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Alors que l'accès à des milliers de titres sur les plateformes de diffusion en continu a radicalement changé les habitudes de consommation, trois cinémas indépendants de la Saskatchewan affirment que le grand écran n'a rien perdu de son attrait. Contrairement aux idées reçues, ces établissements observent une hausse de leur achalandage.
Pour Scott Hamilton, programmateur au Broadway Theatre de Saskatoon, il n'y a aucun doute : le public aime toujours le cinéma en salle. Nos chiffres sont à la hausse. Nous sommes une anomalie majeure, confie-t-il.
M. Hamilton attribue ce succès à une programmation audacieuse et variée, incluant des événements thématiques et des projecteurs sur des réalisateurs. À titre d'exemple, le cinéma prévoit projeter Soft and Tango, une œuvre de 7 h 30 du cinéaste hongrois Béla Tarr.
Selon lui, voir un film restauré sur grand écran avec un son optimal reste une expérience vraiment spéciale, que celle vécue chez soi ne peut égaler.

Ryan Holota est responsable du cinéma IMAX au Saskatchewan Science Centre à Regina.
Photo : Radio-Canada / Will Draper
L'émotion collective et la démesure technologique
Ryan Holota, directeur de l'exploitation du Saskatchewan Science Centre, qui gère un projecteur IMAX, insiste sur la dimension magique de l'expérience collective.
Quand un film suscite la peur, tout le monde autour de vous a peur. Quand on rit, tout le monde rit, explique-t-il.
Au-delà de l'émotion, la technologie joue un rôle clé. Avec un écran haut de cinq étages et large de 70 pieds, couplé à un système sonore puissant, l'IMAX transforme le visionnement en événement.
M. Holota rejette l'idée que seuls les films d'action bénéficient du grand écran, citant le succès massif d'un film de fond comme Oppenheimer dans son établissement. Signe de cette vitalité, le cinéma est parfois ouvert 18 heures par jour et emploie aujourd'hui plus de personnel que par le passé.
La curation contre le défilement infini
À Regina, le cinéma de la bibliothèque publique a également vu sa fréquentation bondir au cours des cinq dernières années. Sam Heinrichs, qui dirige la salle, estime que la curation est un atout majeur.
Au cinéma, on ne perd pas de temps à parcourir Netflix pour trouver quelque chose. Il y a un film à l'affiche, on y va, et on en fait une sortie complète, parfois accompagnée d'un souper.
Il souligne que certains classiques, comme Alien, gagnent en intensité lorsqu'ils sont vécus en groupe. De plus, la gratuité de la salle de la bibliothèque publique de Regina élimine tout obstacle financier pour le public.

Sam Reinrichs explique que le cinéma de la bibliothèque publique de Regina offre l'entrée gratuite.
Photo : Radio-Canada / Will Draper
Documentaires et guerres de monopoles
Le secteur n'est toutefois pas exempt de défis. Si Netflix (avec ses 302 millions d'abonnés), Amazon Prime Video (200 millions) et Disney+ (157 millions) dominent le marché mondial, leur impact se fait aussi sentir localement.
M. Holota note ainsi un déclin de l'intérêt pour les documentaires en salle, un genre désormais très prisé sur les plateformes. À titre d'exemple, un documentaire de Netflix sur la vlogueuse Gabby Petito a attiré 31 millions de spectateurs dès sa première semaine en 2025.
Nous ne pouvons projeter aucun contenu Netflix ici. S'ils achètent d'autres entreprises, cela pourrait limiter notre capacité à diffuser des films, car ils n'autorisent pas les sorties en salle, déplore-t-il.
Malgré ces vents contraires, l'optimisme reste de mise. Le cinéma IMAX de Regina se prépare déjà à un achalandage record pour la sortie de The Odyssey de Christopher Nolan, prévue le 17 juillet prochain.
Avec les informations d'Eric Stachowich


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