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Les joueurs du Paris Saint-Germain (PSG) sacrés samedi champions d'Europe face à Arsenal pour la deuxième fois d'affilée étaient attendus dimanche comme des héros pour des célébrations sous haute surveillance dans la capitale, après une nuit de liesse émaillée d'incidents, et endeuillée par la mort d'un jeune homme.
Ce sacre qui fait entrer le PSG dans la légende a en effet basculé une partie de la soirée dans le chaos et la violence un peu partout en France, qui a fait 219 blessés, dont 8 grièvement. Il y a eu 780 interpellations, dont 457 gardes à vue, soit une hausse de 32 % par rapport à l'an dernier, selon les derniers chiffres fournis par le ministre de l'Intérieur, Laurent Nunez.

La soirée a basculé dans la violence, avec 219 personnes blessées et 780 autres, interpellées.
Photo : Reuters / Abdul Saboor
Un jeune homme d'une vingtaine d'années est mort dans la nuit après avoir heurté avec sa motocross des blocs de béton installés sur une bretelle de sortie du périphérique parisien.
Abribus explosés, bris de verre, poubelles et véhicules incendiés, vélos retournés... Dimanche matin, les signes de ce déchaînement de violence étaient encore visibles dans de nombreux arrondissements, où les agents municipaux s'affairaient à nettoyer des rues jonchées de débris en tout genre.
Des incidents sont survenus dans de nombreuses villes, avant que le calme revienne vers 1 h du matin. Il y a eu, par exemple, 18 interpellations à Toulouse, où des poubelles et scouters ont été brûlés, 5 à Montpellier pour tentative de vol par effraction, dégradations et violences sur agents des forces de l'ordre, selon des sources policières. Les policiers ont notamment essuyé des jets de canettes et de pierres.

Le calme est revenu vers 1 h du matin.
Photo : Getty Images / STEPHANE MOUCHMOUCHE
Des faits similaires ont été constatés à Bordeaux (16 interpellations), Rennes, Nantes, Lyon, Nice, Nancy, Strasbourg, Grenoble, Pau, Niort, Limoges, Poitiers, Tours, Cannes, Valenciennes, Angers et Annecy.
Le Rassemblement national a été le premier à réagir dès samedi soir après ces débordements violents, sa cheffe de file, Marine Le Pen, regrettant sur X qu'il n'y ait qu'en France où la victoire d'un club de foot provoque des émeutes.
Les festivités prévues dimanche à Paris pour le retour des joueurs ont du coup pris une autre dimension, désormais accompagnées de crainte de nouveaux débordements. Selon la préfecture de police de Paris, 5780 membres des forces de l'ordre vont être mobilisés pour sécuriser ces célébrations.
Cette journée doit pourtant honorer des joueurs auteurs d'un exploit rare dans le football avec cette deuxième Ligue des Champions d'affilée. Les athlètes, qui doivent partir de Budapest, sont attendus vers 15 h à l'aéroport Charles de Gaulle. Ils se rendront vers 16 h au Champs de Mars, où plus de 80 000 personnes sont attendues, avant d'être reçus par Emmanuel Macron à l'Élysée vers 18 h.
Puis, à partir de 19 h 30, ils seront fêtés par leurs supporteurs dans leur écrin du Parc des princes.
Les Gunners rentrent aussi à Londres avec une cérémonie prévue pour fêter leur titre en Premier League – leur premier en 22 ans – qui aura toutefois un goût plutôt amer.

Des partisans d'Arsenal rassemblés avant le défilé de la victoire à Londres
Photo : Reuters / Matthew Childs
Un vestiaire boîte de nuit
Cette soirée aura fait entrer le PSG dans un cercle très fermé, aux côtés des plus grandes équipes de l'histoire, comme le Real Madrid et ses trois Ligues des champions successives (2016, 2017, 2018) ou l'Ajax Amsterdam, si l'on remonte plus loin. Le club parisien appartient désormais à la caste des clubs aux deux Ligue des champions (13) et celle, plus intime, des équipes qui ont réussi le back-to-back (9).
Pour le Paris Saint-Germain, c'était l'occasion de montrer clairement que cette équipe est dynastique, indique le Guardian britannique.
Il n'y a pas beaucoup d'équipes qui ont réussi le back-to-back, donc on est très fier de nous. On a déjà marqué l'histoire, disait samedi soir Nuno Mendes.
Après la remise du trophée, dans un vestiaire devenu boîte de nuit le temps d'une heure, les joueurs ont chanté, dansé, crié, avant de rejoindre le bus, où ils ont continué à festoyer.
Dans les couloirs du stade, Joao Neves, Marquinhos et Nuno Mendes avaient du mal à se faire entendre devant la presse, gênés par les klaxons et pressés par leurs coéquipiers, désireux de regagner leur hôtel et leur famille pour un grand dîner collectif. Ce repas s'est prolongé une bonne partie de la nuit.


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