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Des entreprises manufacturières du Saguenay-Lac-Saint-Jean critiquent l'annonce des nouvelles mesures provisoires d’Ottawa pour retenir les travailleurs étrangers temporaires en voie d'obtenir leur résidence permanente. L’annonce arrive trop tard et comporte beaucoup de contraintes, selon elles.
Dans les installations de Proco à La Baie, une trentaine de travailleurs étrangers risquent de quitter le pays d'ici avril 2027. Même si Ottawa veut prolonger d'un an certains permis de travailleurs étrangers, ils demeurent dans l’incertitude, puisqu’ils n'ont pas été invités à soumettre une demande de sélection permanente de Québec.
Pour cause : leur niveau de français n'est souvent pas assez élevé et leur diplôme est reconnu au niveau canadien, mais pas au niveau provincial.
[Il n’y a] pas grand chose pour nous là-dedans, c’est de la poudre aux yeux.
Les nouvelles mesures fédérales concernent en premier lieu les travailleurs étrangers temporaires en milieu rural. Pour Proco, cette annonce arrive trop peu trop tard, car l'entreprise a déjà perdu huit de ses travailleurs à Saint-Nazaire.

Le directeur général de Groupe Poco, Jean-Denis Toupin, dit avoir honte face à ses employés qui ont quitté leur pays pour venir s'établir au Québec.
Photo : Radio-Canada / Claude Bouchard
Quant à son usine de La Baie, Saguenay serait exclue, car elle serait considérée comme étant une région métropolitaine.
On était contents au début, puis, finalement, on est au même point. Nos travailleurs de l'usine de La Baie, [...] on n'est pas capables de les renouveler, a déploré le directeur général de l’entreprise, Jean-Denis Toupin.
Pour le député bloquiste de Lac-Saint-Jean, Alexis Brunelle-Duceppe, les mesures d’Ottawa manquent de clarté.
On n'est pas certains de ce que ça veut dire. On parle de zone rurale, mais ce n'est pas défini. Est-ce que Saguenay est une zone rurale ou pas, s’est demandé l’élu.
Frustration
Aux Industries Dodec, la frustration se fait sentir. L’entreprise de Chicoutimi embauche au moins 30 travailleurs étrangers.

La pénurie de soudeurs est toujours criante au Québec. (Photo d'archives)
Photo : Reuters / Benjamin Mallet
En réalité, l'annonce qui a été faite ne vient régler absolument rien, parce que ça s'adresse à des gens qui étaient déjà sauvés, parce qu'ils étaient déjà qualifiés et qui reçoivent des invitations dans le Programme de sélection des travailleurs qualifiés (PSTQ). Nos soudeurs, dans les entreprises manufacturières, ne se qualifient pas pour le PSTQ. Donc, on ne vient pas donner de l'air aux entreprises régionales, mais pas du tout, a lancé la directrice générale adjointe, Marie-Jeanne Bonneau.
Encore un manque de main-d’oeuvre
Le gouvernement fédéral a aussi revu à la hausse le pourcentage de travailleurs étrangers temporaires à bas salaire qu’une entreprise peut embaucher.
Il passera de 10 à 15 % à compter du 1er avril. Mais pour l’organisme Alliage 02, qui représente 300 entreprises manufacturières dans la région, ce seuil devrait plutôt monter à 20 %.
Alliage 02 prévoit un voyage à Ottawa le 24 mars pour sensibiliser les ministres, les élus et les hauts fonctionnaires aux enjeux liés à l'embauche de travailleurs étrangers.


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