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Si vous prévoyez acheter une maison dans les MRC de Témiscouata ou de La Mitis prochainement, vous devrez dépenser deux fois et demi plus d’argent qu’il y a 10 ans.
Le prix médian des maisons unifamiliales a explosé au Bas-Saint-Laurent depuis 2016, mais c'est dans ces deux MRC que les augmentations sont les plus marquées, selon l’Association professionnelle des courtiers immobiliers du Québec (APCIQ). Cette forte hausse pousse des acheteurs à ne pas exiger d’inspection ni de garanties légales pour l’achat de leur maison.
En 2016, pour une résidence unifamiliale située au Bas-Saint-Laurent, les acheteurs devaient payer environ 140 000 $, un prix extrêmement bas selon Charles Brant, directeur de l’analyse de marché de l’APCIQ. En 2026, le prix médian a atteint 311 500 $.
La hausse de prix la plus marquée se trouve dans la MRC de Témiscouata, où le prix médian est passé de 81 250 $ à 211 250 $.
Selon le courtier immobilier Serge Normand, le marché immobilier de ce secteur a longtemps été faible, favorable aux acheteurs. Mais depuis quelques années, certaines personnes veulent retourner en région après avoir fait une partie de leur carrière dans les grands centres. C'est ce qui explique en partie l'importante augmentation du prix des maisons.
Ils vendent leur propriété à gros prix par rapport à ce qu'ils recherchent dans la région du Témiscouata. Puis, ils réussissent à mettre la main sur des propriétés vraiment abordables dans des secteurs avec des grands terrains, près des lacs, la chasse, indique le courtier.

Vue sur le lac Témiscouata, à partir du quartier Notre-Dame-du-Lac à Témiscouata-sur-le-Lac.
Photo : Radio-Canada / Andréanne Lebel
Les maisons sont donc plus en demande et vendues rapidement, explique M. Normand. Par conséquent, selon lui, il vaut mieux acheter une propriété plus humble et bénéficier de l’inflation, plutôt que de la subir.
N’attendez pas cinq ou six ans pour voir la maison de vos rêves, parce qu’elle augmente de prix plus vite que votre capacité d’épargne. C’est comme un chat qui court après sa queue.
Il conseille également aux acheteurs d’éliminer toutes les dettes liées aux cartes de crédit ou à l’acquisition d’un véhicule, par exemple, pour maximiser leur capacité d’emprunt et avoir ainsi une marge de manœuvre.

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Les prix de vente des résidences unifamiliales ont rapidement augmenté dans la MRC de Témiscouata au cours des dix dernières années.
Photo : Radio-Canada / Andréanne Lebel
Des maisons chères et rares, sans garanties légales
Un phénomène de double rattrapage expliquerait la progression rapide des prix au Bas-Saint-Laurent.
C’est sûr que ça a créé un engouement lors de la pandémie, notamment avec l’arrivée de personnes qui provenaient d’autres régions, avec un travail à distance et un salaire des grandes villes. Ce sont des gens qui ont pu acheter des maisons plus facilement, ce qui a permis une accélération de la hausse des prix. Il y a certainement des cas de surenchère aussi, analyse Charles Brant.
Un autre facteur a contribué à cette hausse rapide des prix, selon Charles Brant de l’APCIQ. Certaines personnes âgées ont décidé de rester plus longtemps dans leur maison unifamiliale, ce qui a freiné le renouvellement des propriétés disponibles sur le marché et a contribué à tirer les prix vers le haut. Cette situation crée des enjeux d’accès à la propriété.
Il y a beaucoup de gens qui avaient des revenus plus modestes, qui pouvaient avant accéder à la propriété, qui ne le peuvent plus.

Les prix des maisons ont connu une forte augmentation partout sur le territoire du Bas-Saint-Laurent depuis 2016.
Photo : Radio-Canada / Patrick Bergeron
En raison de la pression sur le marché immobilier, certains acheteurs font le choix d’acheter une propriété sans garantie légale, sans inspection et de mettre le moins de conditions possible à leur offre d’achat, ajoute M. Brant.
Un marché abordable par rapport au reste du Québec
Selon une étude publiée par l’APCIQ à la fin de 2025, pour acquérir une résidence unifamiliale au Bas-Saint-Laurent, il faut mettre sur la table une mise de fonds d’environ 15 000 $. C’est un montant inférieur à la moyenne provinciale qui se chiffre à 25 000 $. L’écart est très important et ça contribue à attirer des gens intéressés à s’installer au Bas-Saint-Laurent, complète Charles Brant de l’APCIQ.
L'Association coopérative d’économie familiale du Grand-Portage remarque les effets concrets de cette explosion du prix des maisons et la hausse des taux d’intérêt sur les budgets des ménages dans la région.
Chez les propriétaires, cela se traduit notamment par une diminution marquée de la marge de manœuvre financière, des budgets de plus en plus serrés et une compression des dépenses liées à l’augmentation des coûts hypothécaires, explique la coordonnatrice de l’ACEF du Grand-Portage, Sonia St-Pierre.

Les prix de vente des résidences unifamiliales ont rapidement augmenté dans la MRC de Témiscouata au cours des dix dernières années.
Photo : Radio-Canada / Andréanne Lebel
Avec le contexte économique actuel, le fléchissement du marché de l’emploi et les effets des tarifs douaniers, Charles Brant de l’APCIQ anticipe un ralentissement de la hausse des prix des résidences unifamiliales.
Selon lui, il y a toutefois peu de chances que les prix diminuent dans la région du Bas-Saint-Laurent, parce que le marché y est encore considéré comme abordable, même s’il est déséquilibré à la faveur des vendeurs.


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