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Les Belges Virginie Efira et Emmanuel Macchia sacrés à Cannes

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Le 79e Festival de Cannes a refermé ses portes ce samedi soir. Présentée par l'actrice Eye Haïdara (à l'affiche, ce mercredi de Mata de Rachel Lang), la cérémonie de clôture a égrainé le palmarès concocté le jury du cinéaste coréen Park Chan-wook, dans lequel figurait notamment la Belge Laura Wandel (Un monde, L'Intérêt d'Adam), la Chinoise Chloé Zhao, le scénariste écossais Paul Laverty ou encore la star hollywoodienne Demi Moore.

Toute l'actualité du festival de Cannes 2026

Lequel a choisi de remettre la Palme d'or à Fjord de Cristian Mungiu (également récompensé par la presse internationale). Succédant à l'Iranien Jafar Panahi, sacré l'année dernière pour Un simple accident, le cinéaste roumain décroche ainsi sa seconde Palme d'or, 19 ans après celle pour 4 mois, 3 semaines, 2 jours.

Il est devenu le dixième membre des doubles palmés (aux côtés des Dardenne ou Coppola) grâce à un drame intense, décrivant comment une famille roumaine aux valeurs traditionnelles se voit enlever ses enfants par les services d'aide à l'enfance de Norvège, où ils viennent de s'installer.

Romanian director, screenwriter and producer Cristian Mungiu celebrates on stage after winning the Palme d'Or for the film "Fjord" during the closing ceremony of the 79th edition of the Cannes Film Festival in Cannes, southern France, on May 23, 2026. (Photo by Sameer AL-DOUMY / AFP)Cristian Mungiu, tout sourire au moment de recevoir sa seconde Palme d'or, aux côtés de ses comédiens Renate Reinsve et Sebastian Stan. ©AFP or licensors

Les échos du monde

Grâce à un scénario impeccable et une mise en scène naturaliste, Mungiu met en scène de façon magistrale nos sociétés profondément divisées. "Au cinéma, il est important de parler de choses pertinentes, pour comprendre la direction dans laquelle va le monde. Ce que je ressens, c'est que les sociétés sont fracturées, radicalisées. Ce film est un engagement contre toute forme d'intégrisme. C'est un message pour la tolérance, l'inclusion, l'empathie. Ce sont des mots que nous aimons tous, mais nous devrions les appliquer plus souvent", a déclaré le réalisateur, en recevant son prix des mains de Tilda Swinton.

Cristian Mungiu, de retour à Cannes, a convaincu avec "Fjord"

Le Grand Prix du jury récompense, lui aussi, une œuvre très contemporaine, Minotaure d'Andreï Zviaguintsev, impressionnant remake de La Femme infidèle de Claude Chabrol inscrit dans une Russie en guerre contre l'Ukraine. S'adressant personnellement, sans le nommer, à Vladimir Poutine, le cinéaste russe en exil en France l'a imploré : "Des millions de gens de part et d'autre de la ligne de front ne rêvent que d'une chose, que les massacres cessent enfin. Une seule personne peut le faire : le président de la Fédération de Russie. Mettez fin à ce carnage ! Le monde entier attend cela…"

Andrey Zvyagintsev accepts the grand prize award for 'Minotaur' during the awards ceremony at the 79th international film festival, Cannes, southern France, Saturday, May 23, 2026. (AP Photo/Andreea Alexandru)Andrey Zviaguintsev recevant le Grand Prix du jury pour "Minotaure". ©2026 Invision
Zviaguintsev impressionne en Compétition à Cannes avec "Minotaure"

Les fantômes du passé

Coup de cœur de beaucoup de festivaliers, le très almodovarien La bola negra ne s'est donc pas imposé. Pour leur premier film, qui retrace, à travers trois chronologies entremêlées, le destin de jeunes homosexuels de 1932 à 2017, les jeunes Espagnols Javier Ambrossi et Javier Calvo ont néanmoins obtenu un prix de la mise en scène entièrement mérité.

