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Alors que l’adaptation à une nouvelle réalité politique est au cœur des discussions à l’hôtel de ville de Trois-Rivières, un incident survenu lundi soulève des questions. La conseillère municipale Édith Lachance se serait fait demander de quitter une réunion du conseil par un autre élu.
Une situation qui illustre bien les défis liés à l’arrivée d’un parti politique au municipal, une réalité que connaît bien l’ancienne mairesse de Sherbrooke, Évelyne Beaudin.
Dans un contexte où cette nouvelle dynamique force un changement de culture, plusieurs questions se posent : comment intégrer un conseil municipal tout en conservant ses couleurs politiques? Comment représenter une opposition réelle autour de la table? Et surtout, comment s’assurer que cette opposition ait les moyens de se faire entendre?
Seule élue du parti Trois-Rivières ville forte, Mme Lachance doit composer avec ces défis dans un environnement historiquement dominé par des élus indépendants.
Ce n'est pas une situation facile parce que c'est un peu un changement de culture dans le monde municipal , souligne Mme Beaudin.
Une nouvelle dynamique politique
Traditionnellement, les conseils municipaux fonctionnent sans partis politiques structurés. L’introduction d’une formation politique vient ainsi modifier les équilibres établis.
Selon la professeure spécialisée en gouvernance et en finances municipales à l’UQAM, Danielle Pilette, cette transition peut entraîner une certaine méfiance entre les élus.
Il peut y avoir une méfiance réciproque des deux côtés, explique-t-elle, évoquant notamment les enjeux de confidentialité entourant certains dossiers sensibles, comme les appels d’offres publics.
De son côté, Mme Beaudin rappelle que, même au niveau municipal, les décisions ne sont pas uniquement techniques.

L'introduction d'un parti politique est une nouveauté pour le conseil municipal de Trois-Rivières, une dynamique cependant familière à l'ancienne mairesse de Sherbrooke, Évelyne Beaudin. (Photo : 26 mars 2026)
Photo : Radio-Canada / Naomie Duckett Zamor
Quand on parle de partis politiques, on parle aussi de divergences d’opinions , dit-elle. Les priorités peuvent varier : certains privilégient une gestion serrée des finances publiques, tandis que d’autres accordent plus d’importance aux investissements dans les parcs et les aménagements urbains.
Lorsqu’un parti arrive à l’hôtel de ville, ça vient bousculer l’ordre établi et amener une discussion plus politique , poursuit-elle.
La question des ressources et de l’opposition
La situation s’est récemment intensifiée avec la controverse entourant l’octroi, puis le retrait, de fonds destinés au cabinet de la conseillère Lachance. Cette décision a ramené au premier plan la question des moyens accordés aux élus pour exercer leur rôle, notamment en matière d’opposition.
Une démocratie, ça se mesure aux conditions qu'on offre aux voix divergentes autour d'une table. Une démocratie sans opposition, c'est difficile d'appeler ça une démocratie.
Mme Lachance estime que certains de ses collègues reconnaissent l’injustice de la situation. Elle insiste sur l’importance de permettre une véritable opposition au sein du conseil.
Apprendre à travailler autrement
Pour plusieurs élus, cette nouvelle réalité exige une période d’adaptation. Les méthodes de travail doivent évoluer, particulièrement pour ceux qui y siègent depuis de nombreuses années.
Au départ, c’est plus difficile, surtout pour les collègues habitués à une certaine façon de faire , note Mme Beaudin, tout en précisant ne pas connaître en détail la situation actuelle à Trois-Rivières.

La conseillère du district de Marie-de-l’Incarnation à Trois-Rivières, Édith Lachance, est au centre d'une controverse liée à son appartenance au parti politique Trois-Rivières ville forte. (Photo d'archives)
Photo : Radio-Canada / Katy Cloutier
Une situation qui ne surprend pas la professeure. On tolère très mal les divergences d’opinions, souligne Mme Pilette.
De plus, la méfiance entre les conseillers est une réalité qui est à prédire. Les autres conseillers vont dire que c’est plus risqué qu’une conseillère d’un parti politique transmette de l’information à des militants de son parti, fait-elle remarquer.
Vivre avec l’exclusion
Tout comme Mme Lachance, Mme Beaudin a été la seule membre d’une formation politique élue au conseil municipal. Une expérience qu’elle décrit comme marquée par un sentiment d’isolement.
On vit beaucoup d’exclusion dans ces situations-là. J’avais souvent l’impression qu’il y avait 14 personnes contre moi , confie-t-elle.
Elle explique que, même en l’absence de partis officiels, des alliances informelles peuvent se former entre élus indépendants, créant une dynamique semblable à celle d’un bloc politique.

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Une entrevue de Jonathan Roberge
Photo : Radio-Canada / Yoann Dénécé
Des rencontres peuvent avoir lieu à l’extérieur, des stratégies se développent, parfois en excluant une personne , observe Mme Beaudin.
Une réalité qui persiste, même au pouvoir
Devenue mairesse par la suite, Mme Beaudin affirme que cette dynamique ne disparaît pas nécessairement une fois au pouvoir.
La différence, c’est que l’opposition était formée d’indépendants. Je disais souvent que j’avais huit oppositions , raconte-t-elle.
D'après une entrevue au Téléjournal Mauricie-Centre-du-Québec et à l'émission Toujours le matin


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