Longtemps, les nuisances engendrées par le bruit, fort, très présent, restaient en arrière-plan, comme si ce problème allait de soi dans nos logements. Aujourd’hui, le confort sonore s’impose comme un critère central de la qualité de vie. En cause, notamment, des rythmes de vie toujours plus soutenus et plus éprouvants pour les oreilles. «Sur l’Arc lémanique, la densité de population augmente. Mécaniquement, il y a plus d’activités sur un même territoire… et donc plus de bruit», décrit Philippe Martin, acousticien chez AER Acousticiens Experts à Lausanne. A cette pression démographique s’ajoute un tournant plus récent. Télétravail et période covid ont en effet profondément modifié notre rapport à l’habitat. «Ces dernières années, les gens ont passé beaucoup plus de temps chez eux et ont été davantage confrontés au bruit des voisins», poursuit Philippe Martin.
Même constat, plus nuancé, du côté de l’EPFL. Hervé Lissek, maître d’enseignement et de recherche et expert en acoustique, évoque lui aussi un possible «effet covid», lié à la baisse temporaire des bruits de trafic et d’activités, qui a pu renforcer la perception du silence et, par contraste, celle des nuisances. «Le calme est rare et notre environnement est très sonore», résume-t-il.


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