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Le Valinouët condamné à verser 12 000 $ pour la chute d’une jeune planchiste

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En raison d’une faute commise par un de ses employés, le centre de ski Le Valinouët, à Saint-David-de-Falardeau, a été condamné par la Cour du Québec à verser 12 430 $ au père d’une jeune planchiste pour un incident survenu en décembre 2023. Elle a alors subi une fracture du coude en chutant d'une remontée mécanique.

La station est administrée par la Coopérative de travail du mont Victor-Tremblay.

Une journée de congé en famille qui devait être agréable s'est transformée en mauvais souvenir durant le temps de Fêtes de cette année.

Après avoir effectué quelques descentes dans la pente-école en utilisant le tapis roulant, l’homme et son enfant ont pris la décision d'emprunter la remontée mécanique de type T-bar.

Au départ, le père informe le préposé qu’il s’agit de la première remontée à vie de son enfant avec un téléski double. Le préposé arrête donc le mécanisme et aide la jeune planchiste à se positionner. La barre en T est placée entre ses jambes.

Des personnes sur un remonte-pente.

C'était la première fois de sa vie que la jeune planchiste empruntait une remontée mécanique de type «T-bar». (Photo d'archives)

Photo : Facebook/Clearwater Ski Hill

La montée se passe bien, peut-on lire dans la décision rendue par le juge Christian Gendron. Or, environ quinze mètres avant d’arriver au débarcadère, le père constate que l’employé à quitté son poste de travail pour aller récupérer sa bouteille d’eau.

Arrivés en haut de la pente, contrairement à son père, l’enfant n’est pas en mesure de glisser sur le débarcadère.

La barre en T se rétracte en raison de l’absence du poids du paternel. Résultat : la jeune planchiste est soulevée de terre.

Trop tard

L’employé se rend compte de la situation trop tard.

En cour, il mentionne avoir pris la décision d’arrêter le mouvement de la remontée, puisque la position de la barre n’est pas normale. Il n’est toutefois pas en mesure de voir l’enfant, alors que c’est le cas normalement lorsqu’il est à son poste de travail.

L’interruption de la ligne n’est pas immédiate et peut prendre de deux à quatre secondes, soit environ trois mètres de distance, explique le préposé durant l’audience. L’enfant se trouve donc environ à deux mètres de hauteur lorsque la ligne est finalement interrompue, lit-on dans le document.

Avant que le mécanisme pneumatique retenant la barre puisse se détendre graduellement sous le poids de l’enfant, ce dernier tombe à la renverse, directement au sol. La jeune fille se casse le coude et subit une fracture sus-condylienne de l’humérus distal droit de grade 3.

Manque de rigueur?

Les patrouilleurs de la station sont aussitôt venus en aide à l’enfant et le placent sur une civière tractée par une motoneige. Plutôt que d’appeler l’ambulance, les préposés du Valinouët recommandent toutefois au père de se diriger lui-même directement à l’urgence de l’hôpital de Chicoutimi.

Malgré l’accident, personne n’a demandé au préposé de produire un rapport. C’est seulement lorsque l’expert en sinistre de l’assureur du Valinouët intervient, après réception de la mise en demeure un an plus tard, qu’il répond à certaines questions de ce dernier.

Le père de l’enfant a poursuivi en responsabilité la station de ski. Selon lui, l’employé est le fautif dans cette histoire, car il s’est absenté de son poste de travail et n’a pu interrompre le mécanisme à temps.

En cour, le Valinouët avait contesté la demande du père, en évoquant que ses employés sont dûment formés et que ce sont probablement les vêtements trop amples de l’enfant qui ont entraîné cette situation.

La faute à l’employé

Dans sa décision du 5 mai, la Division des petites créances de la Cour du Québec a donné raison au père sur toute la ligne.

Elle a statué que la chute de l’enfant a été causée uniquement par le délai que l’employé a pris pour récupérer sa bouteille d’eau. Les règles internes stipulent pourtant que les remontées mécaniques ne doivent jamais être laissées sans surveillance, écrit le juge.

Heureusement, même si l’épisode a été traumatisant pour lui, l’enfant qui a chuté ne souffre d’aucune séquelle physique permanente.

Il a toutefois dû subir une chirurgie esthétique pour la correction de sa cicatrice au coude droit.

Il n'a pas été possible d'obtenir de commentaires du côté du Valinouët.

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