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Les boucliers ne sont pas loin chez les opposants aux gaz de Schiste dans le Centre-du-Québec. La récente déclaration de l’aspirante première ministre Christine Fréchette, qui souhaite remettre sur la table l’exploitation de ce combustible fossile, a piqué au vif des opposants.
Plus de 16 ans après les premières discussions impliquant de forer en vue d’exploiter les gaz de schiste du Québec, l’opposition à ce projet reste vive sur le territoire qui accueillerait ces puits visant à la fracture hydraulique du sol.
La CAQ avait fait adopter une loi interdisant l’exploitation des gaz de schiste en 2022, mais la réouverture de ce débat pourrait à nouveau mener à une levée de boucliers dans la région.
Selon l’ancien porte-parole du Regroupement interrégional sur le gaz de schiste de la vallée du Saint-Laurent, Serge Fortier, le nouveau contexte économique ne change pas les raisons qui ont mené à l’opposition citoyenne il y a 16 ans.
Est-ce que ça va changer les conditions environnementales de l'exploitation? Est-ce que ça va changer les risques pour la santé publique? Est-ce que ça va changer le fait qu'un propriétaire qui décide d'avoir un puits chez eux va savoir des dividendes, puis le voisin va voir son eau contaminée?, questionne-t-il.
M. Fortier ajoute que les problématiques soulevées sont les mêmes.
On est dans un nouveau contexte mondial, mais on n’est pas dans un nouveau contexte environnemental, on est toujours dans le trouble au niveau environnemental au niveau du réchauffement climatique, puis on le sait que c'est hydrocarbures qui sont une grosse cause, ajoute-t-il.

La formation schisteuse d'Utica s'étend du nord des États-Unis jusqu'à la vallée du Saint-Laurent.
Photo : Radio-Canada
En 2009, l’Office de l’Énergie du Canada identifiait une zone de possible exploitation des gaz de schiste dans la vallée du Saint-Laurent, dans la formation schisteuse d’Utica. Plusieurs puits ont poussé un peu partout au Québec, menant à une levée de boucliers de 20 000 propriétaires fonciers qui ont interdit l’accès des compagnies gazières à leur terre.
Un débat que des scientifiques croyaient clos
La réouverture de ce débat surprend deux scientifiques, qui se souviennent que les études qui ont alimenté le débat sur l’exploitation des gaz de schiste avaient mis à mal la pertinence de leur exploitation au Québec.
Selon l’ingénieur et professeur retraité Marc Durand, les conclusions des études faites ne laissaient pas présager une rentabilité.
Quand on a interdit la fracturation hydraulique dans le schiste, c'était bien avant la loi 21 qui est arrivée, elle, en 2022. Mais déjà, en 2018, les études concluaient que la fracturation hydraulique dans le schiste d’Utica n'apporterait aucun avantage ni économique ni sociologique à aucun point de vue pour le Québec, explique-t-il.

Les puits de gaz de schiste abandonnés restent sur les terrains, plusieurs années après la fin de l'exploitation en province. (Photo : 18 mars 2026)
Photo : Radio-Canada / Martin Chabot
Le professeur de physique Normand Mousseau ajoute quant à lui que l’exploitation des énergies fossiles n’a pas nécessairement toujours des effets aussi positifs que certains prétendent sur l’économie.
C'est ce qu'on voit en Colombie-Britannique, par exemple, qui a reculé sur tous ses objectifs climatiques pour mettre de l'avant son gaz naturel. On voit aussi que le reste de l'économie a plus de difficultés, secteur manufacturier et autres à se développer parce que tout l'accent est mis sur le gaz naturel, explique-t-il.
Utiliser les puits déjà existants?
Le maire de Sainte-Françoise et préfet de la MRC de Bécancour, Mario Lyonnais, a un discours plus nuancé, même s’il faisait partie de ceux qui étaient pour le développement des gaz de schiste.
Rencontré près d’un des puits de gaz bouchés et non exploités, il se demande si, comme compromis, on ne pourrait pas finir d’exploiter les puits déjà ouverts avant de lancer d’autres sites de fracturation hydraulique.

Mario Lyonnais, le maire de Sainte-Françoise et préfet de la MRC de Bécancour
Photo : Radio-Canada / Jean-François Fortier
Avant de repartir d'autres débats et dire qu’on refait des puits de gaz, regardons ce qu'on peut faire avec [les puits déjà creusés]. S’il y avait du gaz naturel qui sortait des tuyaux, pourquoi on ne pourrait pas le récupérer?, dit-il.
M. Lyonnais propose d’utiliser ce gaz pour chauffer des serres.

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Le reportage de Valérie Gendron
Photo : Radio-Canada / Martin Chabot


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