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Les premières images d’une épave historique dévoilées

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Les dernières heures ont été riches en émotions pour les membres de l'expédition The Heroic Age. Pour la première fois, les membres de l'équipage ont pu observer des images de l'épave du Quest, qui repose à près de 400 mètres de profondeur dans les eaux de la mer du Labrador.

Cette expédition de 21 jours, à la croisée de la science et de l'histoire, est financée par la Société géographique royale du Canada ainsi que par des dons privés. Son objectif est de réaliser la documentation numérique la plus détaillée jamais produite du Quest, qui a coulé au large du Labrador en 1962.

C'est ce navire qui transportait le célèbre explorateur de l'Antarctique, Sir Ernest Shackleton, lors de sa dernière expédition en 1922.

Mais pour David Mearns, chasseur d'épaves et coresponsable scientifique de l'expédition, qui a vu les images pour la première fois, ça ne parait pas si bien pour le moment.

David Mearns, chasseur d'épaves et coresponsable scientifique de l'expédition à bord du bateau l'Atlantis.

David Mearns, chasseur d'épaves et coresponsable scientifique de l'expédition à bord du bateau l'Atlantis.

Photo : CBC

Selon lui, entre 70 % et 80 % d'un côté du navire est recouvert de vieux filets de pêche, ce qui empêche d'observer une partie de l'épave en détail et ce qui contribuerait à sa détérioration. Cette situation n'a toutefois rien de surprenant compte tenu de l'emplacement du Quest, à proximité des côtes du Labrador, où les activités de pêche sont importantes.

C’est très décevant, ça va nous rendre la tâche plus difficile pour obtenir les images que nous voulions.

On a fait une mission de reconnaissance avec un robot [mardi] soir. Durant la nuit, on a eu notre première descente avec d'autres membres d'équipage tôt aujourd'hui. On prépare le sous-marin pour une seconde plongée. Et il y aura d'autres plongées subséquentes au cours des prochains jours, explique Antoine Normandin, directeur de recherche à bord de l'expédition.

Ces images permettront de mieux évaluer l'état de conservation de l'épave grâce à une technologie canadienne d'imagerie sous-marine développée par Voyis, une entreprise de Waterloo, en Ontario.

Un sous-marin sur un bateau.

Le sous-marin Alvin tout juste avant sa première descente sous l'eau.

Photo : CBC/Peter Cowan

L'équipe poursuit actuellement l'inspection du Quest, en faisant le tour complet de l'épave afin de repérer tout obstacle susceptible de représenter un risque pour le sous-marin, Alvin, qui permettra aux chercheurs de l'observer de très près.

Malgré la présence de nombreux filets de pêche, M. Normandin se réjouit de pouvoir contribuer à mettre en lumière un pan important de l'histoire canadienne.

Une vieille photo d'un navire en train de couler.

Une image du photographe Tore Topp au moment où le navire Quest coulait sous l'eau en 1962.

Photo : Tore Topp

On a bel et bien trouvé le Quest, le dernier navire de Sir Ernest Shackleton.

On a très rapidement trouvé l'épave, donc les coordonnées qu'on avait établies en 2024 étaient excellentes. On était à 50 mètres près, ajoute-t-il, lorsqu’on lui a demandé ses premières impressions.

Malgré les filets, Antoine Normandin dit tout de même avoir l’intention de réaliser un jumeau numérique en gardant les filets puisque la présence de filets communique la réalité de notre héritage culturel dans la région. Ça communique la complexité de la conservation d'épaves.

Antoine Normandin, directeur de recherche à bord de l'expédition sur le bateau.

Antoine Normandin, directeur de recherche à bord de l'expédition sur le bateau.

Photo : CBC

On savait qu'il y avait un risque, qu'il y avait des filets, mais ce n'était certainement pas présent sur nos images qu'on avait réussi à obtenir en 2024. On ne s'attendait pas à autant de filets. Maintenant, la bonne nouvelle, c'est que les filets sont situés à l'arrière du navire et sur une section qui est historique, un peu moins importante.

Notre objectif ici, c'est vraiment d'avoir des jumeaux digitaux de très haute qualité qu’on va utiliser dans le futur pour éduquer le public sur la préservation des épaves et sur notre passé et notre impact de nos activités sur l'environnement et l'écologie.

Et une biodiversité dense d'un grand intérêt

D’un côté plus positif, l’équipe a pu remarquer une forte concentration de poissons et de vie marine près de l’épave.

Les filets n'attrapent aucun poisson. On peut voir toute la vie autour de l’épave. D’un point de vue biologique c’est très intéressant, du côté archéologique aussi, mais pas pour revenir avec une belle photo de l’épave.

Les premières images de l'expédition montrent qu'une grande partie du Quest est recouverte de vieux filets de pêche.

Les premières images de l'expédition montrent qu'une grande partie du Quest est recouverte de vieux filets de pêche. L'épave se trouve dans le chenal Hawke, une zone fermée à la pêche depuis 2002.

Photo : Canadian Geographic

On collecte énormément de données. Je parlais avec mes homologues du Woods Hole Oceanographic Institution qui ont l'intention de publier des papiers scientifiques sur ce qu'on observe sur les épaves, ajoute Antoine Normandin.

La distribution de la biologie marine sur l'épave, ça en dit beaucoup sur comment elle se détériore et sur les matériaux utilisés.

Une fois cette mission terminée, l'équipe mettra le cap vers une seconde épave emblématique, le Terra Nova, située à une trentaine de kilomètres au sud de la côte continentale du Groenland. C'est ce navire qui conduisit l'explorateur britannique Robert Falcon Scott vers l'Antarctique lors de sa célèbre expédition

On s'attend à ce que Terra Nova ait beaucoup plus de dommages au niveau de la façon dont il a coulé. On sait que le navire avait un feu à bord lorsqu'il a coulé. Et ensuite, il y a un navire de la Garde côtière américaine qui a tiré dessus avec des obus pour essayer de le couler, parce que c'est un danger pour la navigation à proximité, explique M. Normandin à ce sujet.

Toutefois, selon lui, l’emplacement de l’épave très loin des ports de pêches de la région devrait ainsi limiter les possibles dommages causés par l'activité humaine.

Avec des informations de Peter Cowan, de CBC

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