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La relative abordabilité des maisons de Trois-Rivières comparativement aux autres villes sur le tracé du train à grande vitesse qu’est en train de bâtir la société d’État Alto pourrait-elle mener à terme à une hausse du prix des maisons une fois le train construit?
Alors que les consultations en vue de la construction du train d’Alto sont en cours, des intervenants sur le terrain mettent en garde face à une possible hausse du prix des habitations en raison du futur train.
Avec cette nouvelle infrastructure, les résidents de Montréal et Québec pourraient accéder à la ville en moins d'une heure. Habiter à Trois-Rivières et travailler dans la métropole ou dans la capitale pourrait, à ce moment, devenir plus intéressant.
Surtout que le prix médian d'une maison unifamiliale était de 800 000 $ sur l'île de Montréal au 4e trimestre de 2025, alors qu'il était 411 000 $ de moins à Trois-Rivières, soit 389 000 $, selon l'Association professionnelle de courtiers immobiliers du Québec.
Le propriétaire de Royal LePage Mauricie, Martin Leblanc, estime que Montréal deviendrait définitivement une destination atteignable d’un citoyen de Trois-Rivières avec le train.
Déjà à Montréal, on doit faire des fois jusqu’à 1 h 30 de voyagement avant de se rendre au travail, alors qu'ici, si on le faisait en train, moi, je pense que ce serait vraiment attractif, affirme-t-il.
Les loyers sont aussi moins chers. En moyenne, un appartement de deux chambres coûtait 1349 $ cet automne à Montréal, tandis qu'il était de 1012 $ à Trois-Rivières.
La porte-parole du Front d'action populaire en réaménagement urbain (FRAPRU), Véronique Laflamme, explique qu’avec l'arrivée du télétravail, il y a eu davantage de gens de l'extérieur qui se sont déplacés vers la Mauricie. On sait l'effet que ça a eu.
Elle rappelle que le phénomène a été vécu pendant la pandémie et que cela a nui aux locataires de la Mauricie qui figurent parmi les plus pauvres au Québec. Le FRAPRU rappelle l’importance de planifier le développement et d’avoir des objectifs de construction de logements sociaux.
Est-ce que le modèle européen sera répliqué ici?
En Europe, beaucoup de petites communautés ont connu un développement important lors de la construction d'une gare de TGV parce que les loyers y étaient moins élevés, rappelle le professeur en développement régional à l'Université Laval, Jean Dubé.
Toutefois, selon lui, la culture du train n'est pas aussi ancrée au Québec qu'en Europe. Et le prix des billets et la localisation des stations ne sont toujours pas connus. Le train est d’ailleurs encore loin de son entrée en fonction, le début de la construction du premier segment est prévu pour 2030.

Les consultations d'Alto ont eu lieu à Trois-Rivières. (Photo d'archives)
Photo : Radio-Canada / Amélie Simard-Blouin
M. Dubé croit que, pour certains Montréalais et Québécois, l'abordabilité de Trois-Rivières et sa proximité avec la nature pourraient les pousser à s'y installer. Il croit que l’effet de l’arrivée du train reste encore à définir.
La grande inconnue, derrière c'est : est-ce que ça va être quelques cas d'espèce ou est-ce que ça va être une tendance lourde? La réponse à cette question-là va être très fortement liée à la question des coûts de transport, de la tarification et de la localisation des stations aussi à Montréal, ajoute-t-il.
Le maire de Trois-Rivières, Jean-François Aubin, reconnaît que le train pourrait amener davantage de gens à Trois-Rivières.
Il juge que la ville aura le temps de planifier les besoins en logements, étant donné que le début des travaux n'est pas prévu avant l'horizon 2032-2033 pour le segment qui doit passer par la région.

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Le reportage de Charles-Antoine Boulanger
Photo : Associated Press / Claude Paris


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