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Rebecca Marder, Pascale Arbillot et Naidra Ayadi se rebellent dans cette comédie sociétale, avec de l’action et de la romance.
« Faut que ça change ! » Tel est leur cri de ralliement. Il était une fois cinq femmes en galère qui décident de prendre les armes, grimées en hommes, pour faire un casse dans une banque. Malgré le lot d’emm… maximal qui en résulte, elles récidivent, au nez et à la barbe de la police, des caïds dealers de la cité et du président de région corrompu (François Damiens), et se retrouvent avec un butin de 200 millions d’euros ! L’histoire n’est pourtant pas un conte de fées. Ni même une comédie romantique, comme le laisse un temps imaginer la présence, hilarante, de Jonathan Cohen (également producteur) en riche héritier, amoureux transi.
Les Lionnes relève plutôt de la comédie sociale, parfois assez noire, sous le soleil de Salon-de-Provence. Avec option braquage et action. Et un propos ouvertement féministe, qui prône la sororité et le collectif. Mais tous les hommes n’ont pas définitivement le mauvais rôle, tel encore ce jeune flic intègre, tendre et délicat joué par Sami Outalbali (Sex Education)… Un propos sociétal, enfin, puisqu’il est aussi question de précarité, de racisme, de violences conjugales, de patriarcat, de sexualité, de maladie mentale…
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Les Lionnes, série Netflix coécrite et réalisée par Olivier Rosemberg (Family Business ), n’est pas parfait : une narration parfois brouillonne, des « méchants » caricaturaux, quelques longueurs, des invraisemblances. Mais les comédiennes, leur énergie, et leur capital sympathie raflent la mise et emportent tout sur leur passage. Naidra Ayadi tient le rôle d’une maman qui n’arrive plus à joindre les deux bouts et risque de perdre la garde de ses enfants. Zoé Marchal rêve d’ouvrir son salon de beauté, projet sapé par sa famille, en mode « affreux, sales et méchants », et ses dettes de jeux. Tya Deslauriers est une étudiante fauchée, avec un gros manque de confiance en elle. Pascale Arbillot, parfaite épouse d’un politicien, bourgeoise, en apparence privilégiée, est battue par son conjoint. Et Rebecca Marder, déjà sur le fil avec son petit job dans une banque, perd pied quand elle découvre qu’elle doit rembourser les crédits de son mari en prison et que son fils tourne mal…
« Quand j’ai lu Les Lionnes j’ai beaucoup ri, notamment grâce aux dialogues. Il y avait aussi du fond, une authenticité, un réalisme qui me plaisaient dans cette espèce de réalité augmentée et de côté parfois outré, confie l’actrice de Mon crime et de L’Etranger, ancienne de la Comédie-Française, ici dans sa première série. C’est enlevé, haut en couleur, les personnages sont très dessinés, presque BD et il fallait tenir la barre de l’authenticité pour servir le propos, car elles ne se battent pas que pour l’argent, mais pour le renversement de la microsociété de la cité. »
Avec ses tatouages, en minijupe, perchée sur des talons, elle explore un nouveau registre de personnage. « J’étais reconnaissante qu’on me confie une fille très assumée dans son corps, sa féminité, ce que je ne suis pas, poursuit-elle. Ce n’est pas non plus une séductrice, même si elle utilise sa séduction. Sa vie n’est pas futile. Il faut qu’elle soit vive. Caméléon. C’est aussi ce qui m’a plu dans ce rôle et son évolution. Rosalie ment au boulot, en famille, se travestit pour braquer, change de milieu social pour draguer… Il y avait beaucoup de choses à jouer, de barrières à briser. Malgré moi, j’ai fixé un fil rouge dans mes rôles : des femmes engagées, en prise avec leur destin. »


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