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À Chicoutimi, les messes de Noël sont toujours aussi populaires : pas moins de cinq célébrations se sont tenues cette année à la cathédrale Saint-François-Xavier, attirant un nombre croissant de jeunes familles et de fidèles fraîchement installés dans la région.
Le prêtre modérateur des unités pastorales du Saguenay, l’abbé Denis Côté, constate qu’il y a un regain dans l’assistance des messes, particulièrement pour les fêtes importantes, comme celle de Noël.
Celui qui est également responsable de la cathédrale a participé à la messe de minuit, présidée par Mgr René Guay. Il a remarqué qu’il y avait plus de gens à cette célébration que dans les années précédentes.
La tradition revient, on dirait. C’est très intéressant pour nous, affirme-t-il. En même temps, on voit qu’il y a une recherche de sens. Les gens veulent donner à cette fête une dimension religieuse, spirituelle.

L'abbé Denis Côté remarque un retour aux traditions pour plusieurs familles.
Photo : Radio-Canada / Béatrice Rooney
Pour certaines personnes, la messe de minuit est empreinte de tradition, de nostalgie ou encore de magie. Entendre le "Minuit chrétien", pour moi, ça vient me chercher dans mes émotions, dans mon enfance, confie Luc Gagné, qui assiste à la messe de 16 h depuis quelques années.
Les célébrations plus tôt dans la soirée ont aussi la cote, note l’abbé Pierre Bergeron.
On voit que les jeunes familles préfèrent les messes un peu plus tôt. Je pense que les gens trouvent ça pratique.

Pierre Bergeron a présidé quatre messes de Noël mercredi soir à Saguenay et à Saint-Honoré.
Photo : Radio-Canada / Béatrice Rooney
Des personnes rencontrées un peu avant la messe de 16 h ont expliqué que ces messes d'après-midi permettent de participer aux festivités avec leur famille, tout en renouant avec la tradition. J’ai une famille quand même encline à la religion, mon grand-père était diacre, indique Kevin Morneau. Je ne suis pas si croyant que ça, mais c’est une tradition chaque année et c’est important de la respecter.
Je viens à la messe de Noël depuis que je toute petite, raconte de son côté Lise Gagnon. Je crois encore, et il y a une pratique religieuse qui se fait chez moi.
Un programme chargé
L’organisation du diocèse de Chicoutimi ne le cache pas : avec le temps, présenter plusieurs célébrations dans toutes les églises est devenu un défi. On retrouve, par exemple, deux messes de minuit seulement dans la région, soit à Alma et à Chicoutimi.

La cathédrale Saint-François-Xavier de Chicoutimi était presque pleine, mercredi soir, à l'occasion de la traditionnelle messe de minuit.
Photo : Radio-Canada / Béatrice Rooney
En raison de la pénurie de prêtes, ceux-ci sont appelés à présider plusieurs messes. L’abbé Pierre Bergeron en a officié quatre lors de la soirée du 24 décembre dans les paroisses de Saint-Anne et de Saint-François-Xavier.
Actuellement, on réfléchit à la situation, explique-t-il. On sent bien qu’on ne pourra pas garder tout le nombre de célébrations qu’on a, étant donné le vieillissement des prêtres et le peu de relève à ce niveau-là.
Il y a également des célébrations auxquelles moins de gens assistent, alors des regroupements sont aussi envisagés.

Les membres de la chorale multiculturelle de Saguenay proviennent de la France et de plusieurs pays d'Afrique.
Photo : Radio-Canada / Béatrice Rooney
Le multiculturalisme à l’honneur
Depuis quelques années, une importante proportion de fidèles originaires de l'étranger assistent aux célébrations. Lors de la messe matinale du 25 décembre, c’est d'ailleurs la chorale multiculturelle de Saguenay qui s’est chargée de l’animation musicale.
Des chansons typiques de Noël, comme Les anges dans nos campagnes, se sont mariées à des rythmes d’inspirations africaines. Il y a des aspects que l’on veut garder parce que ça permet d’animer les célébrations, mais on essaie d’amener un peu de nous, c’est une manière de contribuer, explique Alfred Banoua, représentant de la chorale.
Et l’abbé Denis Côté prend un réel plaisir à partager le chœur de la cathédrale avec ces chanteurs. C’est toujours agréable parce que c’est dynamique. Ça change un peu de nos célébrations ordinaires.


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