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Le Tchad quitte la Cour pénale internationale. C’est ce qu’a annoncé N’Djamena ce lundi 27 juillet, dans un communiqué transmis directement à l’Organisation des Nations unies. Le gouvernement tchadien justifie sa décision par une justice qu’il juge sélective, inefficace, presque conçue pour cibler l’Afrique plutôt que pour la servir. Un journaliste camerounais aurait probablement soupiré en lisant ça : « Encore un pays africain qui claque la porte, ça devient une habitude. »
Une rupture actée sans détour
Le communiqué ne laisse pas de place à l’ambiguïté. N’Djamena notifie formellement son retrait, une procédure qui, selon le statut de Rome, prend effet un an après la notification officielle. Le Tchad rejoint ainsi une liste qui s’allonge doucement, celle des pays africains ayant tourné le dos à l’institution basée à La Haye.
Le gouvernement reproche à la CPI de ne juger que des dirigeants ou des situations africaines, laissant filer d’autres crimes commis ailleurs dans le monde. Une critique qui n’est pas neuve.
Le Burundi l’avait fait en 2017. Les Philippines ont suivi la même voie. Et plusieurs voix sur le continent réclament depuis des années une réforme profonde de cette juridiction.
Aucune date précise n’a été communiquée pour l’entrée en vigueur définitive du retrait, mais le processus est enclenché.
Un signal qui dépasse le seul Tchad
Difficile de ne pas y voir un mouvement plus large qui traverse le continent depuis une dizaine d’années. La méfiance envers la CPI s’est installée progressivement, nourrie par le sentiment que la justice internationale frappe toujours les mêmes, jamais les grandes puissances.
Le Cameroun n’a jamais quitté la CPI, mais le débat existe aussi à Yaoundé, notamment dans certains cercles diplomatiques et universitaires. Le pays reste membre, mais suit de très près ce genre de décisions régionales.
Ça pose question, franchement. Une justice internationale peut-elle fonctionner durablement si de plus en plus d’États africains s’en retirent un à un ?
Le geste du Tchad n’est pas isolé. C’est un symptôme.
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Jean-Paul Dzomo Nana
Journaliste pour 237online.com, Jean-Paul Dzomo Nana couvre l'actualité politique et diplomatique du continent africain.


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