Somptueux "Fatherland" à Cannes : le fantôme de Klaus Mann

"On vit dans un monde où les gens sont absolument convaincus qu'ils sont du bon côté. C'est effrayant. Le cinéma doit résister à cela et montrer que les choses ne sont pas aussi simples, manichéennes. C'est pour cela qu'on a fait ce film", a déclaré Pawlikowski sur scène, visiblement pas très ravi de devoir partager avec ses jeunes collègues espagnols un prix qu'il avait déjà obtenu pour Cold War il y a huit ans…

Paweł Pawlikowski, center, winner of the award for best director for 'Fatherland,' poses with Javier Calvo, left, and Javier Ambrossi, winners of the award for best director for 'La bola negra,' at the awards ceremony photo call during the 79th international film festival, Cannes, southern France, Saturday, May 23, 2026. (AP Photo/John Locher)Paweł Pawlikowski, entouré de Javier Calvo et Javier Ambrossi. Le Polonais et les Espagnols partagent le prix de la mise en scène pour "Fatherland" et "La bola negra". ©2026 Invision

On espérait évidemment voir les deux films belges de la Compétition placés un peu plus haut, mais tous deux se retrouvent néanmoins au palmarès. De façon ironique, le Français formé en Belgique Emmanuel Marre s'est imposé au prix du scénario pour son formidable Notre salut, plongée au cœur du système de la collaboration à Vichy sur les traces d'un magnifique Swann Arlaud. Ironique car, comme il l'a rappelé : "C'est le paradoxe de ma vie. Quand j'arrive sur le plateau, je dis : on ne va pas tourner ce scénario !"

À Cannes, Emmanuel Marre fait revivre Vichy au présent dans "Notre salut"
French director and screenwriter Emmanuel Marre celebrates on stage after winning the Best Screenplay Prize for the film "Notre Salut" (A Man of His Time) during the closing ceremony of the 79th edition of the Cannes Film Festival in Cannes, southern France, on May 23, 2026. (Photo by Sameer AL-DOUMY / AFP)Le Français Emmanuel Marre a reçu le prix du scénario pour la coproduction belgo-française "Notre Salut". ©AFP or licensors

Coward, le troisième film du Flamand Lukas Dhont, a, lui, été récompensé à travers ses deux jeunes comédiens, le Belge Emmanuel Machcia et le Français Valentin Champagne, qui campent deux soldats tombant amoureux sur le front de la Première Guerre mondiale.

"Coward" : Lukas Dhont filme l'amour dans les tranchées à Cannes

"Merci Lukas pour tout. C'était plus qu'un film, une expérience de vie pour nous deux. J'espère vraiment que ce film va permettre à des jeunes filles, des jeunes hommes de s'aimer eux-mêmes et de s'accepter comme ils sont, car c'est la plus belle chose…", a lancé le Carolo de 20 ans, dont c'est le premier rôle à l'écran.

Belgian actor Emmanuel Macchia (L) and French actor Valentin Campagne celebrate on stage after winning ex-aequo the Best Actor Prize for the film "Coward" during the closing ceremony of the 79th edition of the Cannes Film Festival in Cannes, southern France, on May 23, 2026. (Photo by Valery HACHE / AFP)Valentin Campagne, sautant dans les bras d'Emmanuel Macchia, lors de la remise de leur prix d'interprétation pour "Coward" de Lukas Dhont. ©AFP or licensors

Double prix d'interprétation également du côté des actrices, puisque Virginie Efira et Tao Okamoto ont été sacrées pour le sublime Soudain de Ryūsuke Hamaguchi (qui aurait fait une très belle Palme d'or). "Ryuzuke nous a fait vivre une expérience de vie qui restera gravée à jamais. Oui, la situation est désespérée, mais il ne faut pas renoncer à la changer. C'est cela le courage de Ryusuke, de regarder la meilleure partie de nous. Arigato gozaimasu…", a remercié la comédienne belgo-française, qui alterne entre le français et le japonais dans ce drame de 3h15 d'une rare profondeur, qui brasse toutes les grandes questions de l'existence, de la fin de vie au capitalisme, en passant par l'amitié et la folie.

"Soudain" : Virginie Efira, lumineuse chez Hamaguchi à Cannes

À travers tous ces films, le jury de Park Chan-wook a clairement concocté un palmarès politique, en défendant une certaine vision du monde. À l'issue d'une quinzaine marquée par le malaise suite à la publication de la tribune "Zapper Bolloré" dans Libération au début du festival et à la liste noire annoncée par le patron de Canal + Maxime Saada en guise de mesure de rétorsion.

