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L'artiste visuel québéco-haïtien Manuel Mathieu participera à l’exposition Minor Keys lors de la très prestigieuse Biennale de Venise, qui se déroulera du 9 mai au 22 novembre.
Artiste prolifique et multidisciplinaire au succès international, Manuel Mathieu a été invité à ce grand rendez-vous mondial de l’art contemporain par Koyo Kouoh, la commissaire de cet événement.
Cette curatrice suisso-camerounaise est décédée l’an dernier, quelques mois après avoir été être devenue la première femme africaine à se voir confier les rênes artistiques de la Biennale de Venise.
Arrivé à 19 ans à Montréal après une enfance et une adolescence passées en Haïti, Manuel Mathieu a développé une pratique explorant la peinture, la sculpture, la céramique, la réalisation cinématographique et, depuis peu, l’art de la parfumerie.
À la Biennale, le premier artiste noir canadien à être représenté au Musée des beaux-arts de Montréal exposera plusieurs de ces formes.

Manuel Mathieu au milieu de ses toiles dans son atelier montréalais
Photo : Radio-Canada / Ivanoh Demers
L’art n’a pas besoin de crier pour nous émouvoir
L’œuvre de Manuel Mathieu explore aussi bien la tension entre le passé et le présent qu’entre l’intime et le politique ainsi que les thèmes de la violence infligée par l’histoire, notamment aux peuples noirs, de l’effacement, de la mémoire et de l’héritage spirituel.
Ce qui a résonné en moi dans la vision de Koyo Kouoh, c’est la confiance qu’elle accorde à notre fragilité. L’art n’a pas besoin de crier pour nous émouvoir. Le langage de l’âme est celui du murmure, a-t-il indiqué, mercredi, dans un communiqué.
Venant d’un territoire marqué par l’effacement, les formes les plus précieuses de notre survie résident dans notre intimité. Cette Biennale est un espace où ces résistances silencieuses peuvent enfin être entendues.
Des figures intellectuelles comme Koyo Kouoh nous rappellent que la perpétuation des récits dominants produit une homogénéité qui émousse notre empathie et affaiblit notre capacité à entrer véritablement en relation les uns avec les autres, a-t-il également ajouté.
À Montréal, New York, Paris…
Manuel Mathieu fait, jusqu’au 8 mars, l’objet d’une exposition exhaustive intitulée Unité dans la noirceur et organisée dans l'un des édifices de PHI, dans le Vieux-Montréal.
Depuis cet automne, son travail peut aussi être admiré à la station Édouard-Montpetit du REM. Il a utilisé des morceaux de roche issus de l’excavation du Mont-Royal réalisée lors du prolongement du REM pour créer Le mont habité, une œuvre en cinq mosaïques.

Cinq mosaïques de l'artiste Manuel Mathieu ornent les murs de la station du REM Édouard-Montpetit.
Photo : Radio-Canada / Charles Contant
Cette année, Manuel Mathieu exposera également à New York, à Paris et à Montréal – à la Galerie Hugues Charbonneau, où il présentera de nouvelles toiles à compter du 5 mars.
De plus, il fait partie des huit finalistes en lice au 40e Grand Prix du Conseil des arts de Montréal, qui sera décerné le 2 avril.


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