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Le ski suisse a un problème (de riche)

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Publié le 16 janvier 2026 à 18:42. / Modifié le 16 janvier 2026 à 18:43. 2 min. de lecture

Le jour de la transhumance est arrivé. Ce samedi, une foule de plus de 30 000 personnes se massera aux abords du Lauberhorn pour assister à la mythique descente de Wengen. C’est le cas chaque année ou presque depuis 1930, parce que cette course constitue l’une des plus prestigieuses classiques de la Coupe du monde de ski alpin. Comme à Adelboden la semaine dernière, l’événement prendra la dimension d’une communion nationale après la tragédie de Crans-Montana. Mais il y aura aussi de la place pour l’enthousiasme que suscitent les skieurs du pays, acteurs d’un véritable âge d’or dans ce que l’on appelle les disciplines de vitesse, c’est-à-dire la descente et le super-G.

La superstar Marco Odermatt, indiscutable meilleur skieur de son époque, enchaîne les succès et entraîne dans son sillage une génération de talents de tout premier ordre. Il y a le chien fou du Simmental, Franjo von Allmen, qui, à chaque apparition, risque sa santé et nos nerfs avec un sourire désinvolte qui donne envie de croire qu’il sait ce qu’il fait. Il y a l’imperturbable Fribourgeois Alexis Monney, incarnation du calme dans la tempête du ski alpin de compétition. Il y a Niels Hintermann, artiste de la glisse qui vient de vaincre un cancer.

Lire aussi: Le super-G de Wengen offre à Giovanni Franzoni sa première victoire en Coupe du monde, et une revanche

Un système trop performant

Qu’elle paraît loin, la fin des années 2010, quand Beat Feuz était le seul skieur suisse à porter l’espoir de succès en descente, la discipline reine du ski alpin. Lors de l’épreuve des Jeux olympiques 2018, le Bernois au toucher de neige incomparable emmenait une délégation complétée de trois skieurs, dont deux n’étaient jamais montés sur un podium de Coupe du monde. Aux JO 2026, les quatre dossards disponibles pour la meilleure nation actuelle du ski alpin ne suffiront pas à aligner tous ceux qui pourraient objectivement rêver d’une médaille.

Il s’agit d’un problème de riche, bien sûr, mais d’un problème quand même. L’abondance de champions fait embouteillage sur le chemin du plus haut niveau. Même en Coupe du monde, où il est possible d’aligner au moins deux fois plus d’athlètes qu’aux Jeux olympiques, les places sont devenues incroyablement chères. Le Valaisan Arnaud Boisset, qui s’est blessé dans la foulée de son premier podium dans l’élite, vient d’être invité à refaire ses preuves en Coupe d’Europe, faute d’avoir retrouvé son meilleur niveau assez vite. Lui, au moins, a eu sa chance, quand de nombreux jeunes Suisses s’éternisent dans cette deuxième division du ski international, malgré des résultats qui leur vaudraient une place au départ des courses les plus prestigieuses dans presque tous les autres pays.

C’est, quelque part, la rançon d’un système qui fonctionne trop bien. Quand la descente suisse était en friche, tout l’appareil de formation du ski national a été configuré pour y remédier, et cela a abouti à la situation actuelle. Il faudra voir si l’histoire se répète en slalom, où seul Loïc Meillard joue la gagne jusqu’ici cette saison.

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