NE LAISSER PAS LE 5G DETRUIRE VOTRE ADN Protéger toute votre famille avec les appareils Quantiques Orgo-Life® Publicité par Adpathway
Les beaux-arts à l'Université de Moncton attirent depuis plusieurs années peu d'étudiants, une réalité qui ne compromet pas pour autant la survie de ces programmes. Ils restent essentiels à l'épanouissement de la communauté acadienne, dit l'administration universitaire.
Depuis environ 15 ans, les programmes de musique, d'art dramatique et d'arts visuels, comptent une douzaine de diplômés chaque année.
Pour la session universitaire de 2025-2026, on y recensait 12 finissants.
Sachant que les finances de l'Université de Moncton sont précaires - la province a imposé un gel aux subventions des universités et l'administration universitaire a annoncé un déficit de 1,143 million pour l'année 2026-2027 - les programmes des beaux-arts pourraient-ils être appelés à disparaître en raison du faible nombre d'étudiants qu'ils attirent?
Absolument pas, dit le recteur de l'Université de Moncton, Denis Prud'homme.
On est la seule université francophone au Nouveau-Brunswick et on a une responsabilité sociale de s’assurer qu’on offre des programmes dans le milieu des beaux-arts pour contribuer au développement culturel de nos communautés francophones, particulièrement en situation minoritaire.

Denis Prud'homme, le recteur de l'Université de Moncton.
Photo : Radio-Canada
Le recteur souligne que l'Université travaille présentement sur un nouveau cadre de diplômes. Certains programmes pourraient développer des majeures et des mineures.
Par exemple, si quelqu'un souhaite faire une majeure en art dramatique et une mineure en entreprenariat, ce serait possible, explique Denis Prud'homme.
Une formation personnalisée
Depuis 2020, 68 étudiants des programmes de musique, d'art dramatique et d'arts visuels de l'Université de Moncton ont obtenu un diplôme.
Diplomation aux programmes de musique, d’art dramatique et d’arts visuels entre 2020 et 2025
| Bac. Musique (Interprétation) | 2 | 1 | 4 | 2 | 1 | 4 |
| Bac. Musique (programme général) | 4 | 4 | 3 | 4 | 4 | 2 |
| Bac. en art dramatique | 2 | 6 | 7 | 0 | 1 | 2 |
| Bac. en arts visuels | 1 | 1 | 1 | 1 | 7 | 4 |
| Total | 9 | 12 | 15 | 7 | 13 | 12 |
Même s'il est vrai que ces disciplines attirent chaque année très peu d'étudiants, certains ayant profité de ces programmes sont convaincus qu'ils ont encore leur place.
Dans un corridor orné d'œuvres d'art, Edmond Gagnon pense aux quatre dernières années passées au Département des arts visuels de l'Université de Moncton.
Ce jeune homme, qui rêve de faire de l'animation, est l'un de quatre diplômés de sa cohorte cette année. Il se dit reconnaissant d'avoir pu profiter de la formation généraliste offerte dans le cadre de son baccalauréat, une occasion qu'il aurait ratée s'il avait choisi une école spécialisée.
Les choses que j'ai appris ici, je ne pense pas que j'aurais apprises à une école qui enseigne purement l'animation. Toutes les classes de politique, de sociologie, de sciences politiques, ça m'a ouvert les horizons, souligne-t-il.

Edmond Gagnon, finissant du programme d'arts visuels de l'Université de Moncton.
Photo : Radio-Canada / Kristina Cormier
La comédienne Lilianne Cormier croit elle aussi qu'il peut y avoir du positif dans le fait que certains programmes attirent que peu d'étudiants. Il y a deux ans, elle était la seule finissante du Département d'art dramatique.
Le fait que le programme est tellement petit, puis d'avoir fini seule, pendant ma dernière année, ça a vraiment fait que j'avais une éducation qui a été faite sur mesure pour moi.
Contexte économique difficile
Mais qu'est-ce qui explique, au juste, que les formations du milieu des arts à l'Université de Moncton attirent aussi peu d'étudiants? Pour plusieurs intervenants du secteur, le contexte économique actuel y est pour quelque chose.
Marcia Babineau, comédienne et ancienne directrice du programme d'art dramatiques de l'Université de Moncton, se souvient que ce Département attirait à une certaine époque jusqu'à 30 étudiants.
Je pense que le souci économique fait en sorte qu'on a l'impression, dans la culture acadienne, que les arts et la culture, ce n'est peut-être pas la meilleure façon de gagner sa vie, explique-t-elle.

La comédienne et ancienne directrice du programme d'art dramatique à l'Université de Moncton, Marcia Babineau.
Photo : Radio-Canada
Le professeur en art dramatique, Mathieu Chouinard, est du même avis.
Est-ce que les parents vont être portés à encourager leurs enfants à aller dans des milieux où ces questionnements sont très présents, puis très médiatisés?

Mathieu Chouinard est professeur au département d'art dramatique de l'Université de Moncton.
Photo : Radio-Canada / Kristina Cormier
Lilianne Cormier entend souvent ces remarques liées au contexte économique.
Ça souvent été dit, mettons, quand moi j’ai dit que j’étudie en arts dramatiques, j’ai un bac en théâtre, c’est souvent que le monde fait : "y’a tu de la job là-dedans?",relate-t-elle.
La présence des arts à l'école
Le manque de visibilité des arts dans le système scolaire inquiète des professeurs universitaires et pourrait aussi, en partie, expliquer le faible nombre d'étudiants dans ces disciplines.
La professeure au Département de musique de l'Université de Moncton Monique Richard en fait partie.

Monique Richard est professeure au département de musique à l'Université de Moncton.
Photo : Radio-Canada / Kristina Cormier
Si on veut des étudiants en musique, il faut leur donner le goût d’aspirer à des carrières dans les arts et puis ça commence dans le milieu scolaire. On devrait avoir des exigences dans les arts, comme on en a pour les sciences, le français, les maths.
Selon la professeure, la musique est une discipline artistique un peu plus visible dans les écoles et pourrait contribuer au plus grand nombre de finissants.
On a peut-être réussi à garder davantage la musique dans les écoles avec des spécialistes qu’on a réussi dans le domaine des arts et dans les arts dramatiques, analyse ce qui a déjà travaillé au sein du système scolaire.
Afin de mousser l'intérêt pour les programmes artistiques, des groupes d'étudiants font la tournée des écoles dans le cadre du projet La caravane des arts.
L'objectif : initier les jeunes aux possibilités d'étude en arts.

La Caravane des arts de l'Université de Moncton débarque à l'école Sainte-Anne de Fredericton.
Photo : Radio-Canada / Mathieu Bernier
Vivianne Dupuis, finissante en arts visuels, a participé à la tournée.
J’ai trouvé que c’était vraiment bien. Je pense qu’il y avait vraiment des élèves qui étaient surpris de ce qu’on peut faire, puis vraiment intéressés. Puis, j’espère vraiment qu’il y en a qui vont décider de venir, dit-elle.
L'espoir demeure
Malgré les petites cohortes, le milieu artistique ne baisse pas les bras et entrevoit l'avenir avec espoir.
On est vraiment contents, parce qu’au niveau de la rétention, ça va bien et les chiffres se maintiennent depuis quelques années, explique Monique Richard.
Mathieu Chouinard est lui aussi optimiste pour la suite des choses.
L’espoir que les gens viennent, que les gens soient portés à venir étudier chez nous, avec nous. On voit juste une augmentation du taux d’inscriptions au cours des quatre dernières années.


12 hour_ago
19


























.jpg)






French (CA)