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Les 198 employés de l'usine American Biltrite sont en grève générale illimitée depuis lundi matin, à Sherbrooke. Ils réclament de meilleurs salaires et déplorent le manque de collaboration de leur employeur.
Ce qu’on a eu, c’était ridicule, déclare sans détour le président de l’Association des employés du caoutchouc de Sherbrooke, Marc Vigneault.
Malgré la pluie, une centaine d’employés ont passé la journée dans le stationnement de l’usine sur la rue Bank, pancartes à la main. Pour le moment, la production de couvre-planchers et de produits de caoutchouc se trouve à l’arrêt dans l’usine centenaire.
C’est la première négociation où on sent un manque de respect aussi total de la part de la compagnie , déplore Marc Vigneault.

De gauche à droite : le coordonnateur de l’Association des employés du caoutchouc de Sherbrooke, Serge Dufour, et son président, Marc Vigneault
Photo : Radio-Canada / Guylaine Charette
Notre employeur a voulu refaire la convention au complet en nous enlevant à peu près tout ce qu’on a pu signer depuis 50 ou 60 ans, a renchéri le secrétaire de l’Association, Serge Dufour. Le plan, c’est de casser le syndicat. C’est ce qu’on ressent.
Selon le syndicat, les conflits de travail sont rares dans le lieu de fabrication situé au centre-ville de la métropole estrienne. La dernière grève d’envergure se serait déroulée en 1979, une information que Radio-Canada n’a pas été en mesure de vérifier.
Je pense que c’est légitime, ce qu’on demande. C’est un rattrapage de ce qu’on a perdu à cause de la COVID, alors que la convention collective n’a pu être rouverte malgré nos demandes, note le syndicaliste.

Les employés demandent des augmentations salariales.
Photo : Radio-Canada / Guylaine Charette
Négociations sur pause
Une douzaine de rencontres ont déjà eu lieu avec l’employeur afin de négocier le renouvellement de la convention collective des travailleurs. Les échanges ont cependant été rompus avant d’entamer les discussions sur les clauses salariales, précise l'organisation qui représente les employés associée à Centrale des syndicats démocratiques (CSD).
Un conciliateur a été nommé dans le dossier, selon la direction, qui nous a indiqué par téléphone son refus de commenter le débrayage. Mais pour le moment, aucune rencontre ne serait au calendrier. Entre-temps, les syndiqués promettent de manifester leur mécontentement devant leur lieu de travail.

American Biltrite est l'une des plus anciennes entreprises manufacturières de Sherbrooke.
Photo : Radio-Canada
Marc Vigneault estime que les affaires allaient bon train pour l’usine avant la grève, dont la durée demeure incertaine. On a des contrats énormes, des contrats majeurs. Du matériel qui devrait sortir, mais présentement, il n’y a rien qui sort.
Il estime que ses collègues, dont plusieurs sont issus de l’étranger, devraient pouvoir toucher une part du gâteau. On ne rentre pas au travail tant que ce ne sera pas réglé. C’est une question d’avoir ce à quoi on a droit, ce qu’on mérite. On travaille fort, a-t-il martelé, la voix cassée par l’émotion.


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