Il était très attendu. Mais aussi très disputé, ce qui lui a valu d’être reporté plusieurs fois. C’est finalement ce mercredi que la Commission européenne a présenté son plan visant à réindustrialiser le continent, renforcer la compétitivité de l’Europe et lutter contre la concurrence chinoise. L'«Industrial Accelerator Act» (IAA), défendu par Stéphane Séjourné, commissaire européen chargé de la prospérité et de la stratégie industrielle, est souvent résumé à deux slogans: «Buy European» ou «Made in Europe». Et la Suisse n’en sera pas écartée. C’est du moins ce qu’a promis la présidente de la Commission Ursula von der Leyen. Interrogée lundi à ce propos en marge de la cérémonie de signature des paquets d’accords Suisse-UE avec le président de la Confédération Guy Parmelin, elle a été très claire: la Commission n’a «aucun intérêt à exclure la Suisse, qui est un partenaire important». Berne respire.
Concrètement, la législation vise à préserver, redynamiser et décarboner des secteurs industriels stratégiques en difficultés, comme la filière automobile étouffée par la concurrence chinoise qui pourrait perdre jusqu’à 600 000 emplois dans les 5 à 10 ans à venir. But visé: ramener l'industrie à 20% du PIB européen d'ici 2035, contre 14 % aujourd'hui. C’est bien la mise en place d’une «préférence européenne» qui est la mesure phare du projet Séjourné. Et qui a provoqué des crissements de dents à cause de son caractère protectionniste pas vraiment au goût de tous. «C’est plus qu’un simple changement de mode opératoire, c’est un changement de doctrine encore impensable il y a seulement quelques mois», a confirmé mercredi le vice-président de la Commission.


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