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La ligne à haute tension de 315 kV traversera une quarantaine de municipalités pour relier le poste des Appalaches de Saint-Adrien-d’Irlande à un nouveau poste qui sera situé à Saint-Honoré-de-Témiscouata, dans le Bas-Saint-Laurent.
Jeudi matin, Hydro-Québec a mis en ligne les tracés plausibles pour la ligne à haute tension pour lesquels elle affirme avoir tenu compte de critères environnementaux et sociaux, notamment.
On touche 40 municipalités où on essaie de trouver le meilleur point de passage en fonction de tout ce qu'on entend.
Cette ligne de 260 kilomètres qui doit transporter de l’énergie éolienne nécessite une emprise de 70 mètres de large qui affecte, dans sa forme actuelle, quelque 500 propriétaires privés, surtout dans la région de Chaudière-Appalaches.
Depuis 2024, Hydro-Québec travaille sur un tracé qu’elle qualifie de moindre impact pour le transport d’électricité, étudiant un large corridor de 9000 mètres carrés qu’elle a présenté aux communautés touchées au cours des derniers mois.

Deux options sont proposées pour traverser la rivière Chaudière, à la hauteur de Sainte-Marie et de Vallée-Jonction, et la rivière des Etchemins.
Photo : Carte fournie par Hydro-Québec
Cette fois, elle resserre encore plus la zone ciblée, contournant des éléments géographiques comme le Massif du Sud ou des infrastructures comme les éoliennes déjà présentes sur le territoire, allant jusqu’à proposer un seul tracé pour toute la moitié est du territoire où se trouvent davantage de terres publiques.
La portion ouest du tracé propose davantage de variantes, une au nord et une au sud du corridor à l’étude, ainsi que quelques variantes localisées, comme à Kinnear’s Mills, Armagh, Saint-Nérée-de-Bellechasse, Frampton et Saint-Pierre-de-Broughton.
Le défi des érablières
Un des éléments qui a ressorti beaucoup dans toutes les rencontres qu'on a faites, c'est la protection du milieu acéricole [...] puis évidemment tout ce qui est milieu bâti, donc tout ce qui est maison, bâtiment de ferme, etc., avance Louis Grenier, ingénieur, gestion de projets à Hydro-Québec.
Hydro-Québec affirme avoir considéré, puis rejeté, l’option de rallier des lignes de transport existantes parce que cela aurait impliqué de rallonger la ligne. On touche beaucoup plus d'érablières, donc plus de propriétaires, donc plus d'impact, estime Louis Grenier.

Les zones en vert pâle représentent des peuplements acéricoles exploités ou non.
Photo : Radio-Canada / Eugénie Emond
Hydro-Québec affirme notamment devoir y composer avec un nombre élevé de propriétaires privés et de peuplements acéricoles, exploités ou non, pour lesquels elle dit vouloir minimiser les répercussions. L’acériculture, en partant, c'est pas compatible avec une ligne de transport. Donc, le droit de passage implique de couper des arbres, reconnaît Louis Grenier.
Mais la société d’État affirme n’avoir d'autres choix que de traverser les érablières, notamment à la limite est du poste de Saint-Adrien-d’Irlande, et de passer par des municipalités comme Kinnear’s Mills, dont l'économie repose en grande partie sur l'acériculture.
À Kinnear's Mills, la population a exprimé son opposition au projet et la Municipalité a adopté une résolution en ce sens en juillet dernier.

Selon le maire de Kinnear's Mills, l'entièreté de la population de la municipalité est contre un tracé de ligne à haute tension qui passerait sur leur territoire. (Photo d'archives)
Photo : Radio-Canada / Philippe Grenier
Au départ, on avait regardé avec notre grande zone d'étude une possibilité d'aller en haut [de Kinnear’s Mills], mais en haut aussi, c'est d'autres éléments et on touche à des érablières aussi. On se rapproche des périmètres urbains de Saint-Jacques-de-Leeds et de Saint-Sylvestre, indique Louis Grenier.
Des dés joués d’avance?
Avec cette proposition de tracés, Hydro-Québec affirme que les dés ne sont pas encore joués et qu’elle tiendra compte des idées reçues lors des journées portes ouvertes à venir au cours des prochains mois. Une première journée de ce type est prévue le mardi 24 février à Kinnear's Mills.
Or, Hydro-Québec a rencontré mercredi le conseil municipal de Kinnear's Mills et trois membres du comité citoyen en amont du dévoilement des tracés. Stéphane Guay, conseiller municipal et président du comité citoyen, déplore que le tracé soit déjà bien défini. On peut faire des petites interventions, mais on est dans la microchirurgie, a-t-il souligné.

Deux variantes du tracé sont proposées à Kinnear's Mills et à Saint-Pierre-de-Broughton.
Photo : Carte fournie par Hydro-Québec
Il affirme également ne pas comprendre pourquoi la municipalité est toujours considérée comme de moindre impact.
Hydro-Québec affirme être à l’aise avec les options proposées, et dit ne pas vouloir créer des impacts ailleurs.
Peut-être que les gens auront des idées, soit au niveau des tracés, soit au niveau des mesures d'atténuation comme telles [...]. Par exemple, on parlait d'écrans visuels. Des fois, on peut travailler la topographie sur la répartition des pylônes, explique Hélène Perrault, chef de projets à Hydro-Québec
Un tracé final sera présenté à la fin de 2026. Il devra ensuite être évalué par le ministère de l’Environnement, de la Lutte contre les changements climatiques, de la Faune et des Parcs.
La divulgation de ces tracés survient alors que la ligne Appalaches–Maine, qui transporte l'hydroélectricité du Québec vers le Maine, vient d'être mise en service il y a un mois, le 16 janvier dernier.


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