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Le projet d’indication géographique protégée pour le fromage à poutine du Québec est bien accueilli par les fromagers de l’Abitibi-Témiscamingue. La plupart d’entre eux devraient adhérer à ce programme qui sera offert de manière volontaire.
Avec ce projet, le Conseil des industriels laitiers du Québec (CILQ), qui regroupe près de 100 entreprises de transformation laitière, souhaite protéger cet élément du patrimoine culinaire québécois.

Le CILQ souhaite répondre aux besoins des gens qui veulent obtenir du fromage à poutine authentique. (Photo d'archives)
Photo : iStock / LauriPatterson
L'industrie a convenu qu’il serait important de protéger notre patrimoine, en particulier notre patrimoine culinaire, et le fromage en grains, qui est l'élément fondamental de la poutine. C'est quelque chose qui fait partie de notre culture depuis des décennies, a expliqué Charles Langlois, président-directeur général du CILQ, à l’émission Des matins en or.
Les fromagers de la région voient d’un très bon œil ce projet de certification pour un fromage à poutine authentique du Québec. Le cheddar en grains est un de leurs produits les plus populaires, que ce soit celui pour les collations ou celui coupé en plus petits morceaux et réfrigéré pour la poutine.

Le Fromage au Village, à Lorrainville, offre deux types de fromages en grains.
Photo : Radio-Canada / Bianca Sickini-Joly
Cette indication géographique protégée redonnera ses lettres de noblesse au fromage en grains. C'est du moins ce que croit Anne Barrette, propriétaire du Fromage au Village, à Lorrainville.
Je trouve que ça donne un autre statut à ce fromage qui n’est habituellement pas considéré comme du très haut de gamme.
Souvent, les gens vont dire : "Oh, vous faites du fromage en grains..." Ce n'est pas glamour de faire du fromage en grains. Je trouve que ça lui redonne un petit quelque chose. Quand j’ai vu la nouvelle, j’étais très heureuse de voir ça, confie Mme Barrette.
Cet avis est partagé par Jacquelin Sévigny, directeur d’usine de La Vache à Maillotte, à La Sarre.

« C'est sûr qu'on va vouloir y aller pour offrir ce produit avec l'appellation contrôlée du fromage à poutine », affirme Jacquelin Sévigny, de La Vache à Maillotte.
Photo : Gracieuseté
Cette appellation vient comme l'ennoblir un peu, pour dire : "Ah oui, là vraiment, ça, c’est un fromage à poutine, ça goûte ça", affirme-t-il.
Je trouve que c’est une très bonne idée de vouloir protéger le fromage en grains du Québec. C’est un produit originaire d’ici et ça met en valeur le savoir-faire des artisans fromagers d’ici. C’est très positif, renchérit Évelyne Rancourt, copropriétaire de Boréalait, à Amos.
Consolider en Ontario
L’indication géographique protégée aura une certaine portée au Québec, mais elle sera encore plus utile quand viendra le temps de vendre du fromage à poutine à l’extérieur. Par exemple, Le Fromage au Village et La Vache à Maillotte pourront profiter de cette certification pour consolider leur marché dans le Nord-Est ontarien.

Hélène Lessard (au centre) et Anne Barrette, du Fromage au Village, reçoivent ici un prix Caseus des mains du ministre de l'Agriculture, des Pêcheries et de l'Alimentation, Donald Martel, en septembre 2025.
Photo : Gracieuseté
Ça va être encore plus facile de pouvoir dire : "Regardez, si vous voulez avoir du fromage à poutine, on est capables de le faire et on répond aux standards", fait valoir Jacquelin Sévigny.
On en vend beaucoup dans le Nord-Est ontarien, donc New Liskeard, North Bay, Kirkland Lake, tout ce secteur-là. Il y a beaucoup de Franco-Ontariens, des gens qui ont des liens avec le Québec et qui n’acceptent pas le fromage râpé dans leur poutine, souligne Anne Barrette.
Une fierté pour Boréalait
Bien que son marché pour le cheddar en grains se limite surtout à la région d’Amos, la copropriétaire de Boréalait, Évelyne Rancourt, entend bien aller chercher ce sceau elle aussi.

Le fromage en grains que montre ici Évelyne Rancourt est utilisé sous sa forme première en collation, en format plus petit pour la poutine, et il est compressé pour produire des blocs de cheddar.
Photo : Gracieuseté
Je trouve que c'est un plus. Puis, tous les plus qu'on peut aller chercher, c'est sûr qu'on va les mettre. Je trouve que c’est une belle reconnaissance de la culture d’ici. Je veux l'apposer sur mon sac de fromage, c’est sûr, affirme-t-elle.
On ignore à ce stade-ci ce qui sera compris dans le cahier de charges pour le fromage à poutine du Québec, mais Évelyne Rancourt aimerait bien qu’on exige l’utilisation du lait entier 100 % québécois.
On est fiers de transformer du lait 100 % québécois. Ce serait une belle façon de valoriser le lait d’ici. On est plusieurs producteurs qui travaillent juste avec du lait entier. J’aimerais que ce soit reconnu, même si ça m’étonnerait beaucoup qu’ils exigent du lait 100 % entier, conclut-elle.


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