Plus que jamais, l'ombre de l'extrême droite aura plané sur la Croisette. L'année prochaine, pour l'édition du 80e anniversaire, elle aura peut-être accédé au pouvoir en France…

Japanese actress Tao Okamoto (L) and Belgian actress Virginie Efira (R) celebrate on stage after winning ex-aequo the Best Actress Prize for the film "Soudain" (All of a Sudden) during the closing ceremony of the 79th edition of the Cannes Film Festival in Cannes, southern France, on May 23, 2026. (Photo by Sameer AL-DOUMY / AFP)Tao Okamoto et Virginie Efira partagent le prix d'interprétation pour "Soudain". ©AFP or licensors

Le Palmarès du 79e Festival de Cannes

Compétition

  • Palme d'or : Fjord (Roumanie/Norvege) de Cristian Mungiu
  • Grand Prix du Jury : Minotaure (France/Lettonie) d'Andreï Zviaguintsev
  • Mise en scène : Javier Ambrossi et Javier Calvo pour La bola negra (Espagne), ex-aequo avec Pawel Pawlikowski pour Fatherland (Pologne/Allemagne)
  • Meilleurs acteurs : Emmanuel Machcia et Valentin Champagne dans Coward (Belgique/France) de Lukas Dhont
  • Meilleur actrice : Virginie Efira et Tao Okamoto dans Soudain (France/Japon) de Ryūsuke Hamaguchi
  • Prix du scénario : Emmanuel Marre pour Notre salut (Belgique/France)
  • Prix du jury : L'Aventure rêvée (Allemagne/Bulgarie) de Valeska Grisebach
  • Prix Fipresci : Fjord (Roumanie/Norvege) de Cristian Mungiu

Un Certain Regard

  • Prix Un Certain Regard : Everytime (Autriche) de Sandra Wollner
  • Prix du Jury : Les Éléphants dans la brume (Népal) d'Abinash Bikram
  • Prix Spécial du Jury : Le Corset (France) de Louis Clichy
  • Meilleur Acteur : Bradley Fiomonda Dembeasset dans Congo Boy (Centre-Afrique) de Rafiki Fariala
  • Meilleures Actrices : Marina de Tavira, Daniela Marín Navarro et Mariangel Villegas dans Ton animal maternel (Belgique/Costa-Rica) de Valentina Maurel
  • Prix Fipresci (de la presse internationale) : Ben'Imana (Rwanda) Marie-Clémentine Dusabejambo

Semaine de la critique

  • Grand Prix : La Gravida (France, Italie) de Marine Atlan
  • Prix de la Révélation : Viva (Espagne) d'Aina Clotet
  • Prix Découverte du court métrage : Skinny Bottines (Canada) de Romain F. Dubois
  • Prix Fipresci (de la presse internationale) : A girl unknown (Chine, France), de Zou Jing

Divers

  • Palme d'or du meilleur court métrage : Para los contricantes (Aux adversaires) (Chili/Mexique/France) de Federico Luis
  • Caméra d'or (meilleur premier film) : Ben'Imana (Rwanda) de Marie-Clémentine Dusabejambo
  • Palmes d'or d'honneur : Barbra Streisand, Peter Jackson et John Travolta
  • Oeil d'or (meilleur documentaire) : Viendra la révolution (Iran) de Pegah Ahangarani.
  • Queer Palm : Teenage Sex and Death at Camp Miasma (États-Unis) de Jane Schoenbrun
  • Mention spéciale Queer Palm : Du Fioul dans les artères (France, Pologne) de Pierre Le Gall
  • Palm Dog : Yuri dans La Perra (La Chienne) (Chili) de Dominga Sotomayor
  • Prix du Cinéma Positif : Coward (Belgique/France) de Lukas Dhont
  • Prix Ecoprod : Soudain (France/Japon/Belgique) deRyūsuke Hamaguchi
  • Mention spéciale Ecoprod : Notre salut (Belgique/France) d'Emmanuel Marre
  • Europa Cinemas Cannes Label : L'Espèce explosive (France) de Sarah Arnold
  • Prix de la Meilleure œuvre immersive : Katàbasis (France) d'Ugo Arsac
  • Mention spéciale œuvre immersive : The Black Mirror Experience (France/Espagne) de David Bardos et Damià Ferràndiz.

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