche, qui l’a dirigée pendant près de trois ans avec le CS St-Hubert. Une période qui a placé les bases de son ascension vers le grand club. 

Sur le terrain, Marilou Harvey s’est rapidement imposée, malgré une attention constante des équipes adverses. Je me souviens à l’époque, d’un moment marquant en 2024. On tirait de l’arrière 0-2 à la mi-temps. Elle a marqué deux buts et ajouté une passe en deuxième demie pour nous faire gagner 3-2 ajoute-t-elle. Elle travaille extrêmement fort, mais tout ça dans la bonne humeur, poursuit l’entraîneuse. 

Lors de son passage avec le CS St-Hubert, elle est alors âgée de 14 ans et elle joue en catégorie M16 PLSJQ, soit le plus haut calibre au Québec pour les jeunes filles. En 2025, elle a aussi pris part à plusieurs matchs en M15 pour aider l’équipe à se classer pour les championnats canadiens à Edmonton.

L’équipe s'est classé et a remporté la médaille d’or, confie son père, Karl Harvey, avec fierté. 

Sa progression se poursuit

Une joueuse de soccer

Marilou Harvey des Roses de Montréal (au centre)

Photo : Roses de Montréal/Pablo A. Ortiz

Son parcours a pris un autre tournant important en 2024, justement lors du même championnat qui se déroule dans l’Ouest du pays. Quand Marinette Pichon, directrice sportive chez les Roses, l’a remarqué et a promis à Marilou de suivre son développement. 

 C’était une belle rencontre, c’était un coup de cœur sportif. Elle avait déjà cette qualité athlétique, cette qualité de percussion. Qualité de vitesse, qualité de garder le ballon dans les pieds, explique la directrice sportive des Roses.

Aujourd’hui, elle fait partie du paysage des Roses. On ne voit pas la différence, on ne dirait pas qu’elle a 16 ans. Elle s’impose.

Mais le chemin vers les Roses de la jeune révélation a été jalonné d’étapes tout aussi importantes les unes que les autres et qui ont assuré que sa montée fulgurante se poursuive, raconte son paternel.

À l’automne 2024, Soccer Québec l’a sélectionné pour le programme haute performance, tout en continuant avec le CS St-Hubert, les M17 cette fois jusqu’en août 2025, puis elle a participé aussi aux Jeux du Canada comme seule joueuse née en 2009 parmi les 2008. Et elle revient avec une médaille d’argent, mentionne-t-il avec fierté. 

Entre-temps, une opportunité s’est présentée aux États-Unis, Elle avait reçu une bourse à Choate Rosemary Hall, une école prestigieuse. Elle a débuté là-bas le 28 août 2025. L’adaptation a été difficile. Elle allait bien au soccer, mais le calibre et l’intensité n’étaient pas là. Elle ne se voyait pas y rester trois ans, conclut le paternel de la joueuse. 

Un appel qui va tout changer

Marinette Pichon répond aux questions d'Olivier Tremblay.

Marinette Pichon, directrice sportive des Roses de Montréal

Photo : Radio-Canada

Son père a alors décidé de contacter Marinette Pichon suivant la décision de sa fille de revenir au pays. La directrice des Roses a tenu parole et elle a continué de suivre la jeune attaquante talentueuse.  

Marinette Pichon a rencontré les Harvey en novembre 2025 et a offert deux options à Marilou. Soit, d'arriver dès février au camp ou de terminer l’année scolaire et de se joindre aux Roses en juin. Marilou n’a pas hésité. Elle a décidé de revenir rapidement pour terminer son cinquième secondaire ici et de se joindre aux Roses pour le camp d’entraînement en février. 

Une décision qui la mène aujourd’hui à réaliser son rêve. C’est vraiment spécial, je suis vraiment reconnaissante de l’opportunité que j’ai. C’est sûr que si on m’avait dit ça deux ans avant, je ne l’aurais pas cru, assure Marilou Harvey. 

Sur le terrain, peu de mots, mais des gestes décisifs. Une joueuse capable de changer un match selon plusieurs, tout en gardant le plaisir au cœur de son jeu.

Si on met les efforts et que la motivation n’est plus là, ça ne marche pas. Il faut toujours avoir du plaisir sur le terrain, raconte la joueuse de 16 ans. Elle ajoute : Je ne pense à rien sur le terrain, c’est là que je suis bien.  

Voici le message qu'elle avait pour les jeunes joueuses d'ici, Toujours croire en ses rêves, travailler fort, mais toujours dans le plaisir, conclut-elle avec un grand sourire réservé.

Fierté et reconnaissance 

Son père, lui, observe le tout avec recul et fierté : Je suis aussi très impressionné de voir que Marinette a tenu sa parole en 2024 sur le fait qu’elle allait suivre Marilou. [...] Je souhaite simplement que Marilou soit heureuse et qu’elle s’amuse peu importe son chemin sportif ou académique. Qu’elle reste terre à terre dans toute cette aventure.

Les bons mots, elle les a aussi pour ses parents qui ont fait de nombreux sacrifices et qui l’ont toujours encouragée. Pour sa sœur aussi, plus jeune, qui est capitaine de son équipe de soccer et qui pratique le sport pour le plaisir.

Aujourd’hui, à seulement 16 ans, Marilou Harvey amorce déjà sa trajectoire vers le soccer professionnel, ici, chez elle, dans une équipe et une ligue qui permettent désormais aux jeunes Québécoises de rêver, sans quitter leur pays.

Jouer au Québec, c’est vraiment quelque chose de bien. De pouvoir parler en français, ça l’aide et de pouvoir jouer ici. Être proche de sa famille et de ses amies, c’est super, mentionne la jeune cadette des Roses. Un parcours non conventionnel, mais porteur d’espoir, qui pourrait inspirer toute une génération de futures joueuses.

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