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Le tremblement de terre place le nouveau président colombien face à un défi immédiat

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Moins de trois jours après les apparats de la cérémonie d'investiture présidentielle, le nouveau dirigeant d'ultradroite de la Colombie, Abelardo de la Espriella, doit composer avec une réalité brutale. Le pays dont il a tout juste pris les rênes, le 7 août, a été frappé, trois jours plus tard, par un séisme de magnitude 7,4, le plus violent depuis une décennie. Le bilan, encore provisoire, fait état de 216 victimes, de centaines de blessés et de dizaines d'immeubles détruits dans l'une des régions les plus peuplées et les plus riches du pays.

Inexpérimenté, élu de justesse face à son rival de gauche, le sénateur Ivan Cepeda, au sein d'un pays profondément divisé, Le Tigre, comme il s'est autoproclamé tout au long de sa campagne, est immédiatement confronté à une situation d'urgence. Abelardo de la Espriella doit composer avec des fonctionnaires hérités du gouvernement précédent, en poste au sein d'organismes clés comme le Service géologique colombien, afin de répondre à son premier défi.

"Vous n'êtes pas seuls"

Si l'épicentre du désastre se situe à proximité de San José del Palmar, une municipalité du département isolé et négligé du Choco, plusieurs grandes villes ont été durement affectées : Quibdo, Pereira, Manizales, Medellin et Cali, où a eu lieu la passation de pouvoir. Plusieurs aéroports ont été temporairement fermés, et les équipes de secours s'activent désespérément à extraire des décombres les sinistrés.

En déplacement à Barranquilla au moment de la secousse, qui a provoqué 96 répliques, le président s'est envolé précipitamment pour la capitale, afin de coordonner les opérations. Il a suspendu son agenda dans la région de La Guajira, dans l'extrême nord du pays, a convoqué le Comité national de gestion des Catastrophes, avant de se rendre à Quibdo. "Vous n'êtes pas seuls", a-t-il martelé lors d'une courte vidéo adressée aux habitants des zones les plus touchées, soucieux de se montrer rassurant. Son équipe de communication a multiplié les images le montrant entouré d'une foule de personnes, accompagné d'une musique dramatique. Le lendemain, il s'est déplacé à Pereira, au cœur de la région de production de café.

"Ça a été la minute la plus longue de ma vie"

Un timing symbolique

"La catastrophe intervient après une passation de pouvoir turbulente, souligne Yann Basset, professeur de sciences politiques à l'Université du Rosaire, à Bogota, d'autant que le nouveau directeur de l'Unité nationale pour la gestion des risques de catastrophes (UNGRD) vient d'être nommé par décret, ce qui est délicat au milieu de l'urgence". Ce 11 août, l'ingénieur David Tamayo a effectivement pris ses fonctions comme nouveau directeur de ladite unité, après avoir été désigné par le vice-président José Manuel Restrepo. Il remplace au pied levé Javier Pava, éclaboussé par un scandale de corruption.

Par ailleurs, Abelardo de la Espriella a promis de s'en prendre au déficit budgétaire conséquent dont il hérite. Cet effort annoncé risque d'être remis en question avec l'aide aux victimes. "À moyen terme, le tour de vis promis pourrait être plus important que prévu", poursuit Yann Basset, malgré les propositions d'aide internationale. L'allié et modèle du chef d'État colombien, le président des États-Unis Donald Trump, a rapidement réagi, suivi par Israël, et l'Union européenne mais aussi des nations dirigées par la gauche comme le Mexique, l'Espagne ou le Brésil.

Décentralisation du pouvoir

C'est surtout sur la décentralisation du pouvoir qu'a insisté le nouveau président lors de son discours inaugural. Originaire de la Côte des Caraïbes, cet homme de province a promis de faire de Barranquilla, ville symbole de sa campagne électorale, une seconde capitale, et de gouverner "pour les régions" et non uniquement depuis Bogota. "Le jour du séisme, il a mis plus de 3 heures pour rentrer à Bogota, alors on peut se demander si cette position va résister à la réalité de l'exercice du pouvoir", s'interroge Yann Basset.

Abelardo de la Espriella peut néanmoins compter sur les autorités locales, en première ligne, ayant tissé de bonnes relations avec certains maires comme celui de Cali, Alejandro Eder. La manière dont le nouveau gouvernement répartira son attention, ses ressources et sa présence doit transformer les discours de campagne en engagements concrets et mesurables. Reste à savoir si la nouvelle administration parviendra à gagner en légitimité grâce à sa gestion de la crise.

Faut-il voir un lien entre les séismes en Colombie et au Venezuela, pays voisins ?

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