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Les Amis de la Sèvre Nantaise et affluents dressent un constat inquiet sur la gestion de l'eau. Face à un état écologique en recul, l'association veut porter la voix des rivières.
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Par Rédaction Clisson Publié le 23 mars 2026 à 8h46
Créée en 2010, l’association, située au Pallet, s’est d’abord consacrée à la Sèvre Nantaise avant d’intégrer officiellement les affluents après un rapprochement avec la MEN en 2022-2023. « Nous avons voulu refléter la réalité du bassin. Ajouter les affluents, c’était aussi accueillir de nouveaux adhérents », explique Jean-Luc Salvat. En 2025, l’association compte 41 membres.
Au cœur du rapport moral, une critique récurrente : la complexité des acteurs. « Assureurs, ministères, syndicats de rivière, agences de l’eau, préfectures, BRGM, OFB, industriels, agriculteurs, associations… Cela en fait des organismes », énumère le président.
On sent bien le millefeuille. Tout le monde s’occupe de tout, sans forcément partager les mêmes objectifs.
Jean-Luc Salvat interroge l’efficacité globale : « Les lois, les rapports, les études, les travaux… et des résultats qui ne sont pas à la hauteur des espoirs. Des millions d’euros sont dépensés pour que l’état de nos rivières ne soit pas catastrophique. »
Des indicateurs en recul
Les chiffres cités lors de l’assemblée générale nourrissent l’inquiétude.
Selon les données administratives rappelées par l’association, 23,7 % des cours d’eau du bassin étaient en bon ou très bon état écologique en 2017 ; en 2025, ce taux tomberait à 21,4 %.
« Ce ne sont pas nos chiffres, ce sont ceux de l’administration », insiste Jean-Luc Salvat.
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Il évoque également un extrait du rapport de la Cour des comptes : « À l’échelle des eaux de surface, seuls 23 % seraient en bon état. Nous sommes loin des objectifs, notamment à cause des pesticides et de certaines pollutions industrielles ».
Le président salue toutefois certaines évolutions.
Les études HMUC – hydrologie, milieux, usages, climat – vont dans le bon sens. Il faut savoir combien d’eau il y a avant de donner des autorisations.
Mais il pointe un déploiement encore limité : « Trois études réalisées sur la Sèvre, quand il en faudrait une quarantaine ».
Pé-de-Vignard : dossier emblématique
Même réserve sur les PTGE (projets de territoire pour la gestion de l’eau) : « Un seul PTGE aujourd’hui sur l’ensemble Loire-Bretagne, alors que l’objectif affiché est d’une centaine d’ici 2027 ».
Parmi les exemples locaux, Jean-Luc Salvat revient longuement sur le moulin du Pé-de-Vignard.
« Sèvre Aval (ancien nom de l’EPTB) a vendu le bâtiment à la commune, mais a conservé la chaussée. Le moulin et son ouvrage hydraulique ont été dissociés », explique-t-il.
Or une chaussée n’est pas un accessoire : elle conditionne la gestion des niveaux d’eau.
L’association rappelle avoir poussé à une restauration complète du site, jugé « en décrépitude », et à la réutilisation du génie civil existant pour accueillir une micro-centrale hydroélectrique.
« Un appel à manifestation d’intérêt a été lancé. Avant l’été 2025, des groupements se sont positionnés. Depuis, plus rien », regrette le président, tout en se disant « confiant mais vigilant ».
Chaussées et continuité écologique
Sujet sensible : la destruction programmée de certains ouvrages hydrauliques.
La continuité écologique est devenue un concept de démolition systématique des chaussées et moulins.
« Pourtant, ces ouvrages ont longtemps permis de réguler les hauteurs d’eau et de limiter certains désordres hydrauliques ».
L’association dit rester opposée à l’inscription d’ouvrages en « priorité de destruction » sans concertation approfondie.
Hydroélectricité : un potentiel sous-estimé
Jean-Luc Salvat cite une étude relayée par la Fédération française des moulins.
La puissance cumulée des moulins équipables atteindrait 2,8 TWh par an, soit l’équivalent d’un réacteur nucléaire de 900 MW. Cela pourrait couvrir 50 % des besoins en éclairage public.
L’habitant du Vignoble nantais rappelle qu’environ 103 900 moulins et chaussées seraient recensés en France, dont 16 000 ouvrages détruits en quinze ans.
Pour l’année à venir, l’association prévoit la poursuite des contacts avec la presse locale, des actions de suivi d’ouvrages sur la Sèvre nantaise et la Maine, et la valorisation du petit patrimoine hydraulique.
« Nous manquons de moyens, mais pas de détermination », conclut Jean-Luc Salvat.